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http://www.bretagne-environnement.org/Eau/Les-pollutions-et-menaces/Cyanobacteries/Les-cyanobacteries-un-exemple-d-adaptation-aux-evolutions-du-milieu

 

Dernière modification le 14 novembre 2007


comment ça marche ?

Les cyanobactéries: un exemple d'adaptation aux évolutions du milieu

Rédigé par :

Emmanuèle Savelli (GIPBE)

En collaboration avec :

Luc Brient Unité mixte de recherche Ecosystème, biodiversité, évolution (Ecobio)




Aphanocapsa incerta Aphanocapsa incerta

Les cyanobactéries se multiplient dans des eaux calmes et riches en éléments nutritifs. Les proliférations ont lieu au détriment des autres espèces phytoplanctoniques, généralement à la suite d'une montée brusque de la température de l'eau. Pour faire face aux variations ponctuelles ou saisonnières du milieu, les cyanobactéries disposent d'une capacité d'adaptation remarquable. Ainsi, dans des conditions climatiques très favorables, elles peuvent représenter près de 99 % de la masse de flore algale des retenues.


Comme la majeur partie du phytoplancton, les cyanobactéries ont besoin, pour se développer, d'eaux calmes et riches en éléments nutritifs (l'azote y est présent sous forme de nitrate ou d'ammoniaque, et le phosphore sous forme de phosphate), de suffisamment de lumière et d'une température comprise entre 15 et 35°C 1. Elles prolifèrent donc, en général, de mi-mai à fin octobre lorsque les conditions climatiques sont optimales. Cette augmentation rapide de la biomasse ne va favoriser en général qu'une ou deux espèces. Elle a lieu principalement quand les autres espèces ne peuvent plus croître du fait de l'absence d'un élément nutritif (comme la silice par exemple pour les diatomées), ce qui correspond souvent à la montée brusque en température des eaux. Si on comprend de mieux en mieux la dynamique des groupes du phytoplancton, il reste encore beaucoup d'inconnu sur les paramètres favorables à la sélection d'une espèce toxique.

Pendant l'hiver, lorsque les conditions du milieu ne leurs conviennent plus, les cyanobactéries ont la particularité de pouvoir se mettre au repos. Les vases et sédiments qui s'accumulent dans les eaux stagnantes deviennent alors de véritables banques de semences pour de futures efflorescences. À cette capacité de se mettre en dormance s'ajoutent des caractéristiques bien particulières qui leur confèrent un atout indéniable dans la compétition avec les microalgues. Afin d'optimiser l'apport en énergie lumineuse dont elles ont besoin pour proliférer, elles montent ou descendent à l'envi dans la colonne d'eau grâce à des vésicules à gaz. Et certaines espèces peuvent utiliser des pigments accessoires en plus de la chlorophylle lorsque la baisse de luminosité empêche la photosynthèse ; ce sont les phycobiliprotéines, comme la phycocyanine (bleu) et la phycoerythrine (rouge). Enfin, certaines d'entre elles fixent l'azote atmosphérique par l'intermédiaire d'une enzyme, la nitrogénase, lorsque les nitrates ou l'ammoniaque viennent à manquer dans l'eau.


  • (1) A l'exception d'une espèce, Planktothrix agardii qui peut se maintenir tout au long de l'année si la température reste supérieure à 5-6 °C