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Dernière modification le 17 novembre 2011


L’eau, entre ressource et patrimoine

Rédigé par :

Emilie Novince (GIPBE)

En collaboration avec :

Jean-pierre Forget Agence de l'eau Loire-Bretagne (AELB)



Eau courante Eau courante

« 55 % des Français pensent que les eaux usées sont retraitées directement en usine pour produire de l’eau potable » Le baromètre Sofres / C.I.EAU 2008.
C’est une idée fausse. L’eau que nous recevons au robinet ne circule pas en circuit fermé. Elle est sans cesse renouvelée et puisée directement dans la ressource naturelle, en rivière, en retenues ou dans les nappes d’eau souterraine. Après utilisation et traitement, cette eau retourne dans le milieu naturel.


Avant le robinet

Prélevées dans le milieu naturel, les eaux brutes destinées à la consommation humaine sont issues, en Bretagne, à 80 % des eaux de surface (rivières, canaux, retenues) et pour le reste des eaux souterraines (en France, 60 % de l'eau potable provient des eaux souterraines et 40 % des eaux douces de surfaces). Cette eau est plus ou moins polluée par les diverses activités humaines. Après son prélèvement, elle est analysée et acheminée vers une usine de traitement où elle est débarrassée de toute substance indésirable afin de la rendre potable. Elle est ensuite stockée en hauteur, dans des châteaux d’eau ou des réservoirs, afin qu’elle ait une pression suffisante pour être distribuée via un réseau de canalisations jusqu'à nos robinets.

Ouvrez le robinet…

De l’eau potable, c'est-à-dire propre à l’alimentation humaine, est disponible en quantité et qualité pour la boisson, l’hygiène et tous nos usages domestiques ou collectifs (piscine, hôpitaux, etc.). Elle sert aussi, dans une certaine mesure, pour les usages industriels (agroalimentaire, etc.) ou agricoles (abreuvement du bétail, irrigation, …), ceux-ci ayant fréquemment leurs propres ressources en eau.

Après le robinet

Après usage, l’eau non consommée est rejetée, on parle alors d’eau usée.
Dans le cas d’un raccordement à un assainissement collectif, ces eaux usées vont être évacuées par les égouts (ou réseaux de collecte), afin d’être « nettoyées » dans une station d’épuration, avant d’être rejetées dans le milieu naturel, en rivière. Ces rejets ne sont pas potables, mais l’eau est de qualité suffisante pour être acceptée par la rivière.

Dans le cas d’un habitat isolé, ou d’un groupe d’habitations, éloigné d’un réseau de collecte, l’eau va être épurée sur place, on parle d’assainissement individuel, ou autonome. Après un pré-traitement en fosse septique (système classique), les eaux épurées sont dispersées dans le sol qui, grâce aux microorganismes qu’il héberge, achève le traitement commencé. Les travaux de réalisation ou de réhabilitation de ces installations, ainsi que leur entretien sont à la charge du propriétaire et la commune est tenue d’en assurer le contrôle via le Service publique de l’assainissement non-collectif (Spanc).

Si l’eau n’a pas de prix car c’est un bien commun de l’humanité, en revanche, elle a un coût. Pour toutes ces étapes – captage, traitement, distribution, collecte, assainissement – l’usager doit payer pour le service rendu par les collectivités ou les sociétés assurant le service des eaux.

« L’eau n’est pas un bien marchand comme les autres mais un patrimoine qu’il faut protéger, défendre et traiter comme tel  », directive 2000/60/CE, 1er considérant.

Indispensable dans toutes nos activités, l’eau potable, souvent appelée « eau courante », tient une place particulièrement importante dans notre vie mais elle est aussi devenue tellement banale que l’on en oublie qu’elle est aussi « source de vie ». Cette eau que nous prélevons dans le milieu naturel pour nos multiples activités, est aussi essentielle pour toutes les espèces vivantes sur terre. Animaux et plantes ont autant besoin que nous d’une eau à la fois disponible en quantité et en qualité. La préservation de la ressource en eau passe nécessairement par la prise de conscience de chaque citoyen et par un changement de nos comportements individuels et collectifs. Économiser et préserver la qualité de l’eau est un acte citoyen.