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http://www.bretagne-environnement.org/Dechets/Quelles-actions/La-valorisation-quand-un-dechet-devient-un-produit
Dernière modification le 21 novembre 2011
Rédigé par :
Alice Aubert (GIPBE)
En collaboration avec :
Frédéric Chahine
(Dreal Bretagne)
,
Stéphane Lecointe
(Ademe)
Combien de vies possède une bouteille en plastique ? Pour le savoir, il nous faut comprendre ce qui différencie un produit d’un déchet.
Qu’est-ce qu’un déchet ? D’après la loi, il s’agit de « tout résidu issu d’un processus de production, de transformation, ou d’utilisation, toute substance, matériau, ou plus généralement tout meuble abandonné ou que son détenteur destine à l’abandon 1». Ainsi, les déchets sont des matières qui ne sont pas utilisables (emballage par exemple) et ceux qui ne sont plus utilisables (encombrant entre autres).
Qu’est-ce qu’un produit ? C’est l’opposé du déchet, il peut être utilisé. Le produit est issu d’un processus de transformation ou de production. Et dès qu’il n’est plus utilisable, il devient un déchet. Au quotidien, notre consommation de produits, leur fin de vie et la création même de ces produits génèrent des déchets.
Déchet et produit sont comme le jour et la nuit. L’un chasse l’autre, et avec la fin de vie du produit commence celle du déchet… et vice versa. Prenons l’exemple des ordures ménagères. Chaque ménage fait un premier tri et sépare le verre, le papier et les cartons, les déchets verts, etc. Les déchets sont ensuite collectés et triés une deuxième fois avant de les orienter. Recyclage ? Incinération ? Déchet ultime ? Tout dépend alors de la nature du déchet : soit il est valorisé parce que la matière possède un potentiel ou est une source d’énergie (biogaz, chaleur et électricité) ; soit il redevient un produit après éventuellement une étape de transformation ; soit il a épuisé tout son potentiel - étant donné l’état actuel des connaissances techniques - et il sera stocké. C’est ainsi que finissent tous les déchets qui sortent du cycle produit-déchet-produit.
Il y a plusieurs façons de tirer parti de la matière d’un déchet. Ainsi, les technologies actuelles régénèrent les peintures usées. Autre exemple, on peut réemployer les bouteilles consignées vides après lavage. Les pneus usagés changent de fonction, ils peuvent être réutilisés comme protection de bastingage des bateaux ou peuvent être recyclés comme pelouse synthétique ou sol d’aire de jeu d’enfant. Les bouteilles en plastiques sont recyclées en vêtements, les papiers en boîtes à œufs, etc. Le nombre de « tours » du cycle produit-déchet-produit dépend surtout de la maturité des procédés industriels, des infrastructures et de la réglementation 2. C’est elle qui fixe les conditions d’utilisation des déchets pour qu’ils soient utilisés comme sous-produits ou transformés en nouveaux produits.
Le recyclage matière et le compostage sont deux des modes de valorisation qui transforment un déchet en produit. Ce changement de statut est réglementé [2], il s’accompagne, le plus souvent, d’une normalisation du nouveau produit. Parfois, c’est par homologation que le déchet traité retrouve une identité de produit.
Pour la valorisation énergétique, il y a moins de solutions techniques applicables aux déchets. La plus répandue est l’ incinération des déchets qui sert également pour réduire les volumes à stocker. 45 % des déchets ménagers et assimilés bretons sont valorisés de cette façon. La méthanisation commence aussi à se développer. Elle repose sur la fermentation sans oxygène des matières organiques qui produit du biogaz, une énergie renouvelable.
Que deviennent les déchets dont on ne peut rien faire ? Ils sont stockés dans des installations spécifiques. Ce sont les déchets ultimes , ils ne sont plus susceptibles d’être traités « dans les conditions techniques et économiques du moment, notamment par extraction de la part valorisable ou par réduction de [leur] caractère polluant ou dangereux ». Les mâchefers ou résidus de fumées d’incinération des ordures ménagères en font partie. En Bretagne, en 2007, les installations de gestion des déchets ont produit 25 763 tonnes de déchets ultimes.
Les enjeux aujourd’hui sont de réduire la quantité de déchets ultimes. Pour cela, il faut créer moins de déchets, concevoir des produits qui eux-mêmes sont pensés pour générer moins de déchets et, quand ceux-ci sont inévitables, des déchets de qualité valorisables.
[1] Article L 541-1 du code de l’environnement.
[2] La directive cadre européenne Déchet définit désormais ce qu’est un sous-produit, ainsi que la notion de sortie du statut de déchet.
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