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http://www.bretagne-environnement.org/Patrimoine-naturel/La-faune/Les-invertebres/La-faune-du-sol/Des-ecosystemes-complexes-dans-les-sols

 

Dernière modification le 09 novembre 2006


comment ça marche ?

Des écosystèmes complexes dans les sols

Rédigé par :

Emmanuèle Savelli (GIPBE) , 
Paul Don Jean Agrocampus Ouest (Agrocampus Ouest)

En collaboration avec :

Daniel Cluzeau Unité mixte de recherche Ecosystème, biodiversité, évolution (Ecobio)




Pique-prune ou Barbot Pique-prune ou Barbot

Dans un mètre carré de sol de prairie permanente vivent en moyenne 260 millions d’êtres vivants, soit 1,5 t/ha ou l’équivalent de deux vaches sous terre ! Une vie cachée qui, parce qu’elle est souterraine, passe le plus souvent inaperçue.


Le sol est surtout peuplé de bactéries et d’actinomycètes, mais également de champignons, d’algues et d’une faune dont l’abondance n’a d’égal que la variété. Par sa nature chimique et physique complexe, le sol offre des habitats très diversifiés : il peut tout aussi bien accueillir un ver de terre de 10 cm creusant des galeries sur un demi mètre de profondeur, que des nématodes de 0,2 mm ne quittant jamais leur agrégat gros comme un noyau de cerise.

Azuré des mouillères
Azuré des mouillères

D’un sol à l’autre, les différences en terme de biodiversité sont grandes : la communauté des vers de terre ne dépasse pas 100 individus/m2 dans des sols pauvres en matière organique alors qu’elle atteint plus de 1 000 individus/m2 dans des sols riches. Plusieurs espèces utilisent aussi le sol de façon temporaire pour se protéger des aléas climatiques ou pour se transformer. C’est le cas, par exemple, de nombreux papillons qui se métamorphosent sous terre avant de mener une vie uniquement aérienne.

Tous les types de régimes alimentaires sont présents sous terre : certains animaux mangent des racines, d’autres des organismes vivants ou morts, d’autres encore des déjections, des débris végétaux ou de petits fragments organiques. Quelle que soit leur taille, tous ces habitants, au cours de leur cycle biologique, interagissent avec leur milieu, modifiant sa structure et sa composition. Il y a ceux qu’on nomme les ingénieurs : en creusant, grattant et retournant la terre, ils brassent la matière organique et structurent le sol. Et puis, il y a ceux qui fragmentent et broient cette matière organique, la préparant ainsi pour que d’autres la décomposent.

La faune du sol, du plus petit au plus grand

Quatre grandes catégories d’êtres vivants, classés selon leur taille, cohabitent dans le sol et interagissent plus ou moins avec lui. Il y a d’abord les vertébrés qui creusent des terriers et des galeries : serpents, renards, lapins, taupes, etc. Hormis ces dernières, ce sont surtout des locataires temporaires ; passant le plus clair de leur temps en surface, ils interagissent peu avec le sol.

Faune du sol
Faune du sol

Viennent ensuite les invertébrés - en fait l’essentiel de la faune souterraine - et la microflore. Ils se séparent en trois groupes ; ceux de plus de 4 mm de long, comme les fourmis, termites, mille-pattes, vers de terre, escargots et araignées, qui parcourent les différentes couches du sol ; les nématodes, collemboles et acariens dont la taille varie de 0,2 mm à 4 mm ; enfin ceux de moins de 0,1 mm, les plus nombreux et les plus petits, qui ne quittent jamais le sol et regroupent les protozoaires, les algues, les champignons et les bactéries. À l’origine d’une grande biodiversité, ces animaux sont pourtant peu connus. Ils appartiennent à des écosystèmes souterrains plus ou moins imbriqués et complexes dont la taille varie de l’agrégat au profil de sol, en passant par la motte de terre.

Comme dans tout écosystème, les habitants du sol sont soumis à des agressions auxquelles ils peuvent plus ou moins s’adapter. Tout ce qui touche à la structure du sol, qui modifie son aération, sa compacité, sa texture mais aussi son acidité ou les éléments chimiques qui s’y trouvent, a un impact sur eux et donc sur le bon fonctionnement du sol. Ils doivent affronter la dessiccation, les inondations, les incendies, le retournement non modéré du sol ou les labours profonds qui blessent les animaux, exposent les organismes du sol aux prédateurs et aux rayons du soleil, l’usage intensif des engrais minéraux et des pesticides, etc.

Les agressions contre les animaux du sol sont nombreuses et si, pour le moment, aucune réglementation ne concerne la dimension biologique des sols, l’Europe a tout de même identifié la perte de biodiversité des sols comme une réelle menace[ 1].


Sources

Le sol vivant - J.-M. GOBAT, M. ARAGNO, W. MATTHEY - 2003 (2
Sols et environnement Cours et études de cas. - M.-C. GIRARD, C. WALTER, J. BERTHELIN, J.-C. REMY et J.-L. MOREL - 2005
Le guide illustré de l'écologie - B. FISCHESSER et M.-F. DUPUIS-TATE - 1996