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http://www.bretagne-environnement.org/Eau/Les-pollutions-et-menaces/Pesticides/Pesticides-origine-et-utilisations
Dernière modification le 16 mars 2009
Rédigé par :
Emilie Novince (GIPBE)
En collaboration avec :
Jérôme Martin
(Draaf)
,
Marcel Guiho
(Dreal Bretagne)
,
Thierry Caquet
(Inra)
,
Thierry Panaget
(ARS Bretagne)
Les pesticides sont utilisés par les agriculteurs, les collectivités ou encore les particuliers pour éradiquer diverses espèces (végétales ou animales) jugées nuisibles. La France est le premier consommateur européen de ces produits, en relation avec l’importance de sa production agricole.
Le terme pesticide (du mot anglais pest, "ravageurs"), désigne les substances utilisées pour contrôler ou éliminer des organismes jugés indésirables (plantes, animaux, champignons ou bactéries). Ce sont les désherbants ou herbicides, les fongicides (destinés à l'élimination d'espèces responsables de maladies), les raticides, les insecticides et bien d’autres encore. En agriculture, ils sont appelés produits phytopharmaceutiques ou phytosanitaires. Les produits autrefois dénommés “pesticides à usage non agricole” sont maintenant appelés “produits biocides”. Dans le langage courant le terme pesticide est généralement associé à un usage agricole de ces substances, alors que le terme générique englobe également les usages domestiques, urbains, de voirie, etc. Ainsi, certains de ces produits sont aussi utilisés pour l'entretien des infrastructures routières (abords des voies de chemin de fer ou d'autoroutes par exemple). Toxiques par définition, les pesticides peuvent parfois avoir des effets négatifs non intentionnels sur des espèces non ciblées, y compris des espèces utiles pour l'homme comme les vers de terre, les hérissons, les coccinelles ou les abeilles. Ils sont aussi toxiques pour l’homme.
Les spécialités commerciales de pesticides sont composées de deux types de substances :
- une ou plusieurs substances actives qui confèrent au produit l'effet « poison » recherché (par exemple : l’isoproturon dans des désherbants appliqués sur des cultures de céréales) ;
- un ou plusieurs additifs (adjuvants) destinés à renforcer l’efficacité (agent mouillant, émulsifiant, anti-UV, etc.) et la sécurité du produit (répulsif, vomitif, etc.). Il arrive que ces adjuvants soient plus toxiques encore que les matières actives qu’ils accompagnent. Or, ils ne sont pas recherchés lors des contrôles de qualité de l’eau.
Environ 270 substances actives, entrant dans la composition de 2 000 à 3 000 spécialités, sont disponibles en France à la fin 2008.
La France est le quatrième marché mondial de produits phytosanitaires, derrière les États-Unis, le Brésil et le Japon. D’après l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP), ils sont utilisés à 96 % pour les usages agricoles, à 2 % par les collectivités locales et les services publics. Les 2 % restants sont employés par les particuliers pour leur jardin, nettoyer les allées, la cour ou le trottoir devant la maison. Les applications de pesticides, hors usages agricoles, se font souvent sur des surfaces imperméables qui favorisent leur transfert vers les fossés et les systèmes de collecte des eaux pluviales. Or, leur présence constitue un risque pour le bon état écologique de l’environnement, des milieux aquatiques et pour la santé humaine.
La région Bretagne présente plusieurs caractéristiques accentuant la sensibilité des milieux aquatiques aux pollutions par les pesticides :
- l’agriculture occupe une place importante, 67 % de l’ensemble du territoire. Les pesticides sont très largement utilisés, ce qui conduit à une contamination importante de toutes les ressources en eau (rivières, eaux souterraines) ;
- cette forte empreinte agricole induit un parcellaire agricole morcelé, un réseau routier et de chemins importants et par conséquent un linéaire de fossés importants, qui facilitent les transferts de pesticides via les eaux de ruissellement vers les cours d’eau ;
- le régime climatique et la nature géologique du sous-sol, à faible perméabilité, font que les nappes sont très superficielles (de quelques mètres de profondeur à affleurantes), et que le réseau hydrographique est dense (de l’ordre du km/km²) ;
- 80 % de l’approvisionnement en eau potable est assuré en Bretagne par des prises en eaux superficielles, milieu particulièrement vulnérable et récepteur de pesticides. Les eaux souterraines en Bretagne sont également plus vulnérables qu’ailleurs en raison de la faible profondeur des puits. 70 % des eaux souterraines utilisées pour produire de l’eau potable sont puisées entre 0 et 12 mètres.
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