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http://www.bretagne-environnement.org/Patrimoine-naturel/La-faune/Les-invertebres/Les-invertebres-continentaux/Que-sait-on-des-invertebres-continentaux-en-Bretagne

 

Dernière modification le 30 mars 2005


état des lieux

Que sait-on des invertébrés continentaux en Bretagne ?

Rédigé par :

Emmanuèle Savelli (GIPBE) , 
Muriel Chevrier Groupe d'étude des invertébrés armoricains (GRETIA)




Anax empereur se chauffant sur le sable Anax empereur se chauffant sur le sable

Omniprésents et pourtant méconnus

Le Groupe d'étude des invertébrés armoricains a commencé en 1996 à recenser les connaissances sur les invertébrés continentaux - c’est-à-dire tous ceux qui ne sont pas marins - en Bretagne. Grâce à ce travail, il est possible aujourd'hui pour plusieurs espèces terrestres et aquatiques d'eau douce de préciser leurs caractéristiques écologiques et leur répartition géographique en Bretagne. Les résultats ont été publiés dans un ouvrage paru en 2004.


Pour faire le bilan des connaissances sur les invertébrés continentaux en Bretagne[ 1], le Groupe d'étude des invertébrés armoricains (Gretia) s'est appuyé sur la recherche bibliographique, sur des naturalistes spécialistes et sur l'analyse des collections de référence (Oberthür, etc.) [2]. La synthèse de ce travail a permis au Gretia de déterminer des listes pour 19 groupes d'invertébrés dans chaque département breton et d'estimer à 11 000 le nombre d'espèces d'insectes présentes en Bretagne.

A première vue, le Morbihan puis l'Ille-et-Vilaine apparaissent comme plus riches en invertébrés, en comparaison du Finistère et des Côtes-d'Armor. On a recensé par exemple 98 papillons de jour dans le Morbihan contre 51 pour le Finistère. Mais ces différences sont liées aussi bien à des influences géographiques qu'à l'intensité variable de prospections naturalistes sur le terrain. Et il est important de noter que souvent le nombre d'espèces d'invertébrés est sous-estimé par manque de moyens pour prospecter et par manque de connaissances. C'est le cas, notamment, de plusieurs familles de familles de mouches (diptères)

De façon générale, pour la plupart des groupes d'invertébrés, plus la latitude augmente plus la richesse diminue. La situation géographique du Morbihan favorise donc effectivement la présence d'espèces méridionales comme le criquet de Jago (Dociostaurus jagoi occidentalis) ou les papillons thermophiles.

Des espèces déterminantes pour la Bretagne

Pique-prune ou Barbot
Pique-prune ou Barbot

Le Gretia a évalué la valeur patrimoniale régionale des invertébrés en considérant les espèces rares, protégées ou menacées, les espèces endémiques ou dont la limite de répartition se situe en Bretagne, et les espèces fréquentant des milieux de fort intérêt patrimonial eux-mêmes rares ou menacés. Ce sont, par exemple, les tourbières, les vasières, des landes et des dunes.

Sur les 1 183 espèces d'invertébrés étudiées, 351 apparaissent comme déterminantes en Bretagne. Parmi celles-ci, 45 espèces d'invertébrés terrestres (2 mollusques, 1 crustacé, 1 araignée et 41 insectes) sont considérées comme menacées [3]. En caractérisant la valeur ou l'état de conservation de milieux de fort intérêt patrimonial, les espèces déterminantes pourraient être utilisées comme bio-indicateurs de leur évolution.

Ce premier travail a permis de faire un bilan sur 65 groupes d'invertébrés relativement bien connus. Les principaux résultats sont compilés dans l'ouvrage Les invertébrés continentaux de Bretagne. Toutefois, beaucoup de groupes, comme les nombreuses familles de diptères, d'hyménoptères ou de coléoptères, restent encore à étudier. Parallèlement à la poursuite de ce bilan des connaissances, le Gretia travaille aujourd'hui sur un état des lieux de la présence du pique-prune (espèce protégée par la directive Habitats) en Bretagne et l'étude du cortège d'espèces de deux milieux patrimoniaux : les tourbières et les landes humides, ainsi que les dunes

Portraits d'invertébrés présents en Bretagne

Dans son ouvrage Les invertébrés continentaux de Bretagne édité en 2004, le Gretia nous présente quelques espèces que l'on peut rencontrer en Bretagne.

Voici quelques extraits de ce livre :
- l' argyronète, une araignée qui a inventé « la cloche à plongeurs » ;
- l' azuré des mouillères un papillon qui « naît dans une fleur et grandit dans une fourmilière » ;
- le damier de la succise, un papillon dont « les jeunes chenilles grandissent dans une crèche de soie » ;
- l' écrevisse à pattes blanches, une « indigène de nos cours d'eau » ;
- l' escargot de quimper, un « bigouden coiffé d'un béret basque » ;
- la grande nébrie des sables, un carabique des hauts de plage ;
- la mulette perlière, une moule d'eau douce qui a besoin pour vivre des salmonidés ;
- le pique-prune, « un voisin discret, hôte de nos vieux arbres » ;
- le sympétrum noir, un « hôte sombre et discret des tourbières » ;
- et la testacelle blanche, une « limace carnivore de nos jardins ».


  • [1] Ce projet a fait l'objet d'un contrat Nature, en partenariat avec le conseil régional de Bretagne, la direction régionale de l'environnement en Bretagne, les conseils généraux et l'Europe.
  • [2] Un musée d'histoire naturelle à Rennes : un renouveau. Bulletin et mémoires de la société archéologique et historique du département d'Ille-et-Vilaine, tome CVII : pp. 281-302 - A. Canard et F. Ysnel (2003)
  • [3] Intégration des invertébrés continentaux dans la gestion et la conservation des espaces naturels