Visitez aussi :
logo du portail

http://www.bretagne-environnement.org/Media/Qui-fait-quoi/Le-centre-de-sauvegarde-de-la-faune-sauvage-de-l-Ile-Grande-soigne-les-oiseaux-mazoutes

 

Dernière modification le 16 mars 2018


qui fait quoi ?

Le centre de sauvegarde de la faune sauvage de l’Île Grande soigne les oiseaux mazoutés


Soins sur un oiseau mazouté Soins sur un oiseau mazouté

L’Île Grande en Côtes-d’Armor accueille l’un des six centres français de sauvegarde de la faune sauvage créés par la Ligue pour la protection des oiseaux. Né en 1984 suite à plusieurs marées noires, il est spécialisé dans le sauvetage des oiseaux mazoutés. Gilles Bentz, responsable de ce centre de soins, nous explique son fonctionnement et revient sur le bilan de ses 25 années d’existence.


Dans quel contexte est né le centre de soin des oiseaux mazoutés ?

La Bretagne a subi plusieurs marées noires dès la fin des années 1960. Il y a eu l’accident du Torrey Canyon en 1967, puis celui de l’Amocco Cadiz en 1978, et encore celui du Tanio en 1980. Les échouages d’oiseaux mazoutés étaient alors si nombreux que la Ligue pour la protection des oiseaux a décidé de créer en 1984 un centre de soins spécialisé à l’Île Grande, sur la commune de Pleumeur-Bodou en Côtes-d’Armor. Il faut savoir que si les oiseaux marins fréquentent tout le littoral breton, nous sommes, avec ce centre, à seulement quelques kilomètres de la réserve naturelle des Sept-Îles, un haut lieu de reproduction pour les oiseaux marins en Bretagne.

Le centre de sauvegarde de la faune de l’Île Grande, s’il est unique en Bretagne et s’il concerne surtout les oiseaux mazoutés, n’est pas le seul à soigner des oiseaux en France. Il en existe 34 autres.

Quelles espèces soignez-vous ?

Les centres de sauvegarde de la faune sauvage sont réglementés ; ils disposent d’un agrément et leurs responsables sont titulaires d’un certificat de capacité. Ils sont affiliés à l’Union française des centres de sauvegarde de la faune sauvage. Celui de l‘Île Grande possède un agrément pour soigner tous les oiseaux de France métropolitaine.

Nous recevons parfois d’autres espèces que des oiseaux. C’est déjà arrivé pour des phoques gris que nous avons redirigés vers le centre de soins spécialisé d’Océanopolis. Car nous possédons également un agrément pour accueillir en transit des mammifères marins avant leur transfert vers le centre de soins d’océanopolis. Nous avons également déjà été contactés pour des chauves-souris. Dans ce cas, nous redirigeons vers le Groupe mammalogique breton.

Que faire lorsqu’on trouve un oiseau en détresse ?

En ville comme à la campagne, sur la plage comme au bord d’une route, il existe tout un panel de situations dans lesquelles des oiseaux peuvent se trouver en détresse. Ce sont les tempêtes, les sécheresses et les vagues de froid, mais aussi les chocs routiers ou contre des baies vitrées, l’électrocution sur des câbles électriques, l’empoisonnement, etc. pour n’en citer que quelques unes.

Il est important de demander conseil avant d’agir en appelant le centre de sauvegarde le plus proche. La survie de l’oiseau en dépend ! En Bretagne, il existe deux centres : celui de l’Île Grande joignable pour les quatre départements et celui récemment ouvert de Pluvigner, plus spécifique au Morbihan. Après avoir été placé dans un carton adéquat, l’oiseau requérant des soins est acheminé au centre grâce à un réseau de bénévoles et de transporteurs aidant gracieusement la Ligue pour la protection des oiseaux.

Comment fonctionne le centre de sauvegarde ?

Il fonctionne avec un poste et demi de salariés et des dizaines de bénévoles qui se relaient tout au long de l’année. Sa capacité d’accueil maximale est de 200 oiseaux en simultané.

Dès son arrivée au centre, l’oiseau blessé est pris en charge, ausculté, pesé, puis hospitalisé avec un traitement spécifique adapté à l’espèce. Après des soins plus ou moins longs, l’oiseau est mis en volière ou en piscine où il est surveillé. Il y reprend de la masse musculaire et de l'indépendance.

Il faut savoir que les oiseaux mazoutés présentent souvent de nombreux symptômes et des troubles graves comme une intoxication, une hypothermie, une perte de poids, une déshydratation et du stress. Les premières heures sont primordiales pour stabiliser l’état général de l’oiseau. Après avoir repris des forces, il est lavé pour supprimer les hydrocarbures qui le souillent et lui permettre de retrouver un plumage imperméable sans lequel il ne peut survivre.

Avant d’être relâché, il est bagué pour participer à un programme du Muséum national d’Histoire naturelle qui étudie la migration et le devenir de l’oiseau.

Contact pour en savoir plus

Gilles Bentz, Ligue pour la protection des oiseaux : Tel. 02 96 91 91 40 ou courriel


Propos recueillis par Emmanuèle Savelli (Observatoire de l'environnement en Bretagne)