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http://www.bretagne-environnement.org/Mer-littoral/Quelles-actions/Les-parcs-naturels-marins-en-Bretagne/Le-parc-naturel-marin-d-Iroise
Dernière modification le 01 avril 2010
Premier du genre, le parc naturel marin d’Iroise est un outil juridique qui a pour vocation de protéger l’environnement marin tout en assurant le développement durable des activités et des usages liés à la mer. Philippe Le Niliot, chargé de la coordination scientifique au parc, nous présente le fonctionnement et les actions engagées par le parc depuis sa création en 2007.
C’est un outil juridique qui cherche à concilier collectivement la protection de l’environnement et le développement durable de vastes espaces marins sur lesquels coexistent un patrimoine naturel remarquable et de multiples usages de la mer et de ses ressources. La loi fixe trois objectifs principaux aux parcs naturels marins : connaître le milieu marin, le protéger et assurer le développement durable des activités qui en dépendent.
Un parc marin se définit par un périmètre, son conseil de gestion (une plate-forme de prise de décisions collectives) et des orientations, concertées et mises en œuvre par le conseil.
Celui d’Iroise a été créé le 28 septembre 2007. Premier du genre en France, il s’étend sur 3 500 km2, soit l’équivalent de la moitié du Finistère !
Sur 300 km de côte en Iroise, on observe à peu près toute la diversité des habitats bretons dans un état de conservation intéressant. Cette biodiversité remarquable - d’intérêt national voire international, l’Iroise la doit à sa position géographique. À la frontière entre la mer Celtique et le golfe de Gascogne, elle dispose d’une grande variété de fonds marins, de conditions hydrodynamiques et océanographiques particulières.
L’Iroise possède d’autres critères importants pour justifier de la création du parc marin. Car c’est aussi un espace où se concentrent plus d’une centaine d’activités liées à la mer et à ses ressources. Certaines de ces activités sont intenses et importantes, comme par exemple la pêche maritime. Les enjeux sont d’éviter les conflits d’usages et de veiller à limiter l’impact des activités humaines sur l’environnement (dérangement des animaux, sur-pêche, marées vertes, déballastages illégaux etc.).
L’Iroise réunissait donc toutes les conditions pour créer un parc marin et devenir une zone pilote pour la bonne gestion de ce contexte de multi-usages côtiers.
Le parc est doté d’un conseil de gestion qui se veut un lieu d’échange, d’information et de réflexion sur les problématiques de l’Iroise et l’évolution de l’environnement marin. L’ Agence des aires marines protégées lui fournit des moyens pour réaliser sa politique de gestion.
Le conseil associe l’État, les collectivités ( conseil régional de Bretagne, conseil général du Finistère, communautés de communes et les îles), les professionnels de la mer et les usagers. S’y ajoutent le Parc naturel régional d’Armorique, des associations de protection de la nature ( Bretagne vivante, Eau et rivières de Bretagne) ainsi que des personnes qualifiées de diverses institutions régionales ( Institut universitaire européen de la Mer, Océanopolis, Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer, Conservatoire du littoral).
Ce conseil doit établir le plan de gestion du parc – un travail se terminant en 2010 pour l’Iroise – qui fixe pour 15 ans les actions collectivement mises en œuvre. Le plan de gestion comporte trois parties. Tout d’abord un état initial des connaissances. Puis les sous-objectifs et les indicateurs de suivi pour évaluer l’efficacité des mesures mises en place. Enfin, une transcription cartographique localisée des objectifs sous la forme d’une carte dite des vocations.
Avant la création du parc, les impacts des différents usages et activités sur l’environnement étaient gérés de façon sectorielle. Désormais, toutes les problématiques sont reliées les unes aux autres et envisagées au travers d’un prisme commun : la protection de l’environnement.
Le décret de création du parc naturel marin d’Iroise a déterminé dix objectifs. Il s’agit d’approfondir et de diffuser la connaissance sur les écosystèmes marins, de maintenir des populations d’espèces protégées et leurs habitats, de réduire les pollutions d’origine terrestre et maritime.
Désormais toute activité qui peut altérer de façon notable l’environnement doit recevoir un avis conforme du conseil de gestion. Toute la difficulté est de définir ce qu’est un effet notable sur l’environnement. Il faut prendre en compte la sensibilité particulière de l’Iroise, l’évolution des pratiques dans le temps et l’espace – en particulier leur intensification. Les activités ayant un effet notable seront précisées dans le plan de gestion du parc.
Nous avons lancé plusieurs projets dans les domaines de la pêche, du patrimoine naturel et de la qualité de l’eau.
Ainsi, nous travaillons avec des pêcheurs volontaires, et en partenariat avec l’Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), pour caractériser les effets des engins de pêche sur l’environnement.
Nous sommes en train de cartographier les ceintures d’algues de l’archipel de Molène. Ce champ d’algues est le plus grand en France. Il est exploité depuis plus de 150 ans par les goémoniers bretons. Nous espérons utiliser ce travail pour mieux gérer le stock et suivre l’état de conservation de la ressource.
Nous travaillons également au suivi du requin pèlerin avec l’Association pour l’étude et la conservation des sélaciens. Avec d’autres partenaires comme Océanopolis, nous sommes impliqués dans le suivi de phoques gris et le projet Pingiroise. Pour ce projet, des pêcheurs testent l’installation de répulsifs acoustiques sur les filets de pêche pour éviter les captures accidentelles de petits cétacés.
Autre chantier important : le suivi de la qualité de l’eau. C’est un enjeu essentiel du parc qui connaît des phénomènes de proliférations d’algues vertes et de phytoplancton toxique (notamment en baie de Douarnenez). Nous cherchons à densifier les réseaux de mesure existants en conservant les mêmes protocoles afin d’avoir une information locale détaillée. Ceci nous permettra de mieux identifier les sources de pollutions et d’y apporter les meilleurs remèdes.
Philippe LE NILIOT, Parc naturel marin d’Iroise : Tel. 02 98 46 63 30 ou courriel
Propos recueillis par Emmanuèle Savelli (GIP Bretagne environnement)
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