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http://www.bretagne-environnement.org/Eau/Les-pollutions-et-menaces/Phosphore/Ruissellement-et-erosion-du-sol-principales-voies-de-transfert-du-phosphore-dans-l-eau
Dernière modification le 14 novembre 2007
Rédigé par :
Chloë Fromange (GIPBE)
En collaboration avec :
Anne-marie Ropert
, Vincent De Barmon
(Dreal Bretagne)
,
Bernard Guizard
(Sgar)
,
Pierre Aurousseau
(Agrocampus Ouest)
,
Thierry Panaget
(ARS Bretagne)
Outre les rejets directs depuis les stations d'épuration, le phosphore parvient aux cours d'eau par transferts indirects via les eaux de ruissellement et les particules issues de l'érosion sols.
Le phosphore atteint l'eau par deux circuits distincts, soit :
- directement, comme c'est le cas des eaux usées des stations d'épuration qui, après traitement, sont rejetées dans le cours d'eau,
- indirectement, après l'épandage des déjections animales, des boues résiduaires des stations d'épuration ou des engrais phosphatés sur les cultures. En effet, ces amendements, lorsqu'ils sont apportés en excès, entraînent une accumulation de phosphore dans le sol. Le phosphore peut ensuite atteindre le réseau hydrographique par ruissellement, par érosion des sols et marginalement par lessivage. En Bretagne, les pertes de phosphore des champs vers les cours d'eau varient de 0,5 à 3 kg de P/ha/an. Dans l'ouest de la région, les pertes seraient de 0,5 à 1,5 kg de P/ha/an et dans l'est de 1,5 à 3 kg de P/ha/an. Une quantité plus marginale de phosphore issue du lavage des cours de fermes par la pluie est transportée par ruissellement vers les fossés puis vers les rivières.
Plus précisément, le sol régule les transferts du phosphore vers le réseau hydrographique grâce à ses particules qui le retiennent. Cette particularité conduit à une accumulation importante de phosphore dans les sols.
L'un des facteurs intervenant sur les risques de transfert superficiel du phosphore est la sensibilité du sol au ruissellement et à l' érosion et sa sensibilité à la battance. La battance du sol est fonction en première approche du taux de matière organique du sol et de la texture du sol. Ainsi, lorsque le taux de matière organique dans le sol est important et le sol bien aéré, le risque de transfert de phosphore vers les eaux est plus faible. En effet, l'infiltration de l'eau est meilleure, il y a donc moins de risque de ruissellement. L'érosion lors de fortes pluies (augmentée par la présence de sols nus en hiver, par la diminution des surfaces de prairies et de bocage) et les stocks importants de phosphore dans les sols, augmentent les transferts rapides vers les cours d'eau.
Dans le cours d'eau, la concentration en phosphore est due à l'accumulation de plusieurs types d'apport et aux sédiments qui stockent le phosphore. Les sédiments des cours d'eau, des retenues et des estuaires jouent un rôle de stockage (puits) et de relargage (source) en fonction du brassage de l'eau, des variations du pH et de la teneur en oxygène des eaux. Le phosphore est donc transféré par « bonds » successifs jusqu'aux estuaires où il s'accumule.
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