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Dernière modification le 02 octobre 2005


état des lieux

L’activité aquacole, entre tradition et nouveauté

Rédigé par :

Josette Launay (CSEB)




Truite de mer Truite de mer

On distingue une aquaculture traditionnelle très développée en Bretagne, basée sur l'exploitation de l'huître et de la moule (conchyliculture), et une aquaculture marine dite nouvelle qui a peu progressé ces trente dernières années et dont la production est plus axée sur le poisson, les algues et la palourde. Elle ne représente actuellement qu’une très faible part du tonnage de l'aquaculture traditionnelle dans la région.


La Bretagne compte sept principaux bassins conchylicoles : la baie du Mont-Saint-Michel, la baie de Saint- Brieuc, le secteur de Paimpol, la baie de Morlaix, le Pays des abers, la rade de Brest et le sud du Morbihan.

La production de moules (mytiliculture) se concentre surtout à Vivier-sur-Mer (Ille-et-Vilaine) et dans la région de Pénestin (Morbihan). Sa culture se fait le plus souvent sur bouchots. La Bretagne est en tête des régions productrices de moules avec près du tiers de la production nationale, la France étant le troisième producteur européen de ce mollusque. La production d'huîtres (ostréïculture) concerne tous les bassins conchylicoles. Cela représente presque un tiers de la production française d'huître, la région française la plus productrice restant le Poitou-Charentes. La Bretagne est la seule à produire des huîtres plates.

Ces cultures marines sont fragiles et leur production est soumise aux aléas naturels, en particulier climatiques. Elles sont aussi très dépendantes de la qualité des eaux littorales. En particulier, la consommation des coquillages est interdite en cas de pollution bactériologique d'origine fécale.

La filière a connu plusieurs épisodes de mortalité massive liés à des pathologies. Dans les années 1970 et 1980, la parasitose de l'huître plate a quasiment anéanti la culture de cette huître en Bretagne. Dès la fin des années 1980; la maladie de l'anneau brun a compromis l'essor de l’élevage de la palourde (la vénériculture). En 1995; le Gymnodium, espèce de phytoplancton toxique pour la faune, a affecté l'ensemble de l'activité conchylicole en provoquant une forte mortalité sur les naissains.

Ces risques d'épizooties peuvent être accrus par des pratiques inadaptées (concentration excessive des élevages) ou prohibées (immersion de coquillages étrangers comme les huîtres américaines Crassostrea virginica, porteurs potentiels d'agents infectieux).

Deux microalgues toxiques sont régulièrement observées car elles peuvent contaminer les coquillages. Il s’agit de Dinophysis, très fréquente sur nos côtes. Elle s'accumule l'été dans les fruits de mer et produit une toxine responsable de diarrhées chez l'homme. Alexandrium minutum n'est observée que depuis une dizaine d'années dans les eaux françaises et exclusivement au nord de la Bretagne (Rance, baie de Morlaix, Abers). Sa présence, beaucoup plus rare, est néanmoins problématique car les toxines paralysantes qu'elle produit sont très dangereuses et ont déjà été mortelles dans d'autres pays où elle sévit.

L'aquaculture nouvelle se tourne vers les poissons, les coquillages et les algues

Alors que la conchyliculture pratiquée actuellement est née à la fin du XIXe siècle, au cours des années 1970, des formes d'aquaculture dites nouvelles, aux résultats encore modestes, sont apparues. Elles concernent l'élevage de poissons (saumon, truite, etc.) de coquillages (palourde, coquille Saint-Jacques), mais aussi la culture d'algues comme le wakamé.

Les principaux poissons produits en Bretagne sont la truite en eau douce, en quantité moindre la truite en eau de mer, le bar et le turbot. La Bretagne est au premier rang des régions aquacultrices françaises avec une légère avance sur l'Aquitaine. Elle pratique même depuis 1990 un élevage unique en Europe : celui de la truite fario en mer 1 .

Les piscicultures ont besoin d'une eau de qualité mais elles peuvent aussi être responsables de pollutions. Elles doivent maîtriser leurs propres rejets en cas d'aquaculture intensive (élevages de salmonidés, par exemple).

La culture d'algues est encore très peu développée en France et en Bretagne mais elle connaît une évolution rapide. Elle ne concerne qu'une espèce : le wakamé (Undaria pundatifida) aussi appelée fougères des mers. Ces cultures sont localisées au Guilvinec (Finistère).

L'élevage des palourdes a connu un essor prometteur au cours des années 1980, grâce à la mise au point de techniques d'écloserie et de grossissements adaptées à l'espèce japonaise. Cependant, elle n'est plus maintenant qu'une activité marginale en Bretagne, suite à la maladie de l'anneau brun et surtout à la concurrence de pêcheries sur les gisements naturels (Italie et golfe du Morbihan).

La coquille Saint-Jacques est aujourd'hui cultivée commercialement, quoiqu'à petite échelle, en rade de Brest, par le comité local des pêches maritimes, dont les adhérents récoltent près de 50 % de leur production à partir de coquilles produites en écloserie puis semées sur site.


  • (1) A Camaret-sur-Mer (Finistère), la société Elsamer exploite depuis 1990 la truite fario en mer suite à un transfert de technologie de l'Inra et de l'Ifremer