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http://www.bretagne-environnement.org/Dechets/La-gestion-des-dechets-agricoles-et-organiques/Le-compostage-agricole
Dernière modification le 24 mars 2009
Le compostage est à la mode en Bretagne. Il faut dire que l’image du tas de déchets en décomposition, mal odorant et grouillant de petites bêtes a évolué. De plus en plus, le compostage est perçu comme un moyen naturel de valoriser de nombreux déchets organiques. Pour s’en convaincre, il suffit de constater le succès des composteurs individuels et des plateformes de compostage.
Au même titre que tailler ses haies ou biner sa terre, composter est devenu un geste familier pour de nombreux jardiniers bretons. Même les habitants de logements collectifs s’y mettent ! Sur les vingt dernières années, les collectivités locales bretonnes ont distribué près de 106 000 composteurs. On estime que la part de déchets de cuisine et de jardin dans la poubelle domestique représente environ 30 %. Une manne qu’il serait dommage de ne pas rendre en partie au sol au lieu de l’enfouir ou l’incinérer. Le compostage valorise les déchets sur place et réduit donc les volumes à collecter et à traiter par la collectivité. Indirectement, cela réduit les coûts de traitement des déchets ménagers et assimilés, particulièrement en Bretagne où l’habitat est très dispersé.
Que mettre dans un composteur domestique ? Un mélange équilibré de déchets organiques 100 % biodégradables : des épluchures, les rebuts de repas, de la pelouse, des petites tailles, etc., et même des mouchoirs en papier et des cendres de bois. Un compost doit être équilibré en déchets carbonés, qui seuls se décomposent très lentement, et déchets azotés, qui se dégradent au contraire très facilement. Il faut aussi doser déchets secs et humides, déchets grossiers et fins.
Ensuite, comment ça marche ? Une fois mélangés, en tas ou dans le composteur, les déchets commencent à se transformer sous l’action des microorganismes et autres invertébrés. Ils contribuent de façon complémentaire à dégrader les matières organiques et aident à la maturation du compost.
Pour que le mécanisme de compostage se déroule bien, le milieu doit être propice aux microorganismes, c'est-à-dire bien aéré et humide. Le compostage est en effet une réaction qui nécessite de l’oxygène. S’il vient à manquer, il peut y avoir un dégagement de gaz ammoniacaux, mal odorants, et la mort des microorganismes. Afin d’éviter ceci, il suffit de retourner régulièrement son compost. Pour l’humidité aussi, il faut trouver le bon équilibre. Quand il n’y a pas assez d’eau, il n’y a pas de vie possible pour les microorganismes et le mécanisme du compostage est stoppé. Quand il y en a trop, le compost se tasse, s’étouffe et les organismes composteurs meurent.
Le mécanisme du compostage se déroule en deux phases : fermentation puis maturation. La microfaune diffère selon la température. Entre 15 et 20 °C [1], les organismes psychrophiles s’activent. Ils oxydent les matières organiques ce qui élève la température, de telle sorte qu’un autre type de microorganismes (bactéries et champignons), les mésophiles plus adaptés pour vivre entre 20 et 45 °C, prend le relais [2]. Les champignons deviennent les vedettes de la deuxième étape du compostage : la maturation. En synthétisant des composés humiques, ils donnent au compost son odeur caractéristique de terre.
Comment savoir si le compost est suffisamment mûr ? Il existe différents tests mais le plus simple est celui qui consiste à essayer d’y faire germer des graines. Composter est un jeu d’équilibre… non réservé aux équilibristes !
En 2002, il y avait 67 plateformes de compostage en Bretagne. Elles gèrent de quelques tonnes à plusieurs milliers de tonnes de déchets organiques par an et sont facilement reconnaissables à leurs énormes tas qu’on appelle des andains. On peut y composter les déchets verts, les algues collectées sur les plages, les boues de stations d’épuration et la fraction fermentescible des ordures ménagères, seuls ou en mélange. En 2001, les ordures ménagères étaient, en volume, le premier type de déchets composté, devant les déchets verts. Et l’essentiel des débouchés du compost produit cette année-là était assuré par le maraîchage de plein champ en Bretagne Nord et les grandes cultures bretonnes.
Le mécanisme de compostage est globalement le même que pour un petit composteur domestique mais cette fois, il n’est plus question de laisser seule faire la nature. Pour optimiser le procédé du compostage, on surveille de près l’aération, l’humidité et l’évolution de la température. Retournement, ventilation forcée, arrosage, mesure de la température en moyenne une fois par semaine sont les gestes professionnels du compostage. Autre différence avec le compostage domestique, les vers et autres « gros » invertébrés n’ont pas le temps de s’y développer : les bactéries sont les seules à intervenir.
Quelques nuances : on parle de co-compostage quand on associe des déchets organiques différents, par exemple des boues de stations d’épuration des eaux usées et des déchets verts. Le tri-compostage quant à lui commence par trier les ordures ménagères puis prépare la part fermentescible qui sera ensuite compostée avec des déchets verts. La plateforme de Launay-Lantic, dans les Côtes-d’Armor, en est un modèle : c’était la première du type à ouvrir en 2004, et une des premières unités en France à produire un compost répondant aux nouvelles normes [3], obligatoires pour commercialiser le compost.
Les installations de compostage existantes ont 3 ans pour se mettre en conformité avec la nouvelle réglementation concernant leur fonctionnement et la qualité des produits [4].
[1] Les températures sont données à titre indicatif. Selon les méthodes de compostage (tas, andains, composteur, etc.) et selon les conditions extérieurs et l’attention portée au compost (retournement régulier ou non, arrosage ou non, etc.), l’évolution ne sera pas la même.
[2] Dans le cas des plateformes de compostage, l’activité des bactéries mésophiles crée une nouvelle élévation de température - jusqu’à 70 °C - propice au développement de bactéries thermophiles. Celles-ci ne vivent que quelques jours et contribuent à assainir le compost en le dégradant. On parle d’hygiénisation. Une fois leur intervention achevée, les bactéries et les champignons mésophiles reprennent leur travail.
[3] Norme NFU n° 44.051 définie dans le décret du 28 août 2007.
[4] Arrêté du 22 avril 2008, fixant les règles techniques auxquelles doivent satisfaire les installations de compostage soumises à autorisation par la législation sur les installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE).
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