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http://www.bretagne-environnement.org/Mer-littoral/Les-menaces/La-contamination-chimique/Le-reseau-d-observation-de-la-contamination-chimique-en-Bretagne

 

Dernière modification le 04 mai 2010


qui fait quoi ?

Le réseau d’observation de la contamination chimique en Bretagne


Le réseau d’observation de la contamination chimique en Bretagne Le réseau d’observation de la contamination chimique en Bretagne

Le réseau d’observation de la contamination chimique (Rocch) utilise les moules et les huîtres comme bio-indicateurs pour surveiller les teneurs en métaux et en composants organiques dans les eaux littorales. Découvrons ce réseau avec Didier Claisse, son coordonnateur à l’Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer.


Que fait le réseau d’observation de la contamination chimique en mer (Rocch) ?

Il évalue les niveaux et les tendances de la contamination chimique du littoral. Bien qu’il soit né en 2008, cette surveillance est la suite d’une très ancienne activité à l’ Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer). Le Rocch remplace en fait le réseau national d’observation de la qualité du milieu marin (RNO) qui lui remonte à 1974.

Quels contaminants surveillez-vous ?

Des métaux (argent, mercure, cadmium, chrome, plomb, zinc, cuivre, vanadium, nickel) et des contaminants organiques (organochlorés et hydrocarbures aromatiques polycycliques). Les laboratoires Environnement - Ressources de l’Ifremer - à savoir, en Bretagne, ceux de Dinard, Concarneau et la Trinité-sur-Mer – font des prélèvements de moules et d'huîtres deux fois par an. Elles sont utilisées comme bio-indicatrices de l’état de contamination des eaux littorales dans lesquelles elles vivent. Ces mollusques possèdent en effet, comme de nombreux organismes vivants, la propriété de concentrer les contaminants présents dans le milieu où ils vivent. Ce phénomène de bio-accumulation est lent et nécessite plusieurs mois de présence d'un coquillage sur un site pour que sa concentration en contaminant en devienne représentative. Ces bio-indicateurs ont l'avantage de donner une image de l'état de pollution chronique du milieu, intégrée sur plusieurs mois.

Une autre façon d’évaluer le niveau de contamination chimique des eaux consiste à mesurer les teneurs en contaminants dans les sédiments. En se déposant dans les fonds marins, les sédiments piègent les polluants. Plus les prélèvements sont profonds dans la couche sédimentaire, plus on remonte dans le temps. C’est une façon de retracer l’historique des contaminations.

Le Rocch pratique également la surveillance directe des contaminants dans l'eau pour répondre aux obligations de la directive cadre européenne sur l'Eau (DCE).

Quel est le bilan en Bretagne de ce suivi ?

Sites de surveillance des métaux dans les bivalves du littoral breton pour la période 2003-2007
Sites de surveillance des métaux dans les bivalves du littoral breton pour la période 2003-2007

Si la Bretagne se distingue du reste de la façade Manche Atlantique, c’est par le retard accusé pour voir reculer la contamination en lindane. Il s’agit d’un puissant insecticide organochloré largement utilisé jusqu'à son interdiction en France en 1998. Alors que sur toute la façade Ouest ses teneurs ont baissé rapidement, sur une grande partie des côtes bretonnes, de la baie du Mont-Saint-Michel à Lorient, la décroissance des niveaux de lindane a été plus lente. Et cette portion du littoral apparaît encore comme celui où sont rencontrés les niveaux les plus élevés. Ceci est particulièrement vrai pour l’embouchure de l’Aulne et les points nouvellement suivis des baies de Douarnenez et d’Audierne, ainsi que la pointe de Mousterlin[ 1].

L’embouchure de l’Elorn montre également des teneurs en PCB relativement plus élevées que le reste du littoral breton. C’est une grande famille de composés organochlorés. Leur rémanence, leur toxicité, et leur faculté de bioaccumulation ont conduit à interdire leur usage en France à partir de 1987. Depuis lors, ils ne subsistent plus que dans des équipements électriques anciens, transformateurs et gros condensateurs. La convention de Stockholm prévoit la disparition totale de ces équipements pour 2025.

Comment connaître les résultats du Rocch dans la région ?

De 1988 à 2006, le RNO a édité et diffusé un bulletin annuel, où étaient présentés l'ensemble du programme ainsi que les résultats plus détaillés d'un ou plusieurs volets du réseau. Il publie aussi un rapport annuel de suivi de l'imposex - la masculinisation des femelles de certaines espèces de gastéropodes marins - bio-indicateur spécifique pour la pollution par le tributylétain (TBT). Ce composé était utilisé dans les peintures anti-salissures pour les coques de navires.

Les laboratoires Environnement - Ressources de l’Ifremer publient chaque année un bulletin qui présente les résultats de leur surveillance en Bretagne.

Contact

Didier Claisse, Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer : Tel. : 02 40 37 41 82 -  courriel


[1] Surveillance du milieu marin - Travaux du réseau national d'observation de la qualité du milieu marin – Ifremer (Édition 2006)


Propos recueillis par Emmanuèle Savelli (GIP Bretagne environnement)