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http://www.bretagne-environnement.org/Mer-littoral/L-homme-et-la-mer/L-aquaculture/La-surveillance-de-la-contamination-microbiologique-dans-les-coquillages
Dernière modification le 04 janvier 2010
L’Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer surveille depuis 1989 la contamination en bactéries fécales des zones de production de coquillages grâce au réseau microbiologique des coquillages (Remi). Isabelle Amouroux, coordonnatrice de ce réseau, nous explique son fonctionnement.
Il surveille la qualité microbiologique des zones de production de coquillages exploitées par les professionnels et classées par l’administration. Ceci dans un objectif de protection de la santé des consommateurs. Dans le cadre du réseau, nous dénombrons les bactéries fécales (Escherichia coli) dans les coquillages vivants. Ce sont des bactéries communes du système digestif humain et des animaux à sang chaud qui peuvent présenter un risque sanitaire lors de la consommation de coquillages (gastro-entérite en particulier).
Car il faut bien comprendre que le milieu littoral est soumis localement à de multiples sources de contamination d’origine humaine ou animale. Ce sont les eaux usées urbaines, ou le dysfonctionnement de systèmes d'assainissement collectif ou autonome, ou des rejets industriels ou encore de l’eau de pluie contaminée par ruissellement sur des zones agricoles. Les coquillages, en filtrant l’eau, concentrent les microorganismes qui y sont présents naturellement ou accidentellement. Ils peuvent devenir impropres à la consommation.
Le contrôle sanitaire des coquillages est une préoccupation ancienne en France puisqu’il remonte au début du XXe siècle. Le classement sanitaire des zones de production et leur surveillance sont des exigences réglementaires[ 1]. Quatre catégories de classement sont définies : A, B, C et D, par ordre décroissant de salubrité. Ce classement est fixé par arrêté préfectoral.
Les coquillages issus d’une zone classée A, peuvent être récoltés pour la consommation humaine directe. Ceux provenant d’une zone classée B, doivent être purifiés avant commercialisation. Ceux d’une zone C doivent être reparqués pendant deux mois minimum avant commercialisation ou bien les coquillages de pêche issus de ces zones peuvent être commercialisés après destruction des micro-organismes pathogènes par stérilisation ou par traitement à la chaleur. Toute exploitation de coquillage est interdite en zone D.
En Bretagne, trois laboratoires Environnement - Ressources de l’ Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) assurent la surveillance sur plus d’une centaine de zones conchylicoles - dont une partie sont des gisements naturels. Chaque année, nos laboratoires obtiennent plusieurs centaines de résultats soit dans le cadre de la surveillance régulière, soit lorsqu’une alerte est déclenchée. La surveillance régulière permet de vérifier que la qualité de la zone reste conforme à son classement et permet aussi de détecter des épisodes inhabituels de contamination.
Si sur une zone conchylicole, les résultats de la surveillance régulière du Remi dépassent ou risquent de dépasser les seuils microbiologiques définis pour chaque classe, le dispositif d’alerte est déclenché. Des alertes préventives permettent de suivre les contaminations potentielles consécutives à de fortes pluviométries par exemple, ou suite au dysfonctionnement d’un système d’assainissement, ou éventuellement en cas de toxi-infection alimentaire collective (TIAC) suspectée d’origine coquillère.
Nous renforçons alors notre surveillance. C’est-à-dire que nous effectuons un prélèvement dans la zone classée dans les 48 heures, et nous maintenons une surveillance hebdomadaire tant que cela est nécessaire. Il faut savoir que, chaque année, on compte plusieurs dizaines de ces alertes en Bretagne.
Le dispositif prévoit l’information systématique au niveau local et en temps réel des services de l’État : préfecture, Direction départementale des affaires maritimes, Direction des services vétérinaires, Direction départementale des affaires sanitaires et sociales et Direction départementale de l’équipement. Nous informons également la section régionale conchylicole et le comité local des pêches maritimes et des élevages marins. L’autorité compétente peut ainsi mettre en place les mesures adaptées pour protéger la santé des consommateurs. La préfecture peut par exemple éditer un arrêté interdisant temporairement la pêche, le ramassage ou l’expédition de coquillages. Elle peut aussi déclasser une zone de façon momentanée. Tous les destinataires de l’alerte sont informés de chaque nouveau résultat et ce jusqu’à la levée du dispositif.
Chacun des trois laboratoires Environnement - Ressources de l’Ifremer fournit des bilans annuels du suivi du réseau ainsi que l’évolution sur les 10 dernières années du niveau de contamination par les Escherichia coli. Ceci permet de mettre en évidence l’amélioration ou la dégradation de la qualité microbiologique des eaux littorales concernées.
Les résultats sont disponibles par point de mesure et par type de coquillage via le site Internet de l'Ifremer, de même que les bulletins de la surveillance en Bretagne.
En cas l’alerte, les résultats du suivi peuvent être obtenus auprès de la direction départementale des Affaires Maritimes du département concerné.
Isabelle Amouroux, Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer : Tel. : 02 40 37 42 90 - courriel
[1] Règlement (CE) n°854/2004 complété des dispositions françaises : code rural articles R 231-35 et R 231-59 et arrêté interministériel du 21/05/1999.
Propos recueillis par Emmanuèle Savelli (GIP Bretagne environnement)
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