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Dernière modification le 23 novembre 2011


comment ça marche ?

La complexité quotidienne de la gestion des déchets ménagers

Rédigé par :

Christophe Boué ,  Bruno Liminier (GIPBE)

En collaboration avec :

Marie Neuschwander Rennes métropole (Rennes métropole)




Fosse de réception des ordures ménagères Fosse de réception des ordures ménagères

L’exemple de la gestion des déchets ménagers et assimilés par Rennes Métropole, la plus importante agglomération bretonne, illustre la complexité du cycle des déchets.
La collecte des 190 000 tonnes de déchets annuels en est le point de départ. Elle s’opère de différentes formes selon les types de déchets. Vient ensuite la seconde phase : le traitement, une étape pas toujours assumée par le territoire producteur et qui varie selon la nature des ordures.


La gestion des déchets ménagers est assurée par les collectivités territoriales exerçant la compétence collecte et/ou traitement des déchets. Elle doit être compatible avec le plan départemental d’élimination des déchets ménagers et assimilés (Pedma). Ce document fixe des orientations et définit un cadre général pour la gestion de ce type de déchets à l’échelle départementale.

La communauté d’agglomération de Rennes Métropole est un établissement public de coopération intercommunale, qui exerce diverses compétences telles que la collecte et le traitement des ordures de 403 856 habitants répartis sur 37 communes. En 2010, cela représente 189 761 tonnes de déchets !
Dans la capitale bretonne, le tonnage annuel par habitant est stabilisé depuis 2002. La quantité d’ordures ménagères résiduelles – c’est-à-dire ce qui n’a pas été trié - est même en baisse.

Les collectes d’ordures ménagères résiduelles et les collectes sélectives sont assurées pour tout le territoire, majoritairement en porte-à-porte et ponctuellement en apport volontaire (dans certaines zones d’habitats collectifs et d’habitat dense). Le verre est collecté en apport volontaire. Les collectes sont réalisées par des entreprises dans le cadre de marchés publics de prestations avec la communauté d’agglomération.
La nature du flux collecté conditionne sa destination, le centre de tri pour les emballages, l’incinérateur pour les ordures ménagères, le recyclage direct pour le verre…

Prenons l’exemple des emballages : ils sont triés par les producteurs puis ce tri est affiné en centre de tri pour permettre l’orientation des déchets vers une dizaine de filières. Chaque année, environ 22 000 tonnes de déchets arrivent au centre de tri de Rennes Métropole. Actuellement, encore 13 % du tonnage trié correspond à des erreurs de tri et sont réorientées, avec les ordures ménagères, vers l’incinération. Le premier acteur de la gestion des déchets est donc le producteur lui-même.
La qualité du tri à domicile est d’autant plus importante que de nombreux matériaux sont recyclables. C’est notamment le cas du verre qui est recyclable à 100 % à l’infini.

Rennes Métropole assure également la promotion du compostage domestique en habitat individuel et collectif afin de gérer les déchets organiques directement sous forme de compost. Ce sont ainsi 20 000 foyers individuels qui sont équipés de composteurs (30 % de l’habitat individuel) et 200 composteurs d’immeubles qui sont déjà en place.

L’usine d’incinération des ordures ménagères de Rennes Métropole a traité en 2010, 142 500 tonnes de déchets (ordures ménagères résiduels, refus de tri, etc.) dont 94 000 tonnes produites sur le territoire de la communauté d’agglomération. Ce type de traitement permet la production d’énergie valorisable sous forme de chauffage urbain et d’électricité. On appelle aussi ce type d’établissement une usine de valorisation énergétique (Uved).
L’incinération crée des sous-produits, les mâchefers, et des déchets ultimes, les résidus de fumée dits Refiom1. Les mâchefers, qui correspondent aux résidus solides de la combustion des déchets, peuvent être valorisés en remblais routiers. Les résidus de fumée, qui contiennent toutes les particules toxiques qui ont été filtrées, sont des déchets dangereux.

Actuellement, Rennes Métropole ne dispose pas d’équipement adapté pour traiter ses déchets dangereux. La solution la plus proche est le stockage en installation adaptée (ISDD2) à Laval.

Le manque d’exutoires est un problème général en Bretagne. C’est pourquoi les collectivités misent beaucoup sur la prévention pour diminuer les quantités de déchets produites et/ ou leur nocivité.


[1] Résidus de fumées d’incinération d’ordures ménagères

[2] Installation de stockage de déchets dangereux