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http://www.bretagne-environnement.org/Mer-littoral/Les-menaces/Proliferations-de-phytoplancton/La-surveillance-du-phytoplancton-et-des-phycotoxines-en-mer

 

Dernière modification le 07 janvier 2010


qui fait quoi ?

La surveillance du phytoplancton et des phycotoxines en mer


Campagne de prélèvements pour le Rephy Campagne de prélèvements pour le Rephy

Le réseau de suivi du phytoplancton et des phycotoxines en mer, l’Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) s'intéresse à la qualité des eaux côtières et la présence de toxines dangereuses pour les consommateurs de coquillages. Catherine Belin, coordonnatrice de ce réseau à l’Ifremer, revient pour nous sur l’évolution de ses missions depuis sa création en 1984.


Quelles sont les missions du réseau de surveillance du phytoplancton et des phycotoxines marins ?

Son histoire a démarré en 1984. Cette année-là, il y a eu plusieurs milliers de cas d’intoxications alimentaires chez des consommateurs de coquillages sur les côtes bretonnes qui ont conduit l’Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) à créer le réseau de surveillance du phytoplancton et des phycotoxines en mer (Rephy). Le réseau observe toutes les espèces de phytoplancton marin, et il s’intéresse en particulier à certaines d’entre elles (Dinophysis, Alexandrium, Pseudo-nitzschia) qui peuvent produire des toxines dangereuses pour les consommateurs de coquillages.

Le Rephy a ensuite évolué en fonction des évolutions techniques ou de l’apparition de nouvelles toxines. Ainsi, en 1988, il a repéré pour la première fois, dans le nord du Finistère, Alexandrium minutum, une algue productrice de toxines paralysantes. Puis, le réseau a étendu son champ d’action pour répondre à l’arrivée de la directive cadre sur l’Eau. Adoptée en 2000, elle a pour objectif d’atteindre le bon état écologique des eaux. Le Rephy doit aussi permettre à la France de répondre aux conventions internationales telles que la convention Ospar, pour les aspects phytoplancton, chlorophylle et hydrologie en Manche-Atlantique. La surveillance menée par le Rephy concerne donc aussi la qualité environnementale des eaux côtières et lagunaires.

Comment fonctionne le réseau ?

En Bretagne, il y a trois laboratoires Environnement et Ressources de l’Ifremer situés à Dinard, Concarneau et la Trinité-sur-Mer. Chacun effectue pour son littoral, les prélèvements, les observations et les analyses, la saisie des données, la valorisation et la diffusion des résultats aux niveaux régional et national.

Les laboratoires dénombrent et identifient les espèces de phytoplancton pour mieux comprendre leur répartition géographique et leur évolution dans le temps. Ils suivent en particulier celles qui prolifèrent et celles qui produisent des phycotoxines afin de comprendre les contextes dans lesquels elles apparaissent. Ils analysent aussi la chair des mollusques bivalves présents dans les zones de production ou dans les gisements naturels pour y rechercher la présence des toxines.

Dans le cadre de notre surveillance environnementale des eaux côtières, nous mesurons plusieurs paramètres hydrologiques de base qui nous servent à comprendre l’activité biologique des écosystèmes côtiers. Ainsi, les variations de température et la salinité influent sur la production et la diversité phytoplanctonique. C’est le cas aussi de l’opacité du milieu, des teneurs en oxygène dissous et en éléments nutritifs.

Que se passe-t-il en cas d’apparition d’une espèce toxique ?

Les zones et les périodes à risques définies tous les ans sur la base de ce qui s’est passé les six dernières années font l’objet d’une observation particulière. Car nous essayons autant que possible d’anticiper la crise sanitaire. Nous mettons à profit nos séries temporelles afin de renforcer notre surveillance pour certaines espèces toxiques. Sur la base des 6 dernières années, nous évaluons où et quand cette surveillance doit être accrue. Bien sûr, ces zones et périodes doivent être actualisées chaque année.

Chaque espèce de phytoplancton toxique présente sur les côtes françaises est associée à un seuil d'alerte qui peut être revu annuellement si besoin est. S’il est dépassé, nous recherchons les toxines concernées dans les coquillages. Mais nous pouvons aussi déclencher la procédure l’alerte suite à des observations extérieures comme des mortalités d’animaux marins, le signalement d’intoxications suite à la consommation de coquillages, etc.

Dès lors que nos laboratoires détectent une contamination par une phycotoxine, nous informons une liste de destinataires comprenant des administrations nationales (direction générale de l'alimentation, agence française de sécurité sanitaire des aliments, etc), des administrations régionales (préfecture, Affaires Maritimes, service vétérinaires, direction départementale des Affaires Sanitaires et Sociales, etc), les sections régionales conchylicoles. Si cela s’avère nécessaire, le préfet interdit la commercialisation des coquillages dans le secteur concerné.

Comment connaître les résultats de la surveillance du Rephy ?

Chaque année, les laboratoires Environnement et Ressources de l’Ifremer publient un document de synthèse sur la qualité du milieu marin littoral. Les données du Rephy aussi consultables ou téléchargeables sur le site Internet de l'Ifremer. On y trouve les séries temporelles pour les espèces phytoplanctoniques toxiques, les toxines (pour les résultats relatifs aux tests et analyses réglementaires) et les paramètres hydrologiques, depuis 1987. La mise à jour est faite trimestriellement.

Contact

Catherine Belin, Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer : courriel


Propos recueillis par Emmanuèle Savelli (GIP Bretagne environnement)