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Dernière modification le 19 décembre 2007


L'état des lieux de 2004 dans le bassin "Vilaine et côtier breton"

Rédigé par :

Chloë Fromange (GIPBE)

En collaboration avec :

Hervé Morisset ,  Laurent Cyrot Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement en Bretagne (Dreal Bretagne)




Réhabilitation d'un ruisseau (Plouay, 56) Réhabilitation d'un ruisseau (Plouay, 56)

L'état des lieux réalisé en 2004 dresse un bilan inquiétant pour la qualité de l'eau en Bretagne avec 46 à 72 % de ses masses d'eau dégradées.


La directive cadre sur l’eau fixe comme objectif d’atteindre le bon état écologique et chimique des eaux à l’horizon 2015. Pour ce faire, elle a imposé d’effectuer, par bassin hydrographique, un état des lieux de la qualité de l’eau et des écosystèmes aquatiques. Cet état des lieux consistait notamment à :

  • identifier les différentes catégories de masses d’eau,
  • évaluer leur qualité en cette date de référence de 2004,
  • déterminer les risques de non atteinte du bon état écologique en 2015.

L’état des lieux a été réalisé par le Comité de bassin Loire-Bretagne afin de répertorier et de classer les différentes masses d’eau, d’évaluer les données existantes et de déterminer si les politiques en place étaient suffisantes pour atteindre un bon état des eaux d’ici 2015.

Pour prévoir l’état en 2015 des rivières, nappes souterraines et du littoral, la méthode a consisté à prolonger l’effet des politiques en place, y compris l’application de la réglementation existante, et à examiner si elles permettront à elles seules d’atteindre les objectifs fixés. On abouti ainsi à trois classifications à l’horizon 2015 :

  • les secteurs où le bon état sera très certainement atteint en poursuivant les politiques déjà engagées ;
  • les secteurs pour lesquels des mesures complémentaires, un délai, une dérogation devront probablement être mis en œuvre ;
  • les secteurs où les données sont insuffisantes pour statuer.

Il ressort de l' état des lieux du bassin Loire-Bretagne ponctué en décembre 2004 que 46 % des masses d'eau bretonnes devraient faire l'objet de délais et actions supplémentaires car elles n'atteindraient pas le bon état écologique des eaux fixé par la directive ; 26 % ont été classées en doute et 28 % seulement atteindraient le bon état écologique en 2015.

Tableau 1 : Probabilité de respect des objectifs des masses d'eau bretonnes

Résultats à l'horizon 2015

 

Respect des objectifs

28 %

Doute

26 %

Actions ou délais complémentaires nécessaires

46 %

Respects des objectifs DCE pour les principaux cours d'eau de Bretagne
Probabilité de respects des objectifs DCE pour les principaux cours d'eau de Bretagne en 2015
Probabilité de respect des objectifs DCE pour les masses d'eau côtières en 2015
Probabilité de respect des objectifs DCE pour les masses d'eau côtières en 2015
Respect des objectifs de la Directive-cadre sur l'eau pour les principaux cours d'eau
Respect des objectifs de la Directive-cadre sur l'eau pour les principaux cours d'eau

Pour les cours d'eau, ce sont les modifications physiques (seuils, étangs, etc.) qui posent le plus de problèmes pour le respect des objectifs. L'artificialisation des cours d'eau concerne principalement les canaux : la Vilaine et une grande partie de ses affluents, ou encore l'Aulne et le Blavet. La qualité de l'eau des rivières est affectée principalement par les nitrates (fleuves côtiers de la Manche, affluents de la Vilaine) et les pollutions organiques, azotées et phosphorées principalement dans le bassin de la Vilaine.
L'évaluation des petits cours d'eau n'est pas prise en compte à ce stade. Elle est en cours de réalisation.

Respect des objectifs de la Directive-cadre sur l'eau pour les plans d'eau
Respect des objectifs de la Directive-cadre sur l'eau pour les plans d'eau

Pour les plans d'eau 1 , 59 % nécessitent un délai supplémentaire pour atteindre le bon état écologique en raison d'une présence importante d'éléments nutritifs, le phosphore en particulier.
De nombreuses retenues ont été créées pour assurer l'alimentation en eau potable et éventuellement soutenir le débit des rivières. On compte ainsi plus de 30 retenues de 500 000 m3. Les retenues sont pratiquement toutes sujettes à des développements excessifs d'algues. Parmi ces algues ont trouve les cyanobactéries qui, dans certains cas, peuvent perturber la production d'eau potable et compromettre la baignade ou la pratique de sports nautiques.

Respect des objectifs de la Directive-cadre pour les masses d'eau côtières en Bretagne
Respect des objectifs de la Directive-cadre pour les masses d'eau côtières en Bretagne

Pour les eaux côtières, les micropolluants apparaissent comme la principale cause d'altération de l'eau. Ensuite, les apports d'éléments nutritifs (azote, phosphore) jouent un rôle important dans la prolifération d'algues vertes ou de phytoplancton toxique et non toxique.
Les eaux de baignade sont globalement de bonne qualité bactériologique, malgré quelques sites dégradés.
En revanche le niveau de qualité des eaux littorales pour la conchyliculture, le ramassage et la mise sur le marché des coquillages, est insuffisant. La commercialisation nécessite souvent une purification poussée avant leur mise sur le marché du fait de contaminations microbiologiques, et si ces dernières sont trop importantes l'exploitation de la zone est interdite. Pour les contaminations phytoplanctoniques, il est demandé l'arrêt total de la production sur la zone géographique concernée. En effet, parmi le phytoplancton, certaines micro-algues produisent des toxines qui sont concentrées par les coquillages qui les filtrent et mettent en péril la santé publique lors de leur consommation.

Pour les eaux souterraines, c'est presque la totalité des nappes qui risquent de ne pas atteindre les objectifs en 2015 du fait des concentrations en nitrates et en pesticides. De plus, des prélèvements excessifs abaissent trop fortement les niveaux et diminuent le débit des cours d'eau qui en sont issus.

Cet état des lieux reste à compléter notamment par la collecte de données manquantes sur les milieux aquatiques (biologie, micropolluants). Des études sont en cours à l'Agence de l'eau Loire-Bretagne sur l'analyse des petits cours d'eau, des masses d'eau artificielles (canaux) et des substances « prioritaires » et « dangereuses prioritaires ».


  • (1) Dans les plans d'eau sont inclus les lacs et les retenues