L'Etat et le conseil régional de Bretagne, membres fondateurs du groupement d'intérêt public Bretagne environnement
http://www.bretagne-environnement.org/Dechets/Les-types-de-dechets/Les-dechets-municipaux/La-charte-Agenda-21-des-festivals-engages-dans-le-developpement-durable-et-solidaire
La Bretagne collectionne les festivals, en particulier l’été. Des manifestations pendant lesquelles inévitablement on consomme plus d’eau et d’électricité, on produit plus de déchets. Maryline Chasles coordonne la charte Agenda 21 des festivals engagés dans le développement durable et solidaire. Une démarche novatrice qui conjugue, entre autre, fête et écocitoyenneté.
Les festivals concentrent sur quelques jours des milliers de personnes sur un lieu restreint. Lors du festival des Vieilles Charrues, la population est multipliée par 8 à Carhaix ! En décembre, les Trans Musicales de Rennes, accueillent près de 30 000 festivaliers au Parc des expositions depuis 2005.
Pendant ces quelques jours, on boit, on mange, les éclairages jouent de mille feux, les déchets s’amoncellent. Charge aux organisateurs de gérer la consommation d’énergie, d’eau et les déchets produits sur le site de la manifestation.
Il existait déjà des initiatives pour limiter les impacts environnementaux (transports collectifs par exemple). Les festivals commençaient à créer leur propre agenda 21. Ils s’investissaient individuellement dans les trois piliers du développement durable. Ceci pour pérenniser les manifestations et redonner sens à un engagement dans le temps pour tous les publics : bénévoles, équipes d’organisation, partenaires, festivaliers.
La charte énoncée par six festivals en Bretagne permet d’actualiser cet engagement « de durabilité et de solidarité » 1 et lui donner une dimension collective et « régionale », démarche unique en France aujourd’hui.
La charte a été lancée par six festivals bretons : les Trans Musicales de Rennes, les Vieilles Charrues à Carhaix, Quartiers d’été à Rennes, le festival Interceltique de Lorient, celui du Chant de marins de Paimpol et les Ars dinent à l’huile de Douarnenez. Ils ont décidé de collaborer pour définir des engagements en matière de développement durable et solidaire.
Depuis mars 2008, ils mutualisent leurs expériences, leurs savoirs et évaluent leurs projets pour les améliorer. Le conseil régional de Bretagne et l’ agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) ont également signé la charte. L’Ademe soutient le projet à travers des études (diagnostic énergétique, étude sur la filière de traitement des déchets des toilettes sèches, etc.) et peut aider financièrement certaines actions pilotes. D’autres partenaires, entreprises ou associations, interviennent de façon particulière sur les projets de chaque festival (soutien financier, technique, etc.).
La plupart des festivals proposent des dispositifs de transports en communs à prix abordables pour réduire les émissions polluantes dans l’air. Parmi les festivals à l’origine de la charte, deux s’illustrent avec des actions fortes pour limiter leur impact environnemental.
Les Trans Musicales ont mis en place un système de tri sélectif des déchets et de point de collecte des gobelets.
Aux Vieilles Charrues, des actions semblables sur les déchets sont menées. Des fontaines à eau ont remplacés les bouteilles. Des toilettes sèches et des boutons poussoirs sur les robinets ont permis de réduire la consommation d’eau, tout en améliorant le confort. L’utilisation de matériel à basse consommation a diminué la consommation d’énergie électrique.
Un suivi est réalisé pour évaluer les actions entreprises et les améliorer.
D’autres actions concernant l’aspect « solidaire » de la charte ont également été menées par les festivals adhérents.
Outre la sensibilisation des festivaliers aux économies d’énergie, d’eau, etc., les organisateurs des manifestations qui se sont engagés dans la charte ont mesuré des résultats concrets pour ces actions. Le suivi des déchets aux Vieilles Charrues entre 2003 et 2007 a montré que la quantité produite par festivaliers est passée de 1,12 kg à 0,79 kg. Rien que l’utilisation de fontaine à eau a évité 250 kg de déchets plastiques ! Les effets de la sensibilisation sont également visibles : la qualité du tri des déchets est désormais meilleure. Aux Trans Musicales, il y a eu une diminution de 50 % en trois ans des tonnages de déchets et leur mode de traitement s’est diversifié. Près d’un tiers sont valorisés.
Chaque festival partage ses expériences avec les autres afin que chaque personne, membres des équipes, bénévoles, festivaliers, s’implique individuellement ou collectivement dans la démarche. Démarche, qui semble-t-il, intéresse d’autres régions puisque déjà l’expérience se diffuse au-delà des frontières régionales.
Pour en savoir plus, notamment sur le volet solidarité, il est possible de télécharger la charte.
Maryline Chasles : Tel. 02 99 31 57 67- courriel
[1] La charte des festivals engagés dans le développement durable et solidaire impulse aussi des actions non environnementales comme la prévention des risques, l’accueil de personnes handicapées, etc.
Propos recueillis par Alice Aubert (GIP Bretagne environnement)