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Dernière modification le 21 octobre 2009


fiche indicateurs

Exposition de la population bretonne au plomb dans l’eau potable

Rédigé par :

Emilie Novince (GIPBE)

En collaboration avec :

Thierry Panaget Agence régionale de santé de Bretagne (ARS Bretagne)




Les eaux distribuées par les réseaux d’adduction publiques sont, en Bretagne, à 100 % conformes à la limite réglementaire de 25 µg/l pour le paramètre plomb.


1. Exposition de la population bretonne au plomb dans l’eau potable

Les résultats concernant les eaux produites et distribuées pour les réseaux d’adduction publiques en Bretagne n’ont révélé à ce jour aucun dépassement de la limite réglementaire sur le paramètre plomb. Les eaux distribuées sont en conséquence à 100 % conformes.

Cependant, certains réseaux intérieurs privatifs d’immeubles ou de maisons particulières peuvent comporter des canalisations en plomb pouvant contaminer l’eau du robinet sur ce paramètre.

2. Enjeux

En France, la contamination des ressources en eau par le plomb est rare. Ainsi, les teneurs dans les eaux produites sont généralement insignifiantes. Les principales sources de contamination au plomb se situent en aval du site de production dans certains réseaux collectifs de distribution mais surtout dans les canalisations intérieures des habitations anciennes. La dissolution du plomb des canalisations est à l’origine du plomb dans l’eau.
Jusque dans les années 1950-1960, de nombreux branchements des réseaux de distribution et des réseaux intérieurs d’immeubles anciens étaient en plomb. Aujourd’hui, l’utilisation de ce métal est proscrite dans les matériaux en contact avec l’eau potable pour des raisons sanitaires. En effet, cet élément est toxique pour l’homme et peut causer des problèmes de santé importants, bien connu sous le nom de saturnisme et dont les symptômes prennent la forme de troubles neurologiques, d’anémie, d’hypertension artérielle ou encore de douleurs abdominales. Pour les femmes enceintes le risque est encore plus grand car le plomb se stocke dans le sang et passe vers le fœtus.

En Bretagne, de par le substrat géologique, l’eau est plutôt acide et faiblement minéralisée. Ces conditions augmentent le potentiel de dissolution du plomb dans l’eau. La température joue également un rôle. La solubilité du plomb est multipliée par deux entre 15 et 25°C. Lorsque l’eau stagne dans les réseaux, elle se charge en plomb dissout. Ce phénomène s’accroît avec la longueur du réseau, et généralement l’âge des canalisations.

En 2002, un plan national d’actions relatif au plomb d’origine hydrique a été mis en place

Ce plan d’actions a deux objectifs :
1. Diminuer l’exposition de la population au plomb d’origine hydrique en respectant la future limite de qualité de 10 µg/l (applicable en 2013)
2. Informer les consommateurs sur les éventuelles mesures correctives qu’ils pourraient prendre lorsqu’il y a un risque de dépassement de la limite de qualité du plomb dans l’eau non imputable au réseau public de distribution d’eau.

Ces objectifs stratégiques se déclinent en quatre objectifs opérationnels :
- Faire le point sur les connaissances relatives aux effets du plomb sur la santé, à l’exposition de la population au plomb d’origine hydrique, aux méthodes d’abaissement de la teneur en plomb dans l’eau et aux responsabilités des différentes parties concernées ;
- Informer les publics cibles sur les éléments de connaissance précités ;
- Diminuer la teneur en plomb dans l’eau directement imputable à la distribution publique d’eau ;
- Abaisser la teneur en plomb dans l’eau attribuable aux réseaux intérieurs de distribution d’eau.

La mise en place d’une campagne nationale de communication constitue l’une des actions majeures de ce programme d’actions.

3. Objectif

Le suivi des concentrations en plomb dans l’eau de distribution est réalisé dans un souci de santé publique. L’objectif de cet indicateur est de surveiller l’exposition de la population au risque d’ingestion de plomb issue de la consommation d’eau du robinet. La qualité s’améliore t-elle ? Quelle est la part de la population bretonne encore desservie par une potable chargée en plomb ? Cet indicateur est intéressant car il permet de mesurer les efforts réalisés par les services en charge de la distribution d’eau pour remplacer les canalisations antérieures à 1950 susceptibles de contaminer l’eau potable en plomb. De plus, cet indicateur participe, avec les autres groupes de paramètres, à surveiller la qualité générale de l’eau potable distribuée aux consommateurs.

4. Définitions

Les nouvelles limites réglementaires fixent pour objectif de diviser par cinq la quantité de plomb dans l’eau d’ici 2013, ce qui conduira à terme à prévoir le remplacement de toutes les canalisations en plomb existantes.
La directive européenne 98/83/CE relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine pose la limite de qualité du plomb dans l’eau potable à 10 µg/l à partir de décembre 2013. Les dispositions réglementaires du code de la santé publique en matière d’eau transposent en droit français cette directive européenne (décret n° 2001-1220 du 20/12/01 relatif aux eaux destinées à la consommation humaine) et fixent la même limite de qualité de 10 µg/l pour le 25 décembre 2013 avec une étape à 25 µg/l à partir du 25 décembre 2003.

5. Champ d’investigation

Dans cette fiche ne sont pris en compte que les résultats de la surveillance effectuée par les services santé-environnement des directions départementales des affaires Sanitaires et Sociales (Ddass) sur l’eau après traitements de potabilisation. Les contrôles de surveillance sont effectués à la sortie des usines de traitement d'eau potable mais également au robinet de quelques consommateurs (généralement choisis dans des lieux publiques : écoles, camping, mairie, etc).

Un certain nombre d'habitations en Bretagne peuvent encore comporter des canalisations en plomb, elles ne sont pas suivies dans le cadre du réseau de surveillance. Il incombent à partir du compteur d’eau au propriétaire de l’habitation de s’assurer que le réseau privatif de sont immeuble permet la distribution d’une eau conforme et de qualité.

6. Méthode

Une eau traitée est classée non-conforme pour l’année dés lors qu’au moins un prélèvement d’une concentration supérieure à 25 µg/l est enregistré au cours de cette même année.