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http://www.bretagne-environnement.org/Mer-littoral/Les-menaces/L-erosion-cotiere/Plus-de-20-du-lineaire-cotier-breton-soumis-a-l-erosion
Dernière modification le 20 novembre 2007
Rédigé par :
Alain Henaff
(IUEM)
En collaboration avec :
Christophe Le Visage
(Dreal Bretagne)
,
Bertrand Michard (centre D’etudes Techniques Maritimes Et Fluviales)
Toutes les côtes françaises sont concernées par l'érosion du trait de côte. En Bretagne, un peu plus de la moitié du linéaire côtier est stable mais les situations sont localement très contrastées.
Les littoraux évoluent différemment selon leur nature et leur orientation avec pour conséquence le recul ou l'engraissement, l'accrétion (progradation). Ainsi, les littoraux rocheux résistent plus aux attaques de la mer que les littoraux meubles tels que les plages de sable ou les cordons dunaires, qui subissent de perpétuels remodelages, sous les effets des vents, de la houle et/ou des courants marins associés.
Le suivi de cette évolution s'appuie sur l'étude du trait de côte. Le trait côte correspond à la limite jusqu'à laquelle peuvent parvenir les eaux marines lors des fortes tempêtes survenant aux plus hautes mers de vives eaux. A l'échelle de l'Europe, en 2004, environ 20 000 km de côtes est en érosion, avec pour conséquence 15 km2 de terres gagnées par la mer chaque année.
Selon une étude 1 de l'Institut français de l'environnement (Ifen) portant sur l'année 2003, un quart (24 %) du trait de côte en France métropolitaine recule, soit 1 720 km de côtes. A l'inverse, un dixième du littoral est en engraissement et gagne sur la mer. En opposition à ces littoraux mobiles, près de la moitié du linéaire côtier (44 %) est stable. Le reste du linéaire côtier (17 %) est constitué de côtes figées artificiellement (zones portuaires et digues) ou de côtes dont la dynamique n'est pas étudiée (5 %).Ce constat est le même en Bretagne. La très grande hétérogénéité des fonds marins et du linéaire côtier breton implique une forte variabilité des phénomènes d'érosion/stabilité/engraissement.
Plus de la moitié du linéaire côtier naturel documenté de Bretagne et de Loire-Atlantique est stable. Cette part est de 71 % dans le Morbihan. Les littoraux qui gagnent sur la mer (progradation) sont rares. Ils ne représentent, par exemple, que 3 % des côtes naturelles du Finistère.La part du littoral s'érodant est supérieure à la moyenne métropolitaine sur le littoral des Côtes-d'Armor (37 %) et du Finistère (32 %). Des secteurs comme la côte de granite rose, le Léon, le sud Finistère (d'Audierne à Bénodet), le littoral de Port-Louis à la presqu'île de Quiberon sont concernés par l'érosion.
Le littoral naturel d'Ille-et-Vilaine, essentiellement rocheux, est stable, bien que le site naturel de la baie du Mont-Saint-Michel illustre de façon emblématique le phénomène d'accrétion. D'après les données issues du projet Eurosion database, au plan de l'évolution du littoral, la Bretagne ne présente pas de spécificité particulière par rapport aux côtes européennes et françaises.
Agrégés à l'échelle régionale, ces recherches montrent que le linéaire côtier breton est pour 52,6 % stable (357,1 km), pour 23,1 % en érosion (512 km), et pour 3,3 % en accrétion (73,3 km). Il n'y a pas d'information disponible pour 10 % du linéaire du littoral naturel breton et 11 % sont identifiés comme artificialisés.Dans le cadre du programme Erocovul 2 (érosion et vulnérabilité du trait de côte en Bretagne), les recherches menées par le laboratoire Géomer de l'Institut universitaire européen de la mer, fondées sur des études historiques (de 1800 à 2003 à l'aide d'archives municipales, de journaux, etc.) et de mesures de terrain (de 1998 à 2003 sur environ 30 % du linéaire côtier breton - 1 283 km sur les 4 324 km - rias, îles et îlots inclus 3 permettent de dresser une cartographie détaillée de l'évolution du trait de côte régional tant au niveau de la répartition spatiale des dommages que de la répartition temporelle.
Les principales manifestations de l'érosion côtière peuvent être :
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Sur l'estran |
Démaigrissement de l'estran et recul de la ligne de rivage |
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Sur les dunes |
Recul du pied du profil dunaire et création d'une micro-falaise, création de siffle-vent après disparition de la végétaion (sous l'action du piétinement) |
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Sur les falaises |
Création de rigoles d'érosion (sous l'action du piétinement et de la disparition de la végétation), rupture en pans de falaises (sous l'action marine et des conditions hydrométéorologiques) |
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Sur les dépressions arrière-littorales basses |
Submersion des dépressions arrière-littoraux après rupture du cordon littoral |
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Sur les ouvrages |
Rupture et endommagements des ouvrages de protection (enrochements, murs, ganivelles, ) |
L'inventaire des points sensibles à l'érosion du littoral réalisé par le laboratoire Géomer comporte 1 445 données de dommages enregistrés concernant les côtes de bretonnes entre 1800 et 2003, dont plus de 1 300 concernent la période 1949-2003 1 . La distribution spatiale de la localisation des dommages est très hétérogène, mais peu de secteurs côtiers ont été épargnés par les dommages.
L’appréciation de l’évolution temporelle des phénomènes est relativement récente. En effet, les observations ne sont enregistrées que depuis le XIXe siècle. Deux époques peuvent être distinguées.
De 1800 à 1960, le nombre de dommages enregistrés annuellement en Bretagne reste généralement inférieur à 10. Plus on remonte dans le temps, moins on dispose de documents relatifs aux dommages occasionnés sur les rivages. Au XIXe siècle et durant la première moitié du XXe siècle, hormis les violentes tempêtes, notamment celles de 1865, 1882 et 1896, les dommages subis par les rivages sont rarement relatés sauf lorsqu’ils affectent une construction humaine (structure portuaire, digue, polder).
A partir de 1960, le nombre de dommages ne cesse de croître jusqu’en 2003 dû notamment à l’augmentation des constructions en bordure du rivage ou en zone submersible, à l’augmentation des zones naturelles aménagées contre l’érosion marine, etc. Ceci contribue à accentuer la vulnérabilité du trait de côte aux évolutions naturelles des rivages. Enfin, dans cette période les observations sont nettement plus nombreuses qu’avant 1960.
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L'évolution des aléa : tout est dans la perception
L'interprétation des données concernant l'évolution des dommages s'avère très limitée car la perception de l'aléa augmente en fonction de l'exposition des biens et des personnes. L'aléa n'est un risque que s'il s'applique à une zone où des enjeux humains, économiques ou environnementaux sont en présence. D'une manière générale le risque peut se caractériser par de nombreuses victimes, un coût important de dommages matériels, et/ou des impacts sur l'environnement. La vulnérabilité d'une zone ou d'une population par rapport à l'aléa est fonction de son exposition à l'aléa, son degré de sensibilité et de sa capacité d'adaptation. |
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