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http://www.bretagne-environnement.org/Eau/Qualite-et-quantite/Qualite-de-l-eau-potable/Pesticides
Dernière modification le 02 mai 2011
Rédigé par :
Emilie Novince , Élodie Bardon (GIPBE)
En collaboration avec :
Thierry Panaget
(ARS Bretagne)
En 2009, 1,36 % de la population bretonne a été concernée par un dépassement de la limite de 0,1 µg/l en pesticides dans l’eau distribuée. Les durées de non-conformité sont le plus souvent de quelques jours. Les non-conformités résiduelles enregistrées sont généralement dues à des dysfonctionnements ponctuels des dispositifs de traitement. L’amélioration enregistrée depuis une dizaine d’année est due à la baisse importante des teneurs maximales observées dans les eaux brutes et à la généralisation des traitements de potabilisation au charbon actif (65 % des eaux traitées).
En 2009, 1,36 % de la population bretonne a reçu une eau non-conforme à la limite de 0,1 microgramme (µg/l) de pesticides par litre d’eau potable. Pour les habitants concernés, les dépassements ont été généralement de faible ampleur et le maximum atteint a été de 0,3 µg/l en déséthylatrazine. Les principales molécules causes de dépassement sont l'acétochlore, le carbofuran et la déséthylatrazine. Aucune restriction d’usage de l’eau n'a été nécessaire en 2009 pour la consommation et la préparation d’aliments.
Les variations observées ces dernières années sont dues à des dysfonctionnements ponctuels des unités de traitements desservant des populations plus ou moins importantes. L’amélioration enregistrée depuis une dizaine d’année est due à la baisse des teneurs maximales observées dans les eaux brutes et à l’usage accru des traitements de potabilisation au charbon actif. En 2009, 65 % des unités de traitement d'eau potable bretonnes ont recours au charbon actif. Pour l’essentiel, les non-conformités résiduelles sont dues à des défaillances de ce traitement.
Pour l’avenir il convient cependant d’être attentif d’une part, aux eaux souterraines qui ne sont généralement pas couvertes par un traitement au charbon actif et d’autre part, à l’émergence des nouvelles molécules commercialisées plus difficiles à détecter et à traiter car appliquées à des doses de plus en plus faibles.
En 2009, 12 communes ont été concernées, partiellement ou en totalité, par un dépassement de la limite de 0,1 µg/l de pesticides dans l’eau distribuée. Cela représente 41 101 habitants soit 1,36 % de la population bretonne. La durée de dépassement a été le plus souvent de quelques jours. Ces quelques dépassements n’ont fait l’objet d’aucune restriction pour la consommation et la préparation des aliments. Au niveau national, 3 % de la population a été touchée par ces dépassements en 2009. L’eau distribuée en Bretagne est donc sensiblement de meilleure qualité que la moyenne française sur le paramètre pesticides.
Destinés à combattre les ennemis des plantes et des cultures, les produits phytosanitaires sont utilisés en grande partie par les agriculteurs. Ils le sont aussi, en quantités non négligeables, par les collectivités pour le désherbage des routes, des voies ferrées et l’entretien des jardins publics et par les particuliers.
La présence de pesticides dans les eaux distribuées ne doit pas être négligée même si les apports liés à l’eau ne représentent qu’une faible part des apports totaux par ingestion (10 % selon l’Organisation mondiale de la santé mais ce pourcentage peut fortement varier d’une molécule à l’autre), notamment vis-à-vis d’autres produits alimentaires (fruits, légumes, etc.).
Leur absorption peut entraîner des troubles nerveux, digestifs, respiratoires, cardiovasculaires, musculaires et endocriniens (croissance, reproduction et comportement des individus). Et nombre d’entre eux sont également classés cancérigènes, mutagènes et/ou reprotoxiques.
Pour en savoir plus : lire notre article " Pesticides : atteinte à la biodiversité et à la santé humaine"
En Bretagne, 96 % des cours d’eau et environ 1/4 des eaux souterraines utilisés pour produire de l’eau potable, sont contaminés par les pesticides. Cependant, les traitements mis en œuvre sur cette eau pour produire de l’eau alimentaire (dilution, charbon actif, procédés membranaires, etc.) permettent l’élimination de ces substances dans les eaux distribuées. Les non-conformités résiduelles enregistrées sont dues à des dysfonctionnements ponctuels des dispositifs de traitement.
Le suivi des concentrations en pesticides dans l’eau de distribution est réalisé dans un souci de santé publique. L’objectif de cet indicateur est de connaître l’évolution de la qualité de l’eau potable desservie aux consommateurs vis-à-vis des pesticides et d’en mesurer les améliorations conformément à l’objectif 5 du plan régional santé environnement 2011-2015. La qualité s’améliore-t-elle ? Quelle est la part de la population bretonne encore desservie par une potable en présence de pesticides ? Quelles sont les causes de non-conformité ? Cet indicateur est intéressant car il permet de mesurer les efforts réalisés par les services de distribution d’eau pour améliorer les traitements afin d’éliminer les pesticides présents dans les eaux brutes et offrir aux consommateurs une eau potable exempte de pesticides.
Les dispositions réglementaires pour les pesticides ont un double objectif de santé publique et de maintien de la qualité des milieux (étude de l’écotoxicité). Selon la Directive cadre sur l’eau, le suivi des pesticides est effectué sur les eaux brutes car elles sont destinées (après potabilisation) à la consommation humaine. La limite réglementaire française actuelle, conforme à la limite européenne, fixe pour les eaux brutes des concentrations maximum de 2 µg/l par substance, et de 5 µg/l pour la somme des différentes substances présentes simultanément dans l’eau. Pour les eaux distribuées, ces valeurs tombent à un maximum de 0,1 µg/l par substance et de 0,5 µg/l au total sauf pour les paramètres aldrine, dieldrine, heptachlore et heptachlorepoxyde considérés comme très toxiques.
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Paramètres |
Limites de qualité |
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Aldrine, dieldrine, heptachlore, heptachlorepoxyde |
0,03 μg/l |
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Autres pesticides par substance individualisée |
0,1 μg/l |
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Total pesticides |
0,5 μg/l |
Ces limites réglementaires sont plus sévères que les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé, qui recommande un taux maximum de 2 μg/l pour l’atrazine, la simazine, le lindane. En cas de dépassement des limites établies, des mesures sont prises par les pouvoirs publics et le distributeur pour prévenir les consommateurs d’éventuelles restrictions de consommation visant telle ou telle catégorie d’usagers, voire l’ensemble de la population desservie (affichage en mairie ou tout autre moyen).
Dans cette fiche ne sont pris en compte que les résultats du contrôle sanitaire effectué par les pôles santé-environnement des délégations territoriales de l’Agence régionale de santé (ARS) sur l’eau après traitements de potabilisation. En 2009, le contrôle sanitaire en Bretagne pour les eaux distribuées a porté sur 120 molécules de pesticides, donnant lieu à 32 000 résultats d'analyses.
Une eau traitée est classée non-conforme pour l’année dès lors qu’au moins un prélèvement d’une concentration supérieure à la limite maximale autorisée est enregistré au cours de cette même année.
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