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http://www.bretagne-environnement.org/Mer-littoral/Les-menaces/Marees-vertes/Les-premieres-grandes-proliferations-d-algues-vertes-des-le-debut-des-annees-1970
Dernière modification le 05 janvier 2011
Révélées en début des années 1970 sous des formes excessives et gênantes dans certaines baies, les proliférations d’algues vertes en Bretagne n’ont cessé de prendre de l’ampleur tant en volume d’algues qu’en nombre de sites touchés.
En Bretagne, les premières proliférations d’algues vertes ont fait leur apparition dans les années 1960 et sont devenues gênantes dès le début des années 1970 sur les plus grands sites emblématiques (baie de Saint-Brieuc, Lannion, Douarnenez). Initialement irrégulier et de courte durée, le phénomène s’est amplifié au cours de cette décennie puis dans les années 1980 touchant de plus en plus de secteurs côtiers et sur des durées devenant plus longues. On commence alors à parler de « marées vertes ».
Si plusieurs régions côtières d' Europe, depuis la mer Baltique jusqu'à la mer Noire, sont concernées par des proliférations d'algues vertes, les côtes bretonnes sont particulièrement affectées par l’ampleur de celles-ci. Ailleurs plutôt localisées dans des lagunes ou vasières estuariennes, les côtes bretonnes ont la particularité de présenter des proliférations dans de vastes baies sableuses, en plus des proliférations plus « classiques » de type vasière.
Aucune côte bretonne n’est épargnée par les marées vertes mais c’est surtout le littoral nord et principalement les Côtes-d’Armor et le Finistère qui connaissent les proliférations d’ulves sur baies sableuses de fortes ampleurs. Les côtes de Bretagne Sud sont quant à elles plus amplement touchées par des proliférations d’algues vertes sur secteurs de vasières. Selon les observations aériennes réalisées par le Centre d'étude et de valorisation des algues (Ceva), les premiers sites fortement touchés dans les années 1970 sont à présent ceux qui le sont le plus amplement et le plus régulièrement. Le Ceva est chargé de surveiller l’ensemble du littoral pour identifier les secteurs concernés par des échouages dont la proportion d’ulves est jugée « anormale ». Ces sites sont loin de tous répondre à la définition de « marée verte » qui fait référence aux baies touchées une grande partie de la saison par des échouages massifs d’ulves.
Cinq secteurs concentrent plus de 85 % des échouages d’algues vertes sur baies sableuses. Il s’agit de la baie de la Fresnaye, la baie de Saint-Brieuc, l’Anse de Binic, la baie de Saint-Michel-en-Grève et la baie de Douarnenez.
Le phénomène démarre au printemps avec de petits fragments d’algues (thalles) d’aspect proche des fragments de feuilles de laitue en suspension dans l’eau. En fonction des secteurs côtiers et de leur propension à conserver les thalles de l’année précédente, la présence d’algue est déjà bien établie en avril pour les plus précoces ou en juin voire juillet pour les plus tardifs. La croissance des algues est particulièrement rapide de mai à juillet impliquant des surfaces d’échouage qui sont maximales à l’échelle régionale entre mi-juin et mi-juillet.
A marée descendante les algues peuvent se déposer en quantité importante sur certaines des plages de sable des baies concernées. En haut de l’estran, les algues non reprises par les marées d’amplitude décroissante sèchent en surface et se décomposent sous la croûte superficielle générant des jus noirâtres et l’émission de Sulfure d’Hydrogène (H2S) d’odeurs caractéristique d’œuf pourri. Un ramassage régulier doit alors être opéré afin d’éviter cette putréfaction qui occasionne de nombreuses nuisances pour les riverains, les touristes, l’environnement ainsi qu’un danger en cas d’inhalation du H2S en concentration élevée.
Les algues subsistent à un niveau élevé durant toute la saison estivale sur la plupart des sites, pour diminuer plus fortement à l’automne avec les conditions devenant moins favorables à leur maintien : diminution de la durée du jour et de l’intensité lumineuse, vent et houle rendant le milieu plus dispersif puis, plus tard, température de l’eau trop basse pour leur pleine croissance.
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