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http://www.bretagne-environnement.org/Eau/Les-pollutions-et-menaces/Origines-des-pollutions/Les-pollutions-industrielles
Dernière modification le 15 mai 2006
L'industrie joue un rôle sur la qualité des eaux du fait des prélèvements d'eau et des rejets aqueux. En Bretagne, les industries agroalimentaires rejettent les plus gros volumes d'eaux usées, devant les industries papetières, chimiques, mécaniques, de traitements de surface et des industries de production d'énergie. Ces eaux usées industrielles sont chargées, dans des proportions variables, en matières organiques, matières en suspension, azote, phosphore et métaux toxiques.
Le suivi de la pollution de l'eau par les industries se fait notamment sur les établissements soumis à autorisation au titre des Installations classées pour le protection de l'environnement (ICPE), car leurs activités présentent des dangers et inconvénients pour l'environnement, tels que des risques d'explosion, des rejets toxiques, des altérations de la qualité originelle des sols, de l'air et des eaux, des nuisances sonores ou olfactives, etc. Ils sont réglementés par une police des ICPE, qui relève des articles L. 511-1 et suivants du code de l'environnement, et du décret modifié n° 77-1133 du 21 septembre 1977. En Bretagne, 382 entreprises sont soumises à l'autosurveillance, principalement dans le secteur de l'agroalimentaire.
Le suivi de la pollution de l'eau par les matières organiques s'effectue notamment en calculant la demande chimique en oxygène (DCO). En Bretagne, en 2004, le flux annuel de la demande chimique en oxygène est de 38 727 tonnes à la sortie des usines. Après passage des eaux usées par les stations d'épuration autonomes ou collectives, le flux est de 3 982 tonnes. Le rendement épuratoire est de 89,7 %.
Tous les secteurs industriels rejettent des eaux usées chargées en matière organique.
Les industries agroalimentaires, sont à l'origine de 91 % du flux annuel de la demande chimique en oxygène soit 35 099 tonnes en 2004. Ils ont pour principale origine les industries agroalimentaires d'origine animale. Ces effluents sont fortement chargés en matières organiques facilement biodégradables.
En parallèle, les industries chimiques, parachimiques et papetières rejettent aussi des eaux chargées en matières organiques, en moindre quantité, mais dont la nature les rend difficilement biodégradables. Les polluants organiques persistants tels que les hydrocarbures, les acides et les bases, modifient le pH de l'eau.
Entre 2003 et 2004, la charge globale de pollution organique a baissé de 9 %. Pour les matières en suspension elle a baissé de 6 %. Ces chiffres s'expliquent par une meilleure connaissance des établissements et de leurs rejets grâce aux données des déclarations annuelles des exploitants.
Les matières en suspension sont constituées de matières minérales et de matières organiques ou de matières volatiles en suspension. En 2004, le flux de matières en suspension rejetées dans le milieu naturel est de 874 tonnes contre 935 en 2003, d'après les données issues des déclarations annuelles des industriels. Ce flux est calculé net après épuration et hors épandage 1 . Ces pollutions sont liées aux activités des industries agroalimentaires, notamment celles des abattoirs et des laiteries. Les activités des industries chimiques et parachimiques rejettent aussi des effluents chargés en résidus issus des substances manipulées. De même, les effluents issus des industries papetières, sont chargés en fibres difficiles à éliminer.
Tous les secteurs industriels et leurs stations d'épuration sont concernés par la production de rejets en azote et phosphore. L'azote organique peut avoir comme origine la décomposition des déchets organiques ou les déchets de l'industrie des engrais azotés. Quant au phosphore, il est notamment utilisé dans l'industrie chimique. En 2004, le flux annuel (net après épuration et hors épandage) d'azote est de 355 tonnes par an, pour le phosphore il est de 76 tonnes par an. Ces données ne prennent pas en compte les boues des stations d'épuration qui peuvent en contenir.
Les métaux toxiques englobent l'ensemble des métaux présentant un caractère toxique pour la santé ou l'environnement. Le degré de toxicité des effluents contenant des métaux est exprimé en « métox ». Il correspond à la somme des quantités de métaux et métalloïdes, pondérés par un coefficient qui est d'autant plus élevé que la toxicité à long terme du métal est importante. Ils proviennent principalement de la combustion des charbons, pétroles, ordures ménagères, etc. ainsi que de certains procédés industriels. En Bretagne, les plus gros émetteurs de métaux toxiques sont les secteurs d'activités de traitement de surface et dans une moindre mesure, de la mécanique. En 2004, les rejets de métaux sont de 2 303 kg/an pour 22 établissements.
La majorité des effluents industriels bretons sont traités dans des stations d'épurations. Celles-ci sont de deux types :
- des stations d'épurations autonomes (SEA), c'est-à-dire qu'elles sont propres à un établissement,
- des stations d'épurations collectives (SEC), qui peuvent traiter exclusivement des effluents industriels (SEC industrielles, gérées par un industriel pour le compte de plusieurs autres) ou traiter également des effluents urbains (SEC mixtes, gérées par la collectivité ou, plus rarement par un industriel).
Comme les rejets des industries agroalimentaires sont assez proches des rejets urbains, elles sont principalement raccordées aux stations d'épuration collectives gérées par la collectivité. La Bretagne compte le tiers des stations d'épuration mixtes répertoriées en France.
Les stations d'épuration classées 2 sont aussi à l'origine des pollutions des eaux de surface. Les principaux polluants issus des stations d'épuration sont les matières en suspension, les matières organiques, l'azote, le phosphore et des métaux lourds.
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