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http://www.bretagne-environnement.org/Patrimoine-naturel/La-faune/Les-mammiferes/Les-chauves-souris/Des-contrats-Nature-pour-mieux-proteger-les-grands-et-petits-rhinolophes
Dernière modification le 11 octobre 2005
Le suivi scientifique des chauves-souris permet de préconiser des aménagements adaptés à leur conservation mais aussi de sensibiliser le grand public pour améliorer la cohabitation entre humains et chiroptères.
Pour protéger efficacement les chauves-souris, il est nécessaire de mieux comprendre leur comportement au cours de l'année et leurs interactions avec les milieux où elles vivent. Hiver comme été, des spécialistes des chauves-souris les observent. Ils comptent les animaux en hivernage dans les cavités, et les femelles quittant les gîtes de reproduction pour aller chasser à la tombée de la nuit. Depuis peu, les scientifiques utilisent le radio-pistage pour suivre les individus sur leur terrain de chasse. Ils étudient aussi les déjections des animaux pour déterminer leur régime alimentaire.
En Bretagne, le grand et le petit rhinolophes bénéficient d'actions de sauvegarde spécifiques grâce à deux contrats Nature. Celui sur le grand rhinolophe concerne la rade de Brest. Il s'agit d'une part d'améliorer les connaissances sur les colonies de reproduction et d'hivernage, et de sécuriser des gîtes d'hivernage existants grâce à des grilles spécifiques ne laissant passer que des chauves-souris ; d'autre part de créer de nouveaux gîtes. Un gîte-témoin suivi par vidéosurveillance permet ainsi aux naturalistes d'observer une colonie de reproduction. Dans le même registre, une campagne intitulée « Droit d'asile pour le grand rhinolophe dans les églises et les bâtiments publics » incite à rouvrir, à l'aide de grillage anti-pigeons, des combles d'églises ayant été obturés. Le contrat Nature prévoit également des actions de sensibilisation du public (campagne d'information « Sauvons le grand rhinolophe en Basse-Bretagne », des animations, etc.), des synthèses scientifiques et la mise en place de formations (stage sur les méthodes d'étude des populations de grands rhinolophes, avec le Vincent wildlife trust (VWT), visite des sites du VWT en Angleterre, etc.).
Le contrat Nature sur le petit rhinolophe concerne, quant à lui, les Côtes-d'Armor, le Morbihan, l'Ille-et-Vilaine et les marges orientales du Finistère. Il est mené en partenariat avec le conseil régional de Bretagne, l'université de Rennes 1, les gestionnaires des espaces utilisés par cette espèce de chauve-souris et les collectivités locales. Ce programme a pour objectifs de préciser les connaissances sur l'état des populations et la biologie de cette espèce en Bretagne. Ce volet comprend notamment le suivi des colonies de reproduction, la cartographie des habitats, l'étude des terrains de chasse ainsi que l'analyse génétique des populations, en partenariat avec l'université de Rennes 1. Il vise à mettre en œuvre des actions cohérentes de conservation des gîtes et des habitats utilisés en protégeant les gîtes et en élaborant des préconisations de gestion. Il comprend lui aussi un volet de sensibilisation du public et des acteurs à la nécessité de la protection de l'espèce.
Les chauves-souris sont souvent méconnues, voire subissent les effets d'une image négative. Pour mieux les faire connaître, des animations et des expositions sont régulièrement organisées, notamment dans le cadre de la Nuit européenne de la chauve-souris qui se tient chaque année, le dernier samedi d'août. Dans le même esprit, l'abbaye Saint-Maurice (Finistère) propose, depuis juin 2004, d'observer, grâce à des caméras infrarouge, toutes les étapes de la vie d'une colonie de grands rhinolophes qui a élu domicile dans le grenier du logis de l'abbé. Le conservatoire du littoral et des rivages lacustres auquel l'abbaye appartient, et la commune de Clohars-Carnoët qui la gère démontrent ainsi qu'il est possible de cohabiter avec des chauves-souris.
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