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http://www.bretagne-environnement.org/Patrimoine-naturel/La-faune/Les-invertebres/Les-invertebres-continentaux/Pesticides-et-la-fragmentation-de-leur-habitat-menacent-les-invertebres

 

Dernière modification le 30 mars 2005


les impacts

Pesticides et la fragmentation de leur habitat menacent les invertébrés

Rédigé par :

Muriel Chevrier Groupe d'étude des invertébrés armoricains (GRETIA) , 
Emmanuèle Savelli (GIPBE)




Grande Nébrie des sables Grande Nébrie des sables

En Bretagne, comme ailleurs, les pesticides sont une des causes de disparition des invertébrés. A cette menace chimique s'ajoute celle de la destruction ou de la modification des habitats.


Utilisés massivement en milieu rural comme en ville dans des espaces collectifs - parcs, infrastructures de transport - et jardins individuels, les pesticides recouvrent un large spectre menaçant les invertébrés. Il s'agit aussi bien d'insecticides employés pour lutter contre des espèces dites indésirables que d'herbicides qui contaminent indirectement les invertébrés phytophages ou leurs prédateurs. Pulvérisés en milieu aérien, ils se déposent sur le sol et sont emportés par les eaux de pluie vers les cours d'eau. Souvent peu sélectifs, ils détruisent aussi bien des invertébrés volants et terrestres, qu'aquatiques.

Les invertébrés sont également sensibles à la fragmentation des milieux, à l'appauvrissement de la biodiversité liée à la montée de la monoculture - notamment en maïs -, et à la pollution chronique. L' argyronète, par exemple, est une araignée aquatique qui colonise exclusivement les mares ou les étangs non pollués.

A la petite taille des invertébrés s'ajoutent les exigences spécifiques d'espèces qui ne se développent que dans certains micro-habitats. Ainsi le pique-prune ne vit que dans de vieux arbres creux ; la grande nébrie des sables préfère, quant à elle, les laisses de mer constituées de varech et d'algues déposées lors des fortes marées.

Or les habitats ou micro-habitats sont de plus en plus menacés, en particulier dans les zones humides et les zones littorales, très riches en biodiversité. Ainsi, le ramassage du bois mort en forêt limite l'implantation d'espèces qui se nourrissent de bois en décomposition, les saproxylophages. Autre exemple, celui du nettoyage abusif des plages : il ne supprime pas seulement les laisses de mer et les bois échoués, mais aussi la faune associée composée surtout de d'espèces se nourrissant de déchets, les détritiphages. Ces espèce fragmentent la matière organique qui sert à la fois de nourriture pour les mollusques et les vers de bas de plage et permet aux premiers végétaux de s'implanter en haut de plage.