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http://www.bretagne-environnement.org/Patrimoine-naturel/La-faune/Les-mammiferes/Les-mammiferes-semi-aquatiques/Pendant-que-le-vison-d-Europe-disparait-celui-d-Amerique-prolifere
Dernière modification le 18 décembre 2006
Comme dans divers pays européens, l'extension du vison d'Amérique est concomitante de la disparition progressive de son cousin européen, désormais menacé d'extinction. Alors qu’un plan de restauration du vison d’Europe tente se sauver l’espèce en France, le classement en tant que nuisible dans les quatre départements bretons permet de réguler les populations de vison d’Amérique.
Les visons d'Amérique et d'Europe occupent des niches écologiques voisines. Les deux espèces affectionnent les milieux aquatiques et les zones humides très productifs qui leurs fournissent des proies variées. Mais le vison américain est moins exigeant pour ses habitats, et il consomme plus de poissons que son cousin européen qui, lui, mange plus de batraciens.
Voisins écologiques, les deux visons semblent aussi partager les mêmes maladies, ce qui n'est pas sans conséquence pour le vison d'Europe, déjà en déclin au moment de l'introduction de son cousin américain. Le virus de la maladie aléoutienne est connu pour sévir dans les élevages de visons américains depuis les années 1960. Un bilan sanitaire de la population française des petits mustélidés a montré que ce virus est présent chez 25 % des visons d'Amérique, 12 % des visons d'Europe et 11 % des putois. Les sept départements français qui abritent le vison d'Europe sont touchés.
Le vison américain peut, de plus, empêcher la reproduction de l'espèce européenne en montant les femelles de vison d'Europe ; l'union des deux espèces conduit à un avortement naturel et annule alors toute chance de reproduction pour la femelle qui n'a qu'une seule portée par an.
Le vison d'Europe a subi des destructions directes au cours du XXe siècle lorsqu'il était piégé comme tous les petits carnivores. Et bien que l'espèce soit protégée depuis 1976 en France, elle a probablement continué à être accidentellement détruite par confusion avec son indésirable cousin américain, classé nuisible dans les quatre départements bretons où il a fait l'objet de campagnes de destruction. Attaqué sur tous les fronts, le vison européen a également probablement pâti, tout comme d'autres espèces de carnivores protégées ( loutre d’Europe), des campagnes d'empoisonnement de rongeurs nuisibles ( rat musqué et ragondin) désormais interdites en Bretagne.
À ce contexte défavorable s'ajoute une régression de ses habitats privilégiés puisque les surfaces de zones humides ont fortement diminué, notamment en Bretagne, suite à l'assèchement des prairies inondables et des marais - notamment en fond de vallée - à des fins agricoles. Dans le même temps, les milieux aquatiques se sont globalement dégradés en raison de pollutions diverses et de leur artificialisation. Enfin, une cause intrinsèque à l'espèce (maladie, cause génétique ?) est parfois avancée pour expliquer ce déclin jusqu'à présent inexorable.
Le vison d'Europe est l'une des espèces les plus menacées d'extinction en Europe, et il est considéré comme en danger en France d'après l'Union internationale pour la conservation de la nature. L'espèce est protégée par la directive Habitats (annexes II et IV), la convention de Berne (annexe II) mais aussi par la réglementation française.
En 1999, le ministère en charge de l'Environnement a lancé un premier plan quinquennal de restauration du vison d'Europe animé par la mission Vison d'Europe et qui s'applique à une zone prioritaire. Celle-ci comprend l'aire actuelle de répartition de l'espèce (sud-ouest de la France) et sa frange périphérique afin de favoriser sa recolonisation.
Quant au vison d'Amérique, c’est décidément un intrus en Bretagne où il est classé nuisible dans les quatre départements. Il peut occasionner des dégâts dans les élevages avicoles, mais aussi détruire des pontes d'oiseaux marins dans des espaces protégés du littoral. Des campagnes massives de piégeage contre l'espèce ont été conduites depuis une vingtaine d'années dans la région. Il est probable que de nombreux visons d'Europe ont été détruits par erreur tant la confusion entre les deux espèces est facile, ce qui a contribué à sa disparition en Bretagne.
Ce n'est que depuis 1987 que le vison d'Amérique n'est plus considéré comme une espèce domestique, et qu'il a intégré la faune sauvage française. Il est devenu une espèce chassable, et a été très rapidement classé nuisible en Bretagne à la suite d'attaques spectaculaires dans des volières et des parcs zoologiques.
La lutte contre son extension est loin d'être gagnée. Car si l'espèce est facile à piéger, ses populations se reconstituent très rapidement du fait de son taux élevé de reproduction mais aussi parce que de nouveaux individus s'échappent à l'occasion des élevages. Un programme expérimental de stérilisation est actuellement en cours dans les Landes où le vison d'Amérique constitue une menace pour le vison d'Europe 1.
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