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http://www.bretagne-environnement.org/Eau/Les-pollutions-et-menaces/Pesticides/Pesticides-atteinte-a-la-biodiversite-et-a-la-sante-humaine
Dernière modification le 16 mars 2009
Rédigé par :
Emilie Novince (GIPBE)
En collaboration avec :
Jérôme Martin
(Draaf)
,
Laurent Lagadic
(Inra)
,
Marcel Guiho
(Dreal Bretagne)
,
Thierry Panaget
(ARS Bretagne)
Destinés à contrôler les espèces considérées comme nuisibles, les pesticides peuvent présenter une grave toxicité pour l’homme, la flore et la faune, aussi bien dans les écosystèmes terrestres qu’en milieu aquatique. Ces derniers ne sont pourtant pas directement visés lors de l'application du produit, mais se trouvent involontairement exposés.
Les pesticides peuvent affecter des espèces non visées en plus des espèces ciblées. Les effets sont de deux types. D’une part, les effets aigus qui se produisent généralement tout de suite après une forte exposition aux pesticides, et qui sont généralement dus à des erreurs de manipulation du produit (désherbage des berges, mauvaise gestion des emballages, vidanges de fonds de cuves, etc.). Ils peuvent provoquer des mortalités massives de toutes les formes de vies se situant dans le milieu affecté (poissons, invertébrés, végétaux, insectes, etc.).
D’autre part, les effets chroniques, qui se développent sur une longue période de temps. Les effets de la pollution sur les organismes vivants aquatiques peuvent être observés aux différents niveaux d’organisation biologique : individus, populations, communautés ou écosystèmes. De multiples effets sont connus et « prévisibles » :
- la disparition ou la raréfaction d’espèces ;
- le remplacement des espèces « pollusensibles » par des espèces « pollutolérantes » ;
- d’où la diminution de la diversité et l’augmentation de la dominance de certaines espèces ;
- l’altération de processus écologiques (dégradation de la matière organique, production primaire, etc.).
D’autres conséquences plus « surprenantes » ou tout au moins difficiles à prévoir ont également pu être observées, comme :
- l’augmentation de la diversité ;
- une meilleure efficacité de certains processus écologiques ;
- des perturbations du cycle de reproduction de nombreuses espèces animales avec, dans quelques cas, des perturbations hormonales pouvant conduire à des inversions sexuelles de certains organismes aquatiques (mollusques et poissons).
Les pesticides et leur adjuvants exercent, comme sur les animaux, leur toxicité sur l’homme par différentes voies d’exposition : respiration, ingestion de produit, d’eau, d’aliments ou exposition cutanée.
Les effets aigus sont divers et vont de l’irritation cutanée bénigne au décès lors d’absorption importante (brûlures chimiques, lésions cutanées, céphalées, troubles digestifs et hépatiques...). Ces effets sont rencontrés surtout chez les applicateurs, notamment les agriculteurs. En ce qui concerne les expositions chroniques, les effets à long terme les plus fréquemment cités sont :
- les cancers. Chez les enfants, plusieurs pathologies sont suspectées telles que les leucémies, tumeurs cérébrales et néphroblastomes (tumeurs malignes du rein). La sensibilité des enfants apparaît plus grande que celle des adultes. Des études ont établit la relation entre l’exposition professionnelle aux pesticides des parents et la survenue de tumeurs cérébrales chez l’enfant ( Observatoire de la santé en Bretagne, 2001). Chez les adultes, les associations entre exposition aux pesticides et cancers restent très controversées - excepté pour les lymphomes - malgré de fortes suspicions ;
- effets neurologiques et comportementaux. Le lien entre l’utilisation des pesticides et la survenue d’une maladie de Parkinson, apparaît actuellement comme possible et fait l’objet de nombreux travaux ;
- effet sur la reproduction (perturbation endocrinienne notamment). Les mécanismes d’action suspectés varient selon les produits. Il peut s’agir d’interférences avec les hormones, les facteurs de croissance ou les neurotransmetteurs. Les différents effets étudiés sont l’infertilité masculine, la mort fœtale, la prématurité, l’hypotrophie, le retard de croissance intra-utérin, les malformations congénitales ;
- anomalie du développement ;
- allergies.
Différentes catégories de population sont exposées : les professionnels (agriculteur, industriels du bois, employés de la chimie, etc.), les usagers domestiques utilisateurs d’insecticides ou d’herbicides, mais également la population générale par la contamination diffuse des différents compartiments de l’environnement. Cette population générale est donc souvent soumise à une exposition chronique via l’air, l’eau et les aliments. Ce dernier est considéré généralement comme responsable de 90 % de l’exposition.
Le Plan régional santé-environnement assure qu’« il est absolument nécessaire d’être prudent et de réduire au minimum possible toute forme d’exposition aux pesticides car […] la question des effets sanitaires des pesticides est complexe et les incertitudes sont actuellement considérables. Ceci vaut tout autant pour les matières actives seules que pour leurs mélanges et pour les divers co-formulants qui les accompagnent et qui sont susceptibles d’agir en synergie ».
En Bretagne, tant l’eau superficielle directement au contact des pollutions que les eaux souterraines qui conservent les pesticides dans les nappes, sont globalement contaminées. Afin de rendre l’eau propre à la consommation, près de 80 % des eaux potabilisées en Bretagne sont traitées au charbon actif. Ainsi, moins de 2 % de la population bretonne a été soumise à un dépassement pesticide dans l’eau du robinet depuis 2005. Les dépassements sont de faible ampleur et dans tous les cas d’une durée inférieure à un mois.
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