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http://www.bretagne-environnement.org/Mer-littoral/L-homme-et-la-mer/La-peche-a-pied/Panorama-de-la-peche-a-pied-de-loisir-en-Bretagne
Dernière modification le 16 septembre 2009
Rédigé par :
Julie Pagny (GIPBE)
En collaboration avec :
Christian Hily
(IUEM)
,
Franck Delisle
(GEPN)
,
Gérard Véron
(Ifremer Brest)
,
Jacques Doudet (crpmem)
,
Thierry Panaget
(ARS Bretagne)
La pêche à pied de loisir connait un large succès sur les côtes bretonnes. L’estran, le long duquel elle se pratique, est un milieu riche mais aussi très fragile.
Trait culturel en Bretagne, la pêche à pied est une pratique ancienne. De tout temps, les Bretons vivant près du littoral se sont rendus à la mer pour y ramasser moules, bigorneaux et crustacés, un espace considéré comme libre où l’on peut se servir des ressources marines. La pêche à pied était aussi une activité appréciée des estivants d’antan, liant les plaisirs de se retrouver en famille et de goûter aux saveurs de la mer.
Aujourd’hui, cette activité de loisir est de plus en plus pratiquée. Ainsi, les conséquences des pressions sur le milieu naturel concerné et les risques sanitaires associés à la consommation des coquillages invitent à la mesure et à la prudence.
La pêche à pied s'exerce le long du rivage par définition sans recours à une embarcation. Comme son nom l’indique, ce type de pêche se pratique à pied en parcourant l’estran ou en « restant à l’affût ». Elle implique, d’une part, que la mer soit suffisamment basse pour que l’on puisse marcher, d’autre part que le matériel de pêche – si matériel il y a – et le produit de la pêche soient aisément transportables par une personne seule.
Elle correspond à toute activité de récolte d'une ressource naturelle vivante. On distingue le ramassage d’animaux fixés ou peu mobiles et bien visibles (bulots, moules) et la pêche « à la tâte », qui consiste à fouiller du bout des doigts les interstices et le dessous des rochers. On peut pêcher à pied à l’aide d’un outil, toujours sommaire.
La pêche à pied de loisir est pratiquée par un particulier amateur en vue de sa consommation personnelle et celle de sa famille.
La pêche à pied peut être l'unique source de revenus pour le pêcheur professionnel. On différencie la pêche à pied de loisir, la pêche à pied professionnelle et la conchyliculture (activité d’élevage).
En Bretagne, la pêche à pied de loisir est pratiquée par des dizaines de milliers d’amateurs.
Les produits de la pêche à pied les plus couramment collectés en Bretagne peuvent se répartir de la façon suivante :
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Les crustacés |
crevette grise, bouquet, étrille, araignée de mer, tourteau, homard |
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Les coquillages |
bivalves fouisseurs : palourde, coque, couteau, amande, praire, donax (telline) |
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bivalves non-fouisseurs : huître, moule, coquille Saint-Jacques (rarement car vivant au large) |
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gastéropodes : ormeau, bulot, bigorneau, patelle |
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Les poissons |
sole, plie, bar, congre, lançon, etc. |
Les moules, les coques, les palourdes, les huîtres et les donax sont les plus récoltés. Les tonnages prélevés ne sont pas connus de façon précise à l’échelon national.
Parmi les espèces récoltées par les professionnels, on trouve les palourdes japonaises dans le golfe du Morbihan, les coques principalement dans les Côtes-Armor, les donax (ou tellines) en baie de Douarnenez, en baie d’Audierne et dans la ria d'Etel, les moules en baie de Saint-Brieuc et dans la presqu'île de Rhuys.
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Les coquillages : gastéropode ou bivalve ? Parmi les coquillages, on peut distinguer les gastéropodes dont la coquille est formée d’une seule pièce (bulot, bigorneau, bernique, ormeau, etc.) des bivalves dont la coquille est formée de deux parties distinctes (huître, moule, palourde, coque, pétoncle, couteau, praire, telline, etc.). |
La pêche à pied de loisir s'est développée de façon hétérogène sur le littoral breton, en fonction de la morphologie de l'estran et la facilité d’accès. Elle est surtout pratiquée lorsqu'il existe des gisements de bivalves fouisseurs (palourde, praire, coque, telline, couteau, etc.) sur le sable, la vase. Les fonds rocheux, souvent moins aisés à la marche, concentrent les gastéropodes (bigorneaux, patelles, etc.) et filtreurs non fouisseurs (huître, moule, pétoncle).
Les pêcheurs à pied ne sont pas autorisés dans les ports ou dans les zones conchylicoles.
Tous partagent le même élément... la mer. La ressource en coquillages qu’elle abrite est encore imaginée à tort par beaucoup comme inépuisable. Les pêcheurs locaux ont tendance à penser que les prélèvements de coquillages et crustacés ont un impact sur la ressource. Mais, personne n’a évalué les quantités prélevées chaque année par les particuliers.
S’il est difficile d’apprécier à long terme les variations de la ressource, le stock présente des fluctuations positives ou négatives d’une année sur l’autre. Ces évolutions annuelles peuvent s’expliquer suite à des épisodes climatiques particuliers (canicule), un virus entrainant une mortalité anormale, une fermeture sanitaire prolongée ou un effort de pêche trop important. Ces variations seront très différentes d’un gisement à un autre.
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Des espèces très … convoitées Certaines espèces sont aujourd’hui officiellement considérées comme fragiles et rares. Ce sont souvent des espèces à très forte valeur marchande comme les ormeaux ou les pouces-pieds. Les pouces-pieds ont une croissance lente et une possibilité d'implantation réduite en raison d'exigences écologiques fortes. Ces caractéristiques en font une ressource peu abondante et fragile à l’exploitation. Ce crustacé a pourtant fait l’objet d’une pêche intensive qui a conduit à un fort déclin de ses populations. En France, le pouce-pied n’est présent qu’en Bretagne Sud. La production professionnelle, qui vers les années 1960-1970 a dépassé les 300 tonnes annuelles, est désormais réduite à moins de 50 tonnes. A la fin des années 1990, les professionnels dans une vision de gestion à long terme de la ressource ont réduit l'effort de pêche et ont fait rigoureusement encadrer l’exploitation de ce crustacé. Aujourd’hui, le pouce-pied est une espèce à forte valeur patrimoniale, pour laquelle la Bretagne a un enjeu de préservation à l'échelle européenne. |
Les espèces proliférantes en Bretagne concernent généralement la crépidule Crepidula fornicata et l'huître creuse Crassostrea gigas. A l’heure actuelle, leur prolifération, contrairement à ce que l’on pourrait penser, ne menace pas directement la ressource en coquillages de l’estran. La compétition spatiale qu'elles génèrent ne peut que, tout au plus, déplacer les espèces d'origine vers des sites voisins.
La crépidule est peu présente sur l'estran car elle a besoin de l'eau pour sa respiration. Si on l'y trouve, c'est qu'elle y est échouée et qu'elle y survit (mal).
L'huître creuse quant à elle peut se fermer durant plusieurs heures et s'habitue à l'exondation à marée basse, ce qui lui permet de coloniser l'estran.
L’huître creuse est une espèce cultivée qui jusqu’alors ne se reproduisait pas en milieu naturel. L’augmentation de la température moyenne de l’eau permet aujourd’hui aux huîtres de se reproduire et de coloniser naturellement l’estran. Les huîtres creuses s’agglomèrent jusqu’à former un récif. Ces récifs peuvent favoriser l’accroissement de la biodiversité et de la biomasse. Localement, ce n’est pas une menace pour la ressource mais une gêne notable pour la pratique de la pêche à pied. Les récifs cimentent littéralement le substrat et les coquillages se trouvant dessous deviennent difficilement accessibles aux pêcheurs. Certaines zones, comme la baie de Saint-Brieuc, la rade de Brest, le golfe du Morbihan, connaissent une véritable invasion biologique pouvant entrainer, à cette échelle de prolifération, une banalisation de l’estran.
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