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http://www.bretagne-environnement.org/Mer-littoral/Quelles-actions/Le-reseau-benthique-Rebent

 

Dernière modification le 04 août 2010


qui fait quoi ?

Le réseau benthique Rebent


Le réseau benthique Rebent Le réseau benthique Rebent

Opérationnel depuis 2003 en Bretagne, le réseau benthique Rebent s’appuie sur une communauté de chercheurs spécialisés sur les fonds côtiers, leur faune et leur flore. Touria Bajjouk, coordinatrice du réseau en Bretagne, nous présente le fonctionnement du Rebent et les résultats auxquels il est parvenu.


Qu’est-ce que le réseau benthique ?

Le réseau benthique Rebent assure la surveillance du benthos marin - c’est-à-dire de l’ensemble des organismes liés aux fonds (algues, plantes aquatiques, vers, mollusques, crustacés, poissons, etc.) - vivant dans la zone de balancement des marées et les petits fonds côtiers de France métropolitaine. Il a été créé à la suite du naufrage de l’Erika lorsqu’il est apparu qu’on connaissait mal ces écosystèmes et qu’il était donc difficile d’appréhender leurs évolutions suite à des pollutions chroniques ou accidentelles.

Le Rebent est opérationnel depuis 2003 en Bretagne. La région a d’ailleurs fait office de pilote. Depuis, il se déploie peu à peu dans le reste de la métropole, répondant ainsi à la directive cadre sur l’eau. Mais c’est en Bretagne qu’il reste le plus développé.

Que nous indiquent les évolutions de la biodiversité sur la frange littorale ?

Les espèces des fonds marins intègrent les fluctuations des milieux côtiers, qu’elles soient d’origines naturelles ou humaines. Si l’on veut évaluer l’impact des pollutions et du changement climatique, il est donc important d’acquérir des données de référence sur ces espèces.
C’est également cette connaissance qui aide à définir des mesures de gestion ou de protection appropriées pour les milieux naturels de la frange littorale. Elle intéresse par exemple les gestionnaires du réseau écologique européen Natura 2000 et des aires marines protégées.

Quels sont les organismes de recherche qui participent au Rebent en Bretagne ?

Ce réseau coordonné par l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer associe plusieurs partenaires scientifiques : deux laboratoires (Lemar et Lebham) de l’Institut universitaire européen de Brest, la station biologique de Roscoff ainsi que la station marine du Muséum national d’histoire naturelle à Concarneau, le laboratoire de géomorphologie de Dinard (Ephe/CNRS) et enfin le Centre d’étude et de valorisation des algues de Pleubian.

De quels moyens disposez-vous ?

Chaque année en moyenne, une dizaine de chercheurs ainsi que plusieurs ingénieurs et techniciens interviennent dans le cadre du Rebent, sur le littoral breton. Les moyens utilisés pour acquérir des données sont très variés… et peuvent être imposants ! À titre d’exemple, depuis 2003, pour réaliser la cartographie sectorielle de 650 km2 en zone subtidale (zone des fonds côtiers toujours immergée), nous avons effectué 6 500 km de profils acoustiques, 800 prélèvements de sédiments et 450 prélèvements biologiques.

Quels sont les résultats du réseau à ce jour ?

Sites de surveillance du réseau benthique Rebent
Sites de surveillance du réseau benthique Rebent

Une des premières actions du Rebent a consisté à mettre à disposition du plus grand nombre, sur son site Internet ( www.rebent.org), de nombreuses données historiques acquises pour la plupart durant des campagnes de prospections benthiques au cours des années 1960-1970. Pour cela, les données ont été numérisées et intégrées à un système d’information géographique. Un atlas de ces données est en cours d’élaboration.

L’analyse des données historiques et de résultats de prospections complémentaires récentes a permis d’établir un inventaire des habitats remarquables en Bretagne - comme les bancs de maërl ou les herbiers de zostères - que l’on trouve dans les très petits fonds côtiers et la zone de balancement des marées.

Le Rebent suit aussi de façon plus systématique l’évolution du couvert algal toujours dans cette zone de balancement des marées. Nous venons d’élaborer un bilan régional sur les zones où les fucales ont progressé ou régressé en traitant des images Spot. Pour les laminaires, nous avons utilisé une autre méthode, la cartographie prédictive à partir de données physiques telles que la bathymétrie ou encore l’action des vagues et des courants de marée. Nous avons également produit une synthèse sur les herbiers, accessible sur note site Web.

Les habitats côtiers d’une vingtaine de secteurs de référence répartis sur toute la frange littorale bretonne - dont des sites du réseau écologique européen Natura 2000 - font l’objet d’une cartographie détaillée grâce à la mise en œuvre d’outils modernes et variés[ 1] (télédétection satellitaire et aéroportée, acoustique et vidéo sous-marine, etc.).

S’agissant du suivi de la biodiversité, des mesures plus localisées de paramètres biologiques sont réalisées en zone intertidale et subtidale pour une sélection d'associations faune/flore vivant dans des écosystèmes témoins de fonds rocheux et meubles (par exemple le maërl). Ce niveau permet de mesurer finement l’évolution des habitats et de la biodiversité associée.

Contact pour en savoir plus

Touria Bajjouk, Réseau benthique Bretagne : Tel. 02 98 22 41 56 – Courriel  


[1] action réalisée avec le soutien du projet européen Marine european seabed habitat


Propos recueillis par Emmanuèle Savelli (GIP Bretagne environnement)