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http://www.bretagne-environnement.org/Mer-littoral/L-homme-et-la-mer/La-peche-a-pied/Les-suivis-de-la-qualite-des-zones-de-peche-a-pied
Dernière modification le 16 septembre 2009
Rédigé par :
Julie Pagny (GIPBE)
En collaboration avec :
Catherine Belin
, Didier Claisse
, Isabelle Amouroux
(Ifremer)
,
Thierry Panaget
(ARS Bretagne)
Un suivi de la qualité sanitaire des gisements naturels est effectué afin de minimiser les risques liés à la consommation des coquillages. Les réseaux de l’Ifremer et de la Direction régionale des affaires sanitaires et sociale se sont mis en place de façon complémentaire.
La faune de l’estran est très riche et présente une très forte valeur écologique. Mais elle est aussi très sensible à toute perturbation, car en équilibre avec son milieu. L’enjeu du suivi des zones de pêche à pied est donc environnemental et sanitaire.
Les coquillages de par leur nature d’organismes filtreurs sont particulièrement touchés par les variations de la qualité de leur milieu. Ainsi, une dégradation importante et durable sur la zone littorale entrainerait forcément des bouleversements, voire la disparition de nombre de coquillages, crustacés et poissons peuplant la frange littorale. Un effort de pêche trop important ou la contamination du milieu par des micropolluants, des toxines ou des bactéries pathogènes ont forcément une incidence sur ce milieu en équilibre.
Les coquillages filtreurs, pour satisfaire leurs exigences nutritionnelles et respiratoires, filtrent des volumes d’eau importants. Par cette activité de filtration, ils peuvent concentrer dans leur chair jusqu’à 100 fois les parasites, bactéries et les virus présents dans l’eau de mer, ce qui explique que la consommation de coquillages vivants dans des eaux polluées peut avoir des effets néfastes sur la santé. Ils concentrent également le plancton toxique, des composants chimiques comme les métaux lourds (plomb, mercure, cadmium) et certains composés organiques (hydrocarbures, polychlorobiphényls - PCB, tributylétain - TBT, certains pesticides, etc.).
Les coquillages ont ainsi un rôle de sentinelle de l’environnement tant en terme de biodiversité que de santé, mis à profit dans la surveillance des eaux littorales en France.
Les bactéries, parasites et virus, lorsqu’ils arrivent dans le milieu marin, pourront survivre de quelques heures à quelques jours pour les bactéries et les parasites, et de plusieurs semaines à plusieurs mois, pour les virus.
Etant donné que les zones de pêche à pied récréatives et professionnelles et la finalité des usages (dans un but de consommation des produits de la pêche) sont sensiblement les mêmes, les paramètres surveillés sont similaires. Plusieurs paramètres sont observés selon ce que l’on souhaite contrôler.
Les phytoplanctons toxiques, les polluants chimiques (métaux lourds, contaminants organiques) sont recherchés dans le milieu. Les algues toxiques apparaissent chaque année de manière saisonnière et les toxines ne sont observées que pendant des périodes limitées de l’année. Elles entraînent une interdiction de ramassage des coquillages
La contamination par des bactéries, des parasites et des virus des eaux littorales, essentiellement due directement ou indirectement aux activités terrestres (bactéries fécales d’origine humaine ou animale, ou virus d’origine humaine), ainsi que des bactéries vibrions présentes naturellement dans l’eau, est aussi surveillée. Les principaux paramètres suivis pour la bactériologie sont les indicateurs de contamination fécale et plus particulièrement Escherichia coli (zones conchylicoles, zones de pêche à pied et zones de baignades).
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Pourquoi rechercher le paramètre Escherichia coli ? La surveillance du Remi se base sur l’indicateur E. coli, qui est recherché dans les coquillages vivants. Il s’agit d’une exigence réglementaire : règlement CE n° 2073/2005 concernant les critères microbiologiques applicables aux denrées alimentaires et règlement CE n° 854/2004 fixant les règles de contrôles. Pour la pêche à pied de loisir rien n’est défini au niveau réglementaire pour la surveillance. Généralement, les Ddass utilisent le critère E. coli et complètent éventuellement avec d’autres paramètres de suivi. |
Bien entendu, le classement d'une zone de pêche à pied de loisir prend en considération tous les critères. La valeur la plus élevée décide de sa salubrité ou de son niveau d'insalubrité. Le classement est défini en fonction des seuils fixés par la réglementation européenne 1. Il est officialisé par des arrêtés préfectoraux après proposition du directeur départemental des affaires maritimes. Sa validité ne peut excéder 10 ans.
Tableau 1 : Les paramètres recherchés dans le cadre de la surveillance des zones de pêche à pied
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Groupes de paramètres |
Paramètres |
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Contaminants chimiques |
Argent, CB 153, Cadmium, Chrome, Cuivre, Hydrocarbures polyaromatiques, Lindane, Mercure, Nickel, Plomb, Vanadium, Zinc, DDT, DDD, DDE |
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Hydrologie |
Chlorophylle-a, Phéopigments, salinité, température de l’eau, turbidité |
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Microbiologie |
Escherichia coli |
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Phytoplancton et phycotoxines |
Alexandrium, Dinophysis, Pseudo-Nitzschia, Toxicité DSP, PSP, ASP |
Les zones fréquentées par les pêcheurs à pied amateurs et professionnels, et les zones conchylicoles sont suivies distinctement dans le cadre de différents réseaux de surveillance. Les Directions départementales des affaires sanitaires et sociales (Ddass) et l’ Institut français pour la recherche et l’exploitation de la mer (Ifremer) se partagent cette surveillance.
Les Ddass surveillent la qualité de 65 secteurs fréquentés par les pêcheurs à pied amateurs uniquement, tandis que l’Ifremer contrôle la qualité sanitaire des zones conchylicoles autour desquelles, rappelons-le des pêcheurs amateurs peuvent aussi pêcher (zones de production et zones de pêche à pied professionnelle). L’ensemble des recherches s’effectue sur les gisements de moules, coques, huîtres et palourdes, et sur certains caractéristiques du milieu.
Le réseau de surveillance « zone de pêche à pied de loisir » est géré depuis 1995 par les services Santé-Environnement des Ddass, conformément à la position du Conseil supérieur d'hygiène publique de France. Il s’agit d’un réseau de surveillance sanitaire. Ce réseau est complémentaire de celui concernant les zones de production conchylicoles professionnelles.
Les Ddass assurent le contrôle microbiologique des gisements naturels des coquillages exploités en pêche récréative. En revanche, elles ne procèdent pas aux suivis des phycotoxines et de la contamination chimique du milieu qui sont assurés par l’Ifremer.
Le choix des sites de pêche à pied, qui font l'objet de prélèvements, répond à quelques critères déterminés préalablement par :
- une bonne accessibilité ;
- une densité de coquillage suffisante ;
- un taux de fréquentation régulier par les pêcheurs à pied ;
- la proximité d’un ou plusieurs apports venant de la zone terrestre (ruisseaux, sorties de réseaux pluviaux, etc.).
L’Ifremer est chargé par l’Etat de la surveillance permanente de la qualité microbiologique des zones de production professionnelle et de la qualité phytoplanctonique et chimique de l’ensemble du littoral breton.
La surveillance de l’Ifremer se divise en trois réseaux qui surveillent respectivement : qualité microbiologique (réseau Remi), phytoplanctonique (réseau Réphy) et chimique (réseau Rocch, ex-RNO). Ces deux derniers réseaux viennent compléter le réseau Ddass qui ne couvre généralement pas ces paramètres. Les gisements de coquillages autour des parcs de production sont très fréquentés par des pêcheurs amateurs. Les réseaux de l’Ifremer complètent ainsi utilement le réseau de suivi de pêche de loisir de la Ddass.
Dans les zones de pêche à pied de loisir, la mise en évidence d’un risque potentiel phytoplanctonique ou chimique est immédiatement signalée par l’Ifremer aux Ddass concernées, qui prennent le relais.
Ainsi, certaines zones qui ne sont pas comprises dans les zones de production de coquillages professionnelles suivies par l’Ifremer ou parmi les 65 sites suivis par les Ddass peuvent présenter un risque pour le paramètre microbiologique.
Alors avant d’aller pêcher à pied, renseignez-vous si votre site fait bien partie du réseau de surveillance sanitaire.
[1] Règlement CE n° 854/2004 fixant les règles spécifiques d’organisation des contrôles officiels concernant les produits d’origine animale destinés à la consommation humaine, complété du règlement CE n° 1881/2006 portant fixation des teneurs maximales pour certains contaminants dans les denrées alimentaires.
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