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Dernière modification le 18 décembre 2006


fiche nature

Le vison d'Europe

Rédigé par :

Emmanuèle Savelli (GIPBE)

En collaboration avec :

Franck Simonnet Groupe mammalogique Breton (GMB)




Vison d'Europe Vison d'Europe

L’une des espèces les plus menacées d’Europe

Le vison d'Europe connaît depuis quelques décennies une régression considérable, ce qui en fait l'une des espèces de mammifères les plus menacées d'extinction en Europe.


Le vison d'Europe (Mustela lutreola) est un petit mammifère carnivore de la famille des mustélidés (400 à 650 g pour les femelles ; 600 g à 1,2 kg pour les mâles). Il se distingue des autres espèces proches du même genre, putois et vison d'Amérique, par sa petite taille et par son pelage presque uniformément brun foncé. Mais on le confond souvent avec ces deux espèces. Le vison européen possède toujours une tâche blanche sur le menton et la lèvre supérieure. Le vison américain a également une tâche blanche au menton mais rarement sur la lèvre supérieure.

Vivant séparément toute l'année, le mâle et la femelle se rapprochent au moment de l'accouplement en janvier-février. Les naissances ont lieu en mai-juin (2 à 7 petits par portée) et l'émancipation vers la fin août. Il s'agit d'un prédateur opportuniste ; il mange des amphibiens, de petits mammifères, des poissons et des oiseaux. Il creuse rarement son terrier, et préfère utiliser des cavités naturelles ou creusées par d'autres mammifères. Seule condition sine qua non pour implanter son terrier : la proximité d'un milieu aquatique ou inondable qui lui fournira des proies nombreuses et variées, et lui permettra de se cacher des prédateurs. Le vison d'Europe est un animal semi-aquatique ; il peut rester longtemps dans l'eau grâce à son épaisse fourrure même s'il passe la plupart de son temps sur la terre ferme. C'est pourquoi on compte parmi ses habitats de prédilection les cours d'eau forestiers et boisements inondables, les marais, les prairies humides et les cours d'eau traversant des zones agricoles.

Autrefois commune sur une grande partie de l'Europe, l'espèce a régressé de manière très importante depuis la fin du XIXe siècle. En Europe occidentale, elle se cantonne aujourd'hui uniquement au sud-ouest de la France et au nord de l'Espagne. Il s'agit d'une des espèces de mammifères d'Eurasie les plus menacées d'extinction.

Le vison d’Europe a-t-il disparu de Bretagne ?

A la fin du XIXe siècle, le vison d'Europe occupait la majeure partie de l'Europe à l'exception de la péninsule scandinave, des îles Britanniques et des pays méditerranéens. L'évolution de sa population en France apparaît pour le moins énigmatique. Apparu comme par enchantement à l'ouest du pays aux environs de 1830 sans lien apparent avec les populations de l'Europe de l'Est, des naturalistes le mentionnent alors sous le nom de vison du Poitou. Moins d'un siècle plus tard, il est déjà signalé en régression et son aire de répartition semble se déplacer vers le sud, atteignant finalement l'Espagne où il est encore présent aujourd'hui bien que menacé depuis les années 1950. Alors qu'on le trouvait dans une quarantaine de départements français au début du XXe siècle, une étude réalisée sur la période 1991-1997 n'a permis de le trouver que dans sept départements du sud-ouest de la France.

En Bretagne, sa présence est attestée en Ille-et-Vilaine à la fin du XIXe siècle, et confirmée en Finistère, Côtes-d'Armor et Morbihan, entre 1940 et 1980. Au début des années 1990, sa présence est encore détectée en Haute Bretagne. Mais la campagne nationale de piégeage, menée entre 1991 et 1997, n'a pas permis de le trouver dans la région.

Alors, le vison d'Europe a-t-il disparu de Bretagne ? La région offrant des habitats favorables à l'espèce et la campagne de piégeage ayant été restreinte, il n'est pas impossible que le vison européen se soit maintenu de façon localisée sans qu'il soit possible de le détecter. Mais les quelques individus survivants seraient alors noyés dans un « océan » de visons américains, avec lesquels ils sont facilement confondus.


Sources