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http://www.bretagne-environnement.org/Mer-littoral/L-homme-et-la-mer/La-peche-a-pied/VivArmor-nature-et-le-Contrat-nature-peche-a-pied
Dernière modification le 17 février 2010
Autrefois pratiquée par les locaux, la pêche à pied ne cesse de se développer auprès des visiteurs estivaux qui aiment au gré des marées ramasser coquillages, crustacés ou autres poissons. Mais cette activité, très souvent pratiquée sans connaissance particulière de la fragilité du milieu naturel pourrait disparaître, et avec elle la biodiversité qui y est associée. Afin de sensibiliser et informer les pêcheurs à pied amateurs, Vivarmor nature s’est lancée, il y a deux ans, dans un Contrat nature « pêche à pied » avec le conseil régional de Bretagne. Franck Delisle, coordinateur du projet, nous en fait découvrir les objectifs.
Il s’agit d’une approche globale de la problématique.
D’une part, il s’agit d’un projet de sensibilisation et d’information des pêcheurs à pied amateurs à une pratique plus respectueuse des ressources naturelles et à une meilleure connaissance de la réglementation. L’objectif n’est surtout pas d’interdire la pêche à pied mais au contraire de pérenniser cette activité.
D’autre part, le projet à pour but de réaliser une évaluation de l’état de santé de l’estran et de l’impact de la pêche à pied sur la biodiversité littorale : état des lieux des pratiques sur les différents sites de pêche, inventaires de la faune et la flore… Il faut, en effet, apporter des éléments scientifiques pour gérer durablement la ressource.
Différentes études (Allain J. 1998, Euzenat J. 2002 et Delisle F. 2004), montrent que prés de 90 % des pêcheurs interrogés ne connaissent pas la réglementation sur la pêche à pied (tailles de capture, périodes de pêche, salubrité…). Ce manque de connaissance porte préjudice au maintien de la ressource et donc à l'activité même de pêche à pied. VivArmor Nature veut donc aller à la rencontre des pêcheurs pour les sensibiliser à une pratique durable de leur activité.
Les organismes et partenaires impliqués interviennent à trois niveaux :
- financier : le conseil régional de Bretagne, le conseil général des Côtes d’Armor, l’Agence des aires marines protégées, Lannion Trégor agglomération, la communauté de Communes Paimpol-Goëlo, la commune de Pléneuf-Val-André et la Fondation nature et découvertes ;
- technique : les collectivités locales, les comités locaux de pêche, les Affaires maritimes, le Conservatoire du littoral, l’association IODDE Oléron et les associations de pêcheurs plaisanciers ;
- scientifique : l’Université UCO de Guingamp, l’Ifremer, l’Institut universitaire européen de la mer, le Museum national d’histoire naturelle, la Réserve naturelle de la baie de Saint-Brieuc et le Réseau des naturalistes costarmoricains.
Nous développons également des actions communes avec la fondation Nicolas Hulot.
L’un des objectifs du Contrat nature est la mise en place d’un réseau à l’échelle régionale : lors du premier comité de pilotage en décembre 2008, nous avons pu rassembler autour d’une même table les représentants du monde scientifique, de l’Etat, des collectivités locales, des associations, des pêcheurs… Il y a 10 ans, cela aurait été « mission impossible » nous a-t-on dit. Désormais, tout le monde prend conscience de l’importance de préserver le littoral pour l’avenir de la pêche à pied. Ce projet s’inscrit pleinement dans le travail mené par le conseil régional de Bretagne, dans le cadre de la « Charte des espaces côtiers bretons ».
Le Conservatoire des espaces littoraux et des rivages lacustres mène actuellement une étude nationale de la pêche à pied, suite au Grenelle de l’Environnement. Fortes de leur expérience de terrain, VivArmor nature et l’association IODDE (qui réalise un travail similaire à Oléron) ont donc intégré le Comité de pilotage.
Les deux premières années ont surtout permis de mieux connaître les pêcheurs à pied (public, pratiques, espèces pêchées…). La première enquête réalisée en 2008 montre que 83 % d’entre eux ne connaissent pas les tailles minimales de capture ! Moins de 1 % se sont renseignés sur l’état sanitaire de leurs sites de pêche… et pourtant les pêcheurs sont les premiers à signaler le manque d’information. A nous de la rendre plus accessible à l’aide d’une réglette de pêche (diffusée à chaque grande marée sur différents sites des Côtes d’Armor), organisation de conférence, animations sur le bord de mer…
Concernant l’impact de la pêche à pied sur le milieu naturel, nous étudions les zones rocheuses fréquentées par les pêcheurs d’étrille et constatons que certaines pratiques peuvent avoir des conséquences visibles, notamment sur la faune et la flore fixées. Un travail similaire à Oléron, encadré par IODDE et l’Université de La Rochelle, a déjà montré que le retournement des rochers par les pêcheurs à pied entraîne 30 % de perte de biodiversité en moyenne !
Par ailleurs, l’ évaluation de certains gisements coquilliers naturels (coques, palourdes, praires…), nous permettra, à long terme, de suivre l’évolution de ces gisements et de gérer durablement les stocks par une meilleure compréhension de leur fonctionnement et une meilleure information des pêcheurs amateurs.
A lire : Le rapport annuel réalisé dans le cadre du Contrat Nature « Gestion durable de l'activité récréative de pêche à pied et préservation de la biodiversité littorale » porté par l'association VivArmor Nature
Afin d’accentuer la sensibilisation des usagers, des panneaux d’information à destination des pêcheurs à pied seront installés prochainement et la diffusion de la règle de pêche sera massive en 2010 sur les sites suivis.
La mise en place, dans un premier temps, de ce projet sur plusieurs sites du littoral costarmoricain sera par la suite étendue aux autres départements bretons avec l’aide des acteurs locaux. C’est dans ce contexte, que VivArmor Nature et la Région Bretagne ont signé, août 2009, la Charte des Espaces Côtiers Bretons.
Tout cela ne pourra se faire sans le soutien des acteurs locaux (associations de plaisanciers, comités des pêches, collectivités…) et sans l’aide des bénévoles, qui constituent les équipes d’intervention à chaque grande marée.
F. Delisle, VivArmor Nature - Saint-Brieuc : Tel. 02 96 33 10 57 - courriel
Propos recueillis par Julie Pagny (GIP Bretagne environnement)
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