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Dernière modification le 22 novembre 2006

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fiche nature

Le lièvre d'Europe

Rédigé par :

Olivier Santoni (ONCFS)




Lièvre d'Europe Lièvre d'Europe

Le lièvre d'Europe (Lepus europaeus) a su s'adapter au fil des siècles aux milieux agricoles traditionnels, ceux-ci mimant parfaitement son milieu d'origine. Après avoir connu un important déclin, il semble désormais se maintenir avec des densités assez faibles.


Originaire des steppes d'Eurasie, le lièvre d'Europe a profité de l'ouverture des milieux boisés engendrée par le développement de l'agriculture pour conquérir de nouveaux territoires et atteindre la Bretagne. Dans la région, on le rencontre dans les milieux ayant les mêmes caractéristiques que celui où il est apparu : paysages dégagés, peu boisés, couverts par des prairies naturelles ou des champs de céréales d'hiver. Il y consomme principalement des graminées (herbes et céréales) ainsi que toutes sortes de plantes herbacées, mais aussi des fruits, des graines ou des racines.

Les lièvres ont une activité essentiellement nocturne ; ils passent la plus grande partie de la journée tapis dans des dépressions du sol appelées gîtes, d'où ils sortent le soir pour aller se nourrir en petits groupes pendant la nuit. Cette espèce peut être très prolifique, puisqu'une femelle a entre 3 et 5 portées par an (parfois 7) suivant les années, ce qui lui permet de donner naissance à 10 ou 13 levrauts par an en moyenne. Ceux-ci, très précoces, sont capables de se reproduire à leur tour dès l'âge de 3-4 mois. Cependant, la mortalité des jeunes étant importante, seul un quart environ d'entre eux atteindront effectivement la maturité sexuelle.

Le lièvre d’Europe en difficulté

Le lièvre d'Europe a connu une période d'abondance au cours de la première moitié du XXe siècle, jusque dans les années qui suivirent la Seconde Guerre Mondiale. Cet animal était alors commun dans la campagne et constituait un des gibiers classiques de la chasse populaire bretonne. Depuis les années 1960, sa situation s'est fortement dégradée en Bretagne, comme d'ailleurs presque partout en Europe de l'Ouest, avec une chute très importante des effectifs. Si dans certaines régions, principalement dans le sud de la France, la situation s'est améliorée depuis la fin des années 1980, les populations bretonnes ont poursuivi leur déclin. Les meilleures données disponibles pour quantifier ce phénomène sont les enquêtes sur les prélèvements réalisés à la chasse. Ainsi dans la région, les prélèvements de lièvres ont diminué de plus de 70 % entre les saisons 1983-1984 et 1998-1999, pour atteindre seulement 7 100 individus, soit moins de 1 % du tableau de chasse national de cette espèce. Aujourd'hui, les effectifs semblent globalement stables dans la région, avec des densités assez faibles, d'autant qu'ils sont confortés par les plans de chasse dédiés au lièvre. Si la situation est préoccupante pour les chasseurs, cette espèce n'est tout de même pas menacée de disparaître du territoire breton.

Il existe bon nombre de menaces pesant sur les populations de lièvres d'Europe. Parmi celles-ci, la dégradation de son habitat est la première cause de déclin que l'on peut avancer, bien que le lièvre fasse preuve d'une grande souplesse quant à l'utilisation de l'espace. En effet, l'évolution actuelle de l'agriculture le prive de plus en plus d'espaces favorables et de ressources alimentaires. Le développement de la culture du maïs (non consommé et donnant une physionomie trop fermée aux parcelles agricoles) et des prairies temporaires (dont la fauche précoce peut causer une importante mortalité chez les levrauts) se fait au détriment des cultures de céréales à paille et des prairies naturelles. Souvent incriminée pour expliquer le déclin d'une population, une forte activité de chasse en est sans doute rarement la cause initiale. Cependant, une mauvaise gestion des prélèvements peut être un facteur aggravant lorsqu'une population est fragilisée.

D'autres causes encore sont avancées pour tenter d'expliquer les diminutions observées : les aléas climatiques, une recrudescence de certaines pathologies (la yersiniose ou pseudotuberculose, maladie bactérienne provoquant des lésions sur les viscères, et l'EBHS - European brown hare syndrome - qui est une hépatite virale), l'intensification de la circulation routière, l'accroissement de la prédation sur les levrauts, etc. Ces causes se combinent probablement pour accentuer l'effet des modifications d'habitat.

Sous l'impulsion des fédérations départementales, les chasseurs des quatre départements mènent une politique volontaire de contrôle des prélèvements de Lièvres d'Europe. Ainsi, en 2005, des plans de chasse ont été mis en place sur l'ensemble du Finistère, 19 communes du Morbihan, 60 communes d'Ille-et-Vilaine et 180 communes des Côtes d'Armor. Ces plans de chasse définissent précisément le nombre de lièvres pouvant être prélevés pendant la saison sur chaque territoire de chasse. Dans les Côtes d'Armor, la mise en place de cet outil avait été précédée d'une année sans chasse pour faciliter l'accroissement des effectifs. Afin de définir plus efficacement les prélèvements pouvant être réalisés, les chasseurs suivent tous les ans les populations en effectuant des comptages nocturnes ou en analysant les tableaux de chasse.