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http://www.bretagne-environnement.org/Patrimoine-naturel/La-faune/Les-mammiferes/Les-chauves-souris/Portraits-de-quelques-especes-de-chauves-souris-vivant-en-Bretagne
Dernière modification le 11 octobre 2005
On peut observer en Bretagne une vingtaine d’espèces de chauves-souris. Elles restent souvent rares et certaines d’entre elles ont vu leurs populations chuter sévèrement depuis la moitié du XXe siècle.
La pipistrelle commune, Pipistrellus pipistrellus, est la plus petite espèce : son envergure ne dépasse pas 19 cm et son poids 5 g. Elle chasse dans tous les types de milieux, même en ville. On la trouve régulièrement dans les habitations (toitures, coffres de volets roulants, etc.).
La sérotine commune, Eptesicus serotinus, est une chauve-souris de grande taille puisqu'elle peut faire 36 cm d'envergure et peser 26 g. Elle est présente dans de nombreux milieux comme les parcs, les bois, le bocage ou les zones remembrées. Elle fréquente aussi les habitations humaines, en été comme en hiver.
L'oreillard roux, Plecotus auritus, et l'oreillard gris, Plecotus austriacus, sont des chauves-souris relativement petites (24 cm d'envergure pour 7 g) ; elles tirent leur nom de la taille de leurs oreilles qui atteignent un tiers de celle du corps). Les deux espèces gîtent dans des milieux différents ; le roux est très forestier, et le gris est observé régulièrement dans les habitations. Mais les deux espèces chassent principalement dans les zones boisées.
La barbastelle, Barbastella barbastellus, est une espèce forestière de taille moyenne avec une envergure de 27 cm et un poids de 6 à 13 g). Elle est considérée comme menacée au plan européen. Les 21 colonies de reproduction découvertes à ce jour en Bretagne regroupent plus de 400 individus, soit 13 % des effectifs reproducteurs nationaux connus. En outre, cette espèce semble assez bien représentée dans la région, comme l'attestent de nombreuses captures au filet, en particulier dans les zones forestières.
Le murin de Daubenton, Myotis daubentoni est un murin de taille moyenne (envergure de 24 cm, poids 8 g) qui fréquente essentiellement les milieux humides - rivières, étangs, lacs, etc.) - pour s'alimenter.
Le grand murin, Myotis myotis, au contraire est le plus grand des murins européens. Il peut atteindre une envergure de 35 à 43 cm et un poids de 28 à 40 g. A l'instar des rhinolophidés, il a souffert à partir des années 1960 d'une diminution très spectaculaire de ses effectifs, certaines estimations faisant état d'une baisse de 80 % à l'échelle européenne. En Bretagne, cette espèce est présente pour l'essentiel à l'est d'une ligne Dinan-Lorient, où 14 colonies de reproduction ont été découvertes. Avec une population régionale estimée à environ 1 500 individus, le grand murin peut être considéré comme l'une des espèces bretonnes les plus fragiles.
Le grand rhinolophe, Rhinolophus ferrumequinum, est l'une des plus grandes chauves-souris bretonnes (envergure de 35-40 cm, poids de 30 g). C'est une espèce très rare et disparue de nombreuses régions d'Europe. La Bretagne, qui abrite 20 % des effectifs nationaux de l'espèce, constitue l'un des derniers bastions en France. Cette chauve-souris se reconnaît facilement à son allure de cocon quand elle est suspendue. Très exigeante, l'espèce a besoin pour survivre d'une combinaison de facteurs : des combles de bâtiments de grande taille pour la reproduction, des cavités souterraines pour hiverner et des terrains de chasse bocagers de qualité comportant des pâtures à bovins.
Particulièrement sensible, l'espèce connaît des diminutions alarmantes d'effectifs : les naturalistes estiment que depuis les années 1950, ceux-ci ont chuté de 90 %. C'est pourquoi le Groupe mammalogique breton mène en partenariat avec le conseil régional de Bretagne depuis 2001 un contrat Nature pour sa conservation. Ce contrat Nature est intituté « Etude et sauvegarde des populations de grands rhinolophes du bassin versant de la rade de Brest ».
Le petit rhinolophe, Rhinolophus hipposideros, est le plus petit des rhinolophidés européens (envergure 19 à 25 cm, poids 5 à 7 g). Il chasse essentiellement dans les boisements de feuillus et les boisements des berges. Comme tous les rhinolophidés, le petit rhinolophe a vu ses effectifs s'effondrer dans l'ensemble de l'Europe depuis le milieu du XXe siècle. En Bretagne, sa population ne dépasse guère, dans l'état actuel de nos connaissances, 2 000 individus. Les 52 colonies connues en 2003 regroupent environ 1 100 femelles adultes. Présentes à l'est d'une ligne Morlaix-Quimperlé, ces populations, numériquement faibles, semblent également très fragmentées. Ce constat est d'autant plus inquiétant que le petit rhinolophe est connu pour sa forte sédentarité : son territoire est restreint et ne dépasse guère un rayon de 5 km autour du gîte de reproduction. C'est la raison pour laquelle depuis 2003, Bretagne vivante a engagé un plan d'action régional en faveur du petit rhinolophe. Comme pour le grand rhinolophe, ce plan est mené dans le cadre d'un contrat Nature en partenariat avec l' université de Rennes 1 et le conseil régional de Bretagne. Il a pour objectifs d'améliorer les connaissances et la gestion des populations bretonnes de l'espèce.
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