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http://www.bretagne-environnement.org/Eau/Les-pollutions-et-menaces/Origines-des-pollutions/Le-projet-Marquopoleau-determination-de-l-origine-des-pollutions-fecales-des-eaux
Dernière modification le 21 avril 2010
Le projet Marquopoleau, labellisé par le Pôle Mer, a commencé en mai 2009 pour 3 ans. Il doit fournir aux acteurs de l’eau les bases scientifiques et les outils nécessaires pour les évaluations d’impact et de risques liés aux contaminations fécales. Son originalité réside dans son approche pluridisciplinaire. Michèle Gourmelon, cadre de recherche en microbiologie au laboratoire de microbiologie à l’Ifremer de Brest et Gaël Durand, directrice R&D à Idhesa Bretagne océane et coordinateur du projet nous apportent quelques précisions sur ce dispositif.
Si les pollutions fécales sont parmi les plus surveillées, aujourd’hui, les laboratoires d’analyses ne disposent d’aucune méthode analytique validée leur permettant de déterminer l’origine humaine ou animale des pollutions fécales des eaux.
Le programme Marquopoleau vise à mettre sur le marché des outils de mesures et de diagnostic permettant non seulement d’identifier l’origine humaine ou animale de la pollution fécale des eaux mais aussi l’espèce animale concernée. Le couplage d’outils de biologie moléculaire et de technique de chromatographie permettra une caractérisation plus rapide et plus fine de ces pollutions que ce qu’autorise actuellement la méthode d’analyse culturale reposant sur la détection de l’indicateur Escherichia coli.
Les outils analytiques qui seront développés dans le projet Marquopoleau seront à terme applicables à tout type d’eau, et pourront être utilisés par les laboratoires d’analyses des eaux, privés ou publics.
Les normes de qualité imposées par les nouvelles réglementations relatives aux eaux conchylicoles et eaux de baignades (règlement CE n°854/2004 et 2006/7/CE) étant plus sévères que celles des directives précédentes, une augmentation des points non conformes, des déclassements et des fermetures temporaires ou permanentes de ces zones est à craindre.
Par ailleurs, afin de réduire le plus possible les risques pour les baigneurs, la nouvelle directive concernant les eaux de baignades dont l’application est obligatoire avant 2015, impose également aux communes de définir des " profils de baignade" ou profils de vulnérabilité d’un site de baignade.
Ces nouvelles réglementations nécessitent d’identifier l’origine de la pollution afin d’agir directement dessus.
Le projet associe 10 partenaires : équipes scientifiques, laboratoires d’analyses et acteurs de l’eau
- les entreprises : IDHESA Bretagne océane à Plouzané (29) porteur du projet, IPL Santé Environnement Durable à Ploemeur (56) et Maxéville en Lorraine ;
- les centres de recherche : Ifremer Brest (responsable scientifique du projet), Cemagref Rennes, CNRS, Géosciences Rennes, Université d’Angers ;
- les collectivités locales et services de l’Etat : Brest métropole océane, l’ agence de l’Eau Loire-Bretagne, et l' Agence régionale de santé en Bretagne.
Le projet est financé par le FUI (Fond Unique Interministériel), le Conseil régional de Bretagne et les Conseils généraux du Finistère et du Morbihan, et de Brest métropole océane.
Le projet se réalise sur 3 ans, avec du transfert de méthodes, de la validation entre les organismes de recherche et les laboratoires d’analyses, et de la mise en situation pour améliorer et approuver les méthodes (application sur un site d'étude en Bretagne, bassin versant de l'Elorn, Finistère).
Les recherches menées au niveau des laboratoires ont permit de développer des méthodes de traçabilité de la pollution fécale basées sur différentes cibles présentes dans les déjections humaines et animales. Les développements de méthodes au niveau des laboratoires de recherche ont été finalisées pour la plupart des paramètres. Quelques optimisations et recherches sont toutefois en cours pour certains marqueurs (recherche de nouveaux marqueurs de la pollution bovine, détection des bactériophages, etc.).
Des méthodes concernant des marqueurs bactériens (marqueurs bactéroïdales spécifiques des humains, des ruminants et des porcs) ont été transférés au niveau des laboratoires d’analyses des eaux, partenaires du projet, afin qu’ils soient testés dans le cadre d’un fonctionnement réel et avec le matériel des laboratoires.
L’évaluation de la persistance des marqueurs microbiens et chimiques en microcosmes d’eau de mer et d’eau douce est en cours actuellement.
Les méthodes seront ensuite appliquées sur le bassin versant de la rivière de l’Elorn (Finistère) pendant un an.
Michèle Gourmelon, cadre de recherche en microbiologie à Ifremer Brest au Laboratoire de Microbiologie. Responsable scientifique du projet : tél : 02 98 22 45 76 - courriel
Gaël Durand, directrice R&D, IDHESA Bretagne océane, Plouzané. Coordinateur du projet - courriel
Propos recueillis par Emilie Novince (GIP Bretagne environnement)
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