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Dernière modification le 20 novembre 2007


les réponses

Gérer la mobilité du littoral


Ouvrage de protection du littoral Ouvrage de protection du littoral

L'artificialisation des rivages est généralement la réponse, souvent insatisfaisante, apportée dans l'urgence lorsqu'un recul du rivage est constaté. Aujourd’hui les experts recommandent plutôt des méthodes d’intervention douces à l’échelle hydro-sédimentaire, indépendamment des limites administratives.


La gestion de l’évolution du trait de côte incombe donc à un nombre élevé d’acteurs qui interviennent à des échelles très différentes. L’Etat n’est soumis à aucune obligation en matière de lutte contre l’érosion marine, et de maintien du trait de côte.

Les collectivités territoriales, les communes, surtout, interviennent fréquemment comme maîtres d’ouvrage dans un but d’intérêt général ; leur rôle a été précisé à l’article L211-7 du Code de l’environnement (codification de l’article 31 de la loi sur l’eau du 3 janvier 1992).

Propriétaires riverains, associations, communes, autres collectivités territoriales ou leurs groupements sont ainsi conduits à s’impliquer, avec des clés de répartition financière très variables en assurant la maîtrise d’ouvrage des études et travaux ou en participant seulement au financement. Pour assurer le financement des besoins, les municipalités ont recours aux attributions de subventions provenant de fonds d’aide régionaux ou européens ou à l’emprunt classique.

Cependant, pour des littoraux de vulnérabilité équivalente, les politiques de protection mises en place par les collectivités territoriales varient considérablement : de la politique du « laisser faire » jusqu’au choix d’une artificialisation totale.

L’artificialisation du trait de côte, une réponse souvent insatisfaisante

La nécessité d’une gestion de la mobilité du trait de côte s’est imposée au cours des dernières décennies suite à la densification des établissements humains implantés sur le littoral et à l’afflux de visiteurs mettant en péril les équilibres géomorphologiques des lieux les plus sensibles. Elle s’est imposée aussi de part les questions relatives au changement annoncé du climat et une éventuelle élévation du niveau moyen de la mer.

Face au recul du trait de côte et les inondations marines, les populations menacées ont mis en place une politique de défense contre la mer, conduisant à fixer le trait de côte par des ouvrages transversaux et longitudinaux par rapport à la côte tels que les épis, perrés ou encore des aménagements de haut de falaise, de haut de plage.

L’effet inverse de ceux espérés s’est souvent produit. De part et d’autre de l’ouvrage, le trait de côte continue à évoluer, parfois même plus intensément qu’avant :perte de surface d’une plage, d’une falaise en aval dérive de l’ouvrage, ruine prématurée des ouvrages de défense contre la mer, inondation régulière des zones basses du littoral.

Mais, tous ces dommages ont un coût financier considérable qui semble justifier la mise en place d’aménagements lourds.

Selon les types de côtes, une pléiade d’aménagements légers, plus adaptés à la lutte contre les processus d’érosion peut répondre aux problèmes d’érosion :
- création de récifs articiels en mer,
- drainage de la plage,
- rechargement en sédiments de la plage,
- reprofilage de plage,
- drainage de falaise,
- reprofilage de falaise,
- protection du pied de falaise,
- boulonnage de la falaise,
- création d’anses stables,
- création de marais,
- rechargement de vasière,
- rétablissement du transit sédimentaire,
- plantation de végétation et stabilisation, etc.

Du fait de ce système local de gestion de la mobilité des littoraux, il apparaît, d’une part, que l’artificialisation des rivages est souvent la réponse apportée lorsqu’un retrait est constaté (enrochements : 33,5 % ; murs : 29,5 % pour l’ouest du Finistère) ; d’autre part, que cette artificialisation est souvent générée dans l’urgence, à la suite d’événements catastrophiques, et ne répond, en définitive, que ponctuellement et de manière épisodique aux crises érosives.

Ainsi, les investissements effectués dans la lutte contre l’érosion ne sont pas uniformes dans le temps, les dépenses les plus importantes étant engagées essentiellement à la suite des tempêtes.

Il apparaît enfin que la multiplication des ouvrages de défense réalisés à l’échelle des communes conduit à une artificialisation de plus en plus étendue du littoral, sans que soit pris en compte le fait que les mécanismes destructeurs sont, généralement, relayés par des périodes de compensation plus lentes, durant lesquelles les dommages sont naturellement réparés.

La gestion de l’érosion côtière ne peut se faire selon les limites administratives, mais à l’échelle fonctionnelle de la cellule hydro-sédimentaire. L’érosion est un processus naturel, certes aggravé et souvent déséquilibré par l'intervention humaine, mais ni bon ni mal par nature. La gestion de l’érosion du trait de côte s’effectue souvent localement. Or, l'échelle de la commune est rarement pertinente car inadaptée à l’échelle des processus naturels responsables des dommages.

Les études et programmes, telle que Eurosion, recommandent un nouveau mode de gestion de l'érosion côtière, à l’échelle de la cellule hydro-sédimentaire et favorisent les méthodes douces (repli, rechargement de plages, etc.). L'artificialisation (qui ne fait souvent que déplacer le problème) doit être réservée aux seules zones ou le repli est impossible.