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http://www.bretagne-environnement.org/Mer-littoral/Le-contexte-breton/La-frange-littorale
Dernière modification le 16 juin 2005
Le massif Armoricain se prolonge sous la mer où il forme une zone prélittorale ; ne dépassant pas 5 km sur les côtes du Trégor et du Léon, elle s'élargit jusqu'à 30 km voire 50 km dans le golfe normano-breton et au large du Morbihan. Du nord au sud de la Bretagne, les fonds marins de la zone littorale offrent toute une variété d'habitats sédimentaires marins dont la granulométrie dépend des courants de marées.
La péninsule bretonne offre un fort contraste. Au nord ainsi qu'à l'extrême ouest, les fonds côtiers sont faits de cailloutis, les falaises sont abruptes et découpées et les estuaires étroits et profonds (c'est ce qu'on appelle des rias). Au contraire au sud, les côtes sont basses et régulières avec une forte représentation des ensembles sableux et fonds vaseux. Cette répartition est loin d'être le fruit du hasard. Elle s'explique par la nature géologique du massif armoricain certes mais aussi par l'influence de la marée, des courants et des houles.
Les roches apparentes aujourd'hui sur nos côtes se sont mises en place au cours d'une maturation géologique longue et complexe. Le trait de côte alterne roches dures – les granites et les grès armoricains - et roches plus tendres – les schistes ; les plus résistantes forment les caps et les pointes alors que les plus tendres correspondent aux baies et aux anses.
Les courants de marée et la houle interviennent dans le transport et le dépôt des sables, des cailloux et des galets produits par l'altération des roches et d'origine souvent fluviatile. Depuis les matériaux les plus grossiers au plus fins, ils se répartissent sur le littoral en fonction de la force des courants marins.
Au nord, on observe des dépôts résiduels grossiers (cailloutis et graviers) où pointent localement des ensembles rocheux. Ils sont les seuls à résister à des courants de marée qui dépassent souvent trois nœuds. C'est le cas des abords d'Ouessant et des côtes du Trégor. Vers l'est, les vitesses s'amenuisent et les sédiments de plus en plus fins apparaissent, notamment en baie de Saint-Brieuc et du Mont-Saint-Michel. Il y a d'abord les sables grossiers, puis les sables fins qui peuvent s'envaser légèrement au contact des estuaires.
L'amplitude de marée, qui atteint 7 m en vives-eaux moyennes à l'entrée de la Manche, ne fait que croître vers le sud-est, et atteint son maximum avec 11,5 m en baie du Mont-Saint-Michel. Sur les graviers et cailloutis, deux types d'habitats sédimentaires particuliers apparaissent localement : d'une part, les bancs de maërl en baie de Saint-Brieuc, ou de Morlaix, d'autre part les dunes construites à partir du sable moyen. Ce sont les vastes Trezen, dominant les graviers de 15 m de hauteur, au large de Roscoff par exemple.
Au sud de la Bretagne les courants de marée sont beaucoup plus faibles avec des vitesses maximales variant entre 0,8 et 1 nœud. Ces courants sont rotatifs, contrairement aux courants alternatifs de la Manche, et l'amplitude de marée est de l'ordre de 4 à 5 m en vives-eaux moyennes. Au large du pays bigouden, la zone prélittorale domine de 80 m l'immense domaine de la Grande vasière qui occupe la partie centrale du plateau continental entre 90 et 110 m, de la baie d'Audierne au large de la Gironde.
La zone prélittorale comprend une échine rocheuse qui porte les îles de Glénan, Groix, Houat, Hœdic, Belle-Île-en-Mer et la presqu'île de Quiberon. Entre la côte et cette ride prélittorale, sont enfermées des vasières alimentées par les apports continentaux, et parfois en liaison avec la Grande vasière par les trajets des rivières creusés jadis dans cette ride (thalwegs).
Les vasières de la baie de Concarneau et de la baie de la Vilaine dominent l'ensemble de cette dépression prélittorale. C'est pourquoi les sables fins très développés le long des côtes plates de l'Iroise, comme en baie de Douarnenez ou en baie d'Audierne, sont très faiblement représentés sur la côte sud à l'exception du tombolo de Quiberon et de celui du Croisic.
Au-delà de cette distinction nord-ouest/sud en deux grands ensembles contrastés, il faut relever, parfois sur de très courtes distances, une grande variabilité des fonds et du linéaire côtier liée à une alternance de situations (fonds durs-fonds meubles, côte basse-côte haute, zones abritées-exposées, etc.). La combinaison de la nature géologique de la frange littorale et des mouvements marins (courants de marées, houle) favorise une grande diversité de milieux étroitement imbriqués. Pour chacun d'entre eux, il existe un étagement des populations animales et végétales reflétant la transition entre la mer et la terre.
Selon sa nature, la côte évolue différemment. Les falaises rocheuses sont les plus résistantes aux attaques de la mer, alors que les plages de sables ou les cordons dunaires subissent des remaniements perpétuels sous l'action des houles (elles se creusent ou s'engraissent). De même, les marais et vasières accumulent progressivement des matériaux d'origine marine et terrestre.
La houle, les courants marins ou le vent sculpte la frange côtière. Un processus naturel dans lequel l'homme intervient de plus en plus et pas toujours à bon escient. Car les activités humaines peuvent modifier les mécanismes naturels. C'est le cas par exemple de l'aménagement des fleuves, de l'extraction de granulats dans le lit des rivières et en mer, de l'aménagement et des constructions d'ouvrages en bordure de mer, du piétinement des dunes ou encore du drainage des marais littoraux.
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