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Dernière modification le 01 août 2017


qui fait quoi ?

La surveillance du phytoplancton toxique dans les eaux littorales bretonnes


Campagne de prélèvements pour le Rephy Campagne de prélèvements pour le Rephy

Après une crise sanitaire en 1984, l’ Ifremer [ 1] a créé les réseaux Rephy et Rephytox  pour détecter la présence de phytoplancton toxique dans les eaux littorales. Initiés pour des raisons sanitaires, ces réseaux ont élargi leurs missions pour évaluer plus globalement la qualité environnementale des eaux côtières et des lagunes. Catherine Belin, coordonnatrice de ces réseaux à l’Ifremer, revient pour nous sur cette évolution.


Pourquoi surveiller le phytoplancton marin ?

Certaines espèces de phytoplancton marin peuvent produire des toxines qui sont relâchées en milieu naturel et s’accumulent dans les coquillages, les rendant impropres à la consommation. En cas de prolifération d’espèces de phytoplancton toxique, il existe donc un risque sanitaire pour les consommateurs de coquillages.

En 1984, plusieurs milliers de personnes en Bretagne ont fait l'objet d'une intoxication alimentaire après avoir mangé des coquillages. Suite à cette crise sanitaire, l’Ifremer a créé les réseaux Rephy et Rephytox. Le Rephy observe toutes les espèces de phytoplancton marin, qu’elles soient toxiques ou non. Il s’intéresse à certaines d’entre elles (Dinophysis, Alexandrium, Pseudo-nitzschia) qui peuvent produire des toxines dangereuses pour les consommateurs de coquillages. Le Rephytox détecte et suit les toxines dans les coquillages des zones de production et de pêche du littoral français.

En 1988, le Rephy a repéré pour la première fois, dans le nord du Finistère, Alexandrium minutum, une algue productrice de toxines paralysantes.

En 1988, le Rephy a repéré pour la première fois, dans le nord du Finistère, Alexandrium minutum, une microalgue productrice de toxines paralysantes

Les missions du Rephy ont évolué depuis sa création. Pourquoi ?

Le réseau a étendu son champ d’action pour répondre à l’arrivée de la directive cadre sur l’eau (DCE). Adoptée en 2000, elle a pour objectif d’atteindre le bon état écologique des eaux. Le Rephy doit aussi permettre à la France de répondre aux conventions internationales telles que la convention Ospar, pour les aspects phytoplancton, chlorophylle et hydrologie en Manche-Atlantique, et à la directive cadre « Stratégie Milieu Marin » (DCSMM). La surveillance menée par le Rephy concerne donc aussi la qualité environnementale des eaux côtières et lagunaires.

Comment fonctionne le Rephy ?

En Bretagne, il y a trois laboratoires Environnement et Ressources de l’Ifremer situés à Dinard, Concarneau et la Trinité-sur-Mer-Nantes. Chacun effectue pour son littoral, les prélèvements, les observations et les analyses, la saisie des données, la valorisation et la diffusion des résultats aux niveaux régional et national.

Les laboratoires dénombrent et identifient les espèces de phytoplancton pour mieux comprendre leur répartition géographique et leur évolution dans le temps, et répondre aux grandes questions scientifiques telles que l’impact des changements globaux. Ils suivent en particulier celles qui prolifèrent et celles qui produisent des toxines afin de comprendre les contextes dans lesquels elles apparaissent. Ils analysent aussi la chair des mollusques bivalves présents dans les zones de production ou dans les gisements naturels pour y rechercher la présence des toxines.

Dans le cadre de notre surveillance environnementale des eaux côtières, nous mesurons plusieurs paramètres hydrologiques de base qui nous servent à comprendre l’activité biologique des écosystèmes côtiers. Ainsi, les variations de température et la salinité influent sur la production et la diversité phytoplanctonique. C’est le cas aussi de l’opacité du milieu, des teneurs en oxygène dissous et en éléments nutritifs.

Que se passe-t-il en cas d’apparition d’une espèce toxique ?

Pour les toxines DSP (diarrhéiques), des zones et les périodes à risques sont définies tous les ans sur la base de ce qui s’est passé les trois dernières années, faisant l’objet d’un échantillonnage systématique des coquillages sans attendre l’apparition de l’espèce toxique responsable (Dinophysis). Ceci afin d’anticiper les épisodes toxiques, sachant que Dinophysis n’est pas toujours un indicateur fiable, car il ne se développe qu’à des concentrations faibles.

Pour les toxines PSP (paralysantes) et ASP (amnésiantes), par contre, les espèces productrices de ces toxines (respectivement Alexandrium et Pseudo-nitzschia) sont des indicateurs fiables, ceci étant validé par les séries historiques de données depuis plus de 20 ans. Chacune de ces espèces de phytoplancton toxique est associée à un seuil d'alerte qui peut être revu annuellement si besoin est. S’il est dépassé, nous recherchons les toxines concernées dans les coquillages. Mais nous pouvons aussi déclencher la procédure l’alerte suite à des observations extérieures comme le signalement d’intoxications suite à la consommation de coquillages, etc.

Dès lors que nos laboratoires détectent une contamination par une toxine, nous informons les administrations nationales (DGAL -direction générale de l'alimentation, Anses -Agence nationale de sécurité sanitaire) et les administrations régionales (préfecture, DDTM et DDPP), qui ont en charge la gestion du risque et qui interdisent si nécessaire la commercialisation et le ramassage des coquillages dans le secteur concerné.

Contact

Catherine Belin, Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer : courriel

 

Accéder aux données

Les résultats sur le phytoplancton toxique et les toxines sont disponibles chaque semaine en temps réel sur le site Web Ifremer Environnement.

Accéder aux bulletins d'information et d'alerte / Surveillance des coquillages.

Les données du Rephy et du Rephytox sont aussi consultables ou téléchargeables sur le site Web Ifremer environnement. On y trouve les séries temporelles pour toutes les espèces phytoplanctoniques, les toxines et les paramètres hydrologiques, depuis 1987. La mise à jour est faite quotidiennement.

Accéder à la visualisation des points et des données de surveillance du littoral par l'Ifremer

 

Mieux comprendre

Chaque année, les laboratoires Environnement et Ressources de l’Ifremer publient un document de synthèse sur la qualité du milieu marin littoral. Accéder aux bulletins régionaux sur Ifremer environnement.

 

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Propos recueillis par Emmanuèle Savelli (Observatoire de l'environnement en Bretagne)