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Dernière modification le 14 décembre 2006


fiche nature

Le rat musqué

Rédigé par :

Emmanuèle Savelli (GIPBE)

En collaboration avec :

Franck Simonnet Groupe mammalogique Breton (GMB)




Rat musqué Rat musqué

Comme le ragondin et le vison d'Amérique, le rat musqué a été importé en France pour le commerce de sa fourrure et a probablement fait son entrée en Bretagne dans les années 1950.Considéré comme nuisible en Bretagne, il ne peut y être détruit que par piégeage. Son empoisonnement est interdit dans toute la région.


D'origine nord-américaine, le rat musqué (Ondatra zibethicus) est un rongeur nocturne (de 600 g à 1,8 kg) qui fréquente les cours d'eau, les marais et les canaux avec une végétation dense. Il creuse dans les berges des galeries ramifiées dont l'entrée est généralement immergée. En zone marécageuse, il construit parfois des huttes avec des joncs et des roseaux.

Plus petit que le ragondin - un autre rongeur exotique, il s'en distingue par sa queue comprimée latéralement. Ce petit animal étonnant peut retenir jusqu'à un quart de son volume en air dans sa fourrure pour la rendre isotherme.

Principalement végétarien, il se nourrit de plantes aquatiques, de fruits, de betteraves, d'écorce et de maïs. Mais il peut également consommer des mollusques, en particulier des bivalves comme les moules d'eau douce. Les femelles ont deux ou trois portées par an, de 4 à 7 petits chacune. La longévité moyenne du rat musqué est de 5 ans.

Autrefois élevés pour leur fourrure, des rats musqués se sont échappés d'élevages et ont rapidement colonisé les milieux aquatiques français. L'espèce s'est très tôt acclimatée, surtout dans l'est de la France et en Normandie, où elle avait été introduite dans les années 1920. On la trouve aujourd'hui dans tout le pays, à l'exception du sud qu'elle n'a colonisé que très récemment et de façon incomplète. L'espèce serait désormais en régression dans certaines régions.

En compétition avec le ragondin et le campagnol amphibie

C'est probablement par la Normandie que le rat musqué est entré dans la péninsule bretonne dans les années 1950. Sa population s'y est développée, puis a régressé depuis les années 1990, suite à l'arrivée d'un autre rongeur avec lequel il entre en compétition : le ragondin. Aujourd'hui, le rat musqué a tendance à se raréfier en Basse Bretagne, en particulier dans les cours d'eau à salmonidés. A l'est de la région, ragondins et rats musqués semblent cohabiter, peut-être en raison de ressources alimentaires plus importantes qui atténueraient les effets de la compétition.

Le rat musqué perturbe les écosystèmes aquatiques où il s'installe. Comme le ragondin, il creuse des galeries très ramifiées dans les berges qui s'en trouvent fragilisées et peuvent s'effondrer. Ce rongeur semi-aquatique contracte également des maladies transmissibles au bétail (douve du foie) et à l'homme (leptospirose).

Classé nuisible, il a longtemps fait l'objet de campagnes de destruction par des appâts empoisonnés. Mais cette méthode de lutte non sélective est aujourd'hui interdite en Bretagne car elle est néfaste à d'autres espèces de rongeurs dont certaines sont menacées comme le campagnol amphibie ou protégées tel le castor. Ces campagnes ont également provoqué par empoisonnement indirect des destructions d'espèces carnivores protégées (loutre et vison d'Europe).

Enfin, sans que son impact sur le campagnol amphibie soit clairement établi, le rat musqué pourrait avoir un rôle direct dans la régression de ce petit rongeur car tous deux pourraient entrer en compétition pour l'habitat et la nourriture

Le rat musqué est une espèce chassable et classée nuisible pour les dégradations qu'elle occasionne sur les berges et les risques sanitaires qu'elle peut faire encourir au bétail et à l'homme. Avec le ragondin, il a longtemps fait l'objet de campagnes de destruction par piégeage ou lutte chimique. Cette dernière repose sur l'empoisonnement par des appâts recouverts d'anticoagulants. Elle est désormais interdite dans les quatre départements bretons parce qu'elle est néfaste à de nombreuses autres espèces, parmi lesquelles certaines sont protégées (vison et castor d'Europe, etc.).

Une étude menée dans le Sud-Ouest a montré que 13 % des visons (d'Europe ou d'Amérique), putois et loutres étaient contaminés par ces anticoagulants. Ces prédateurs s'intoxiquent en consommant des rongeurs empoisonnés, d'autant que ceux-ci, affaiblis, deviennent des proies faciles. Cette pratique a par ailleurs pu jouer un rôle dans la régression du campagnol amphibie, une espèce aujourd'hui menacée. Le rat musqué est désormais détruit par tir ou par piégeage. En 2001, plus de 2 000 animaux ont ainsi été tués en Bretagne 1 .


(1) Source : ONCFS


Sources

Les rongeurs de France - H. Le LOUARN et J.-P. QUERE - 2003
Vison Infos n°3 - Mission Vison d'Europe - 2003