Logo

http://www.bretagne-environnement.org/Patrimoine-naturel/La-faune/Les-mammiferes/Le-lapin-de-garenne

Dernière modification le 24 octobre 2005

PDF Imprimer
  • -
  • +

fiche nature

Le lapin de garenne

Rédigé par :

Olivier Santoni (ONCFS)

En collaboration avec :

Jérôme Letty (ONCFS)




Lapin de garenne Lapin de garenne

Introduit par l'homme dans notre région, le lapin de garenne, Oryctolagus cuniculus, a trouvé en Bretagne, un terrain très favorable à son installation et à son développement. Mais, contrairement à l'idée communément répandue, ce n'est plus l'espèce extrêmement présente d'autrefois.


Espèce d'origine méditerranéenne, le lapin de garenne a été introduit par l'homme sur tout le territoire français au cours du Moyen-Âge. Il fréquente les milieux ouverts présentant une mosaïque d'habitats, et évite les grands ensembles uniformes et les zones humides. Il est ainsi très présent dans le bocage où sont imbriqués les trois éléments qui lui sont indispensables : des sols profonds, meubles et filtrants, où il creuse ses terriers, des couverts végétaux ensoleillés pour s'abriter et des zones de végétation rases pour s'alimenter. Les terriers étant faciles à creuser dans le sable, les dunes forment également un habitat favorable pour le lapin.

Les lapins forment de petits groupes sociaux de 5 à 10 adultes, auxquels s'ajoutent les jeunes de l'année. Ce sont des animaux très sédentaires, avec un domaine vital compris entre 500 m2 et 3 ha. Ils peuvent causer des dégâts importants, surtout en hiver, dans les jeunes plantations d'arbres ( essences forestières, arbres fruitiers) et dans les cultures : semis de céréales, maïs, pois, jeunes plants de chou, cultures légumineuses. Leur présence n'est ainsi pas très appréciée par les agriculteurs et les forestiers qui les considèrent souvent comme nuisibles.

Une espèce en régression en Bretagne

Le lapin de garenne était autrefois présent partout en Bretagne, avec parfois de fortes densités, si bien qu'il garde l'image d'une espèce très prolifique et commune, pullulant dans les campagnes. Or depuis au moins les années 1970, cette espèce est en régression en Bretagne comme sur tout le territoire national. Ne subsistent à l'heure actuelle que des poches de populations plus ou moins isolées. Il existe encore des zones où le lapin est très abondant, mais celles-ci se font de plus en plus rares. Les seules données disponibles pour quantifier ce déclin sont les enquêtes concernant les prélèvements par la chasse. En Bretagne, ces prélèvements ont été divisés par 5 entre 1974 et 1998. Si, malgré ce déclin, la présence du lapin de garenne n'est pas menacée à moyen terme à l'échelle de la Bretagne, sa situation préoccupe fortement les associations de chasseurs.

Plusieurs facteurs sont responsables de la régression de ses populations dans la région. En premier lieu, il souffre de la détérioration de ses habitats. La régression des prairies naturelles ainsi que la destruction du bocage ont fortement réduit sa répartition. Les habitats qui lui restent favorables sont fragmentés, et souvent de moins bonne qualité (absence de talus, haies très réduites en largeur et en linéaire). Les populations de lapins y sont isolées, ce qui limite fortement les échanges entre les différents noyaux, et donc les fragilise. De plus, trois maladies font des ravages sur les populations de lapins : la myxomatose depuis 1952, la VHD (de l'anglais Virus haemorragic disease, virus pouvant entraîner la mort par hémorragie) depuis 1988 et, dans une moindre mesure, la coccidiose. La fragmentation des populations en noyaux isolés semble les rendre plus sensibles à des épizooties sévères. Enfin, la chasse, lorsqu'elle se pratique sans politique de contrôle des prélèvements sur des populations fragiles, peut s'avérer dommageable.

Pour endiguer le déclin du lapin de garenne et espérer faire remonter ses effectifs, il est impératif de restaurer ses habitats favorables, afin d'améliorer la capacité d'accueil du milieu et de favoriser les échanges entre populations. Cela veut dire qu'il est nécessaire de recréer le réseau de haies, de talus et de fossés qui forme le bocage, et de préserver voire de reconstituer les prairies.Dans ce sens, le conseil régional et les conseils généraux soutiennent les chambres d'Agriculture dans leurs programmes de replantation de haies et de reconstitution de talus. Cela a conduit à l'implantation de plus de 6 000 km de haies et de talus, malheureusement insuffisants pour compenser les destructions qui se poursuivent. Il faudrait donc travailler à l'entretien des haies existantes, celles-ci étant en outre plus intéressantes écologiquement (une vieille haie bien entretenue abrite plus d'espèces animales et végétales qu'une haie replantée).De leur côté, les fédérations départementales des chasseurs et leur fédération régionale soutiennent et encouragent des programmes de repeuplements, basés notamment sur l'aménagement et l'entretien de garennes artificielles, qui sont des amas de matériaux naturels : souches, terre végétale, branchages.