X Faire un lien vers cette page :
CTRL + C pour copier
http://www.bretagne-environnement.org/Mer-littoral/Le-contexte-breton/Maree-courants-et-houle
Dernière modification le 02 janvier 2003
La mer en mouvement
Marée, courants et houles assaillent la péninsule bretonne. Ils modèlent les fonds marins, façonnent le trait de côte et imposent leurs rythmes aux êtres vivant sur le littoral.
L'ensemble du littoral breton est soumis à l'action des marées. Mais suivant la position géographique, l'amplitude des marées est très variable. La marée est un phénomène semi-diurne, c'est-à-dire que la mer se retire pour revenir 12 heures et 25 minutes plus tard. Le rythme qu'elle impose à la frange littorale et aux les espèces qui y vivent crée des périodes d'immersion et d'émersion plus ou moins prolongées conditionnant l'étagement des êtres vivants sur l'estran.
Le marnage - c'est-à-dire l'amplitude maximale entre la haute et la basse mer - est important en Bretagne ; son maximum est de 14 m dans la baie du Mont-Saint-Michel, puis il diminue en allant vers l'ouest où il est de l'ordre de 7,5 m à Roscoff et de 6 m à Brest. Il se réduit encore en redescendant vers le golfe de Gascogne et se stabilise à une valeur proche de 5 m sur la côte Atlantique.
La marée, en créant le déplacement de masses d'eau importantes sur un laps de temps court, provoque la formation de courants importants près des côtes. Leur vitesse dépend de la forme du littoral et de la profondeur; et des caractéristiques de la marée (cycle vives eaux-mortes eaux).
Les courants de marée atteignent souvent des vitesses de 3 nœuds (1 nœud = 1 mille marin à l'heure, soit 0,5 m/s) sur les côtes nord de la Bretagne, voire jusqu'à 9 nœuds dans certains secteurs comme le passage du Fromveur entre Molène et Ouessant. Les courants sont souvent plus forts dans les zones de rétrécissements (raz de Sein, goulet de Brest, etc.) ; ils sont au contraire plus faibles - rarement supérieurs à 1 nœud - dans les baies (baie de Saint-Brieuc, baie du Mont-Saint-Michel, baie de Douarnenez, etc.) ce qui permet aux sédiments fins de s'y déposer.
En Bretagne Sud, les courants sont souvent rotatifs, et même en ajoutant les courants induits par le vent, ils ne dépassent guère 0,5 à 1 nœud, sauf dans les estuaires (rias) ou dans des passes étroites (golfe du Morbihan).
Les courants mélangent verticalement et horizontalement les masses d'eau marine. De ce fait, ils agissent sur la distribution des sédiments qui tapissent les fonds côtiers et ont un impact sur le milieu vivant.
Les courants de marées sont instantanés et se distinguent de courants dits résiduels qui résultent des actions combinées du vent et de la marée. Ces derniers déterminent la trajectoire d'une particule d'eau à des échelles de temps supérieures à un cycle de marée. Il est important de bien les connaître pour comprendre le piégeage ou la dispersion plus ou moins rapide et sur des centaines de kilomètres, des oeufs, larves, nutriments, substances chimiques diverses et micro-organismes.
Des vagues pouvant atteindre 16 m à Ouessant
La houle, par les vagues qu'elle engendre, est le facteur majeur de turbulence. Liée aux variations climatiques, elle est très contraignante pour les organismes qui la subissent mais son influence se limite à quelques dizaines de mètres de profondeur et peut varier sur de courtes distances : forte au niveau d'un cap, elle faiblit à l'abri de celui-ci.
La Bretagne est exposée directement aux houles de l'Atlantique. Leur influence est notable sur les sédiments jusqu'à une profondeur de 30 m. Elles remettent les sédiments en suspension et des déplacent les matériaux. Elle est prépondérante dans la zone de balancement des marées et du trait de côte. Son impact dépend de son origine (direction, période) ainsi que de la morphologie du littoral.
Les fortes houles venues de l'ouest et du sud-ouest battent la pointe de la Bretagne et produisent, à Ouessant, des vagues pouvant atteindre 16 m. Cette hauteur n'est plus que de 8 à 9 m sur les Heaux de Bréhat et au large de Saint-Malo, et de 7 à 8 m en Manche orientale. Elle s'élève en revanche à 13 m sur la côte sauvage de Belle-Île-en-Mer.
D'une manière générale, le choc de la houle est amorti par les îlots et les récifs côtiers qui agissent comme des barrières naturelles. Ses effets changent en fonction de l'orientation du trait de côte.
Selon l'exposition à la houle et aux vagues, on distingue le mode calme (ou abrité), le mode battu (ou exposé), et le mode intermédiaire semi-battu (ou semi-exposé). Le mode calme correspond généralement à un site côtier, en fond de baie ou protégé par une barrière rocheuse, par opposition au mode battu rencontré autour des récifs du large ou sur les côtes ouvertes face aux vents dominants.
X Partager sur les réseaux sociaux :