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Dernière modification le 24 octobre 2007


qui fait quoi ?

Le réseau Bécasse


Baguage de bécasse dans les Côtes d’Armor Baguage de bécasse dans les Côtes d’Armor

Un suivi nécessaire pour un gibier très prisé

La bécasse des bois est une espèce très prisée des chasseurs. Un peu plus d'un million d'oiseaux sont prélevés en France chaque année, dont 20 % en Bretagne, principalement dans le Finistère et le Morbihan. L'Office national de la chasse et de la faune sauvage fait le point pour nous sur son activité.


Pourquoi avoir créé un réseau de suivi pour la bécasse des bois ?

La France est située au cœur de l'aire d'hivernage de la bécasse des bois mais en marge de son aire de reproduction principale qui s'étend de l'Europe à la Sibérie. Chaque année à partir d'octobre, elle vient en nombre y passer l'hiver pour en repartir en mars. La Bretagne est, avec le reste du littoral Manche-Atlantique, sa principale région d'hivernage mais la reproduction y est très rare. La majorité des oiseaux hivernant dans la région sont originaires de Russie ou de Scandinavie

Afin d'assurer un suivi des populations de l'espèce qui transitent, hivernent ou se reproduisent en France, l' Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) a créé, en 1985, un réseau d'observateurs. Il fonctionne en partenariat avec les fédérations nationale et départementales des chasseurs, et possède actuellement la plus importante base de données sur la bécasse des bois à l'échelon européen.

Quels sont les organismes qui participent au réseau Bécasse ?

Ce réseau est structuré par département. L' Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), les fédérations des chasseurs, des bénévoles (particuliers, membres d'associations de chasseurs spécialisés comme le Club national des bécassiers, etc.) et quelques agents d'organismes publics comme l' Office national des forêts récoltent des données pour le réseau d'observateurs.

Comment faites-vous le suivi de la bécasse des bois ?

En 2002, l' Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) et la fédération nationale des chasseurs ont signé une charte qui défini un cadre de fonctionnement pour le réseau Bécasse. Pour chaque département, deux interlocuteurs techniques sont désignés dans chacun des deux organismes. Ils coordonnent les différentes activités du réseau au sein du département et transmettent les informations à l'échelon national. Coordinateur national, l'ONCFS met en place les protocoles d'étude, analyse les données et diffuse les résultats.

Le réseau Bécasse s'intéresse au suivi des effectifs migrateurs, hivernants et reproducteurs, aux variations de la migration et des déplacements en hivernage, et enfin à l'estimation des taux de survie. Il utilise le baguage, analyse les tableaux de chasse et recense le nombre d'oiseaux reproducteurs.

La région Bretagne est la première en France a avoir mis en place ces opérations de baguage en 1983-1984. Chaque année, en automne-hiver, quelques 40 bagueurs en Bretagne capturent entre 400 et 500 bécasses sur leurs lieux d'alimentation nocturne. Durant la saison 2006-2007 par exemple, 462 bécasses ont été capturées : 84 dans les Côtes d'Armor, 184 dans le Finistère, 52 dans l'Ille-et-Vilaine et 142 dans le Morbihan. Au total, depuis la saison 1983-84, 8 521 bécasses ont été baguées en Bretagne soit 16 % de l'effectif national.

Une partie des oiseaux bagués est reprise à la chasse ce qui renseigne sur les déplacements migratoires, l'origine géographique, la dispersion en hivernage et les taux de survie. La proportion de jeunes capturés chaque année informe sur le succès de reproduction du printemps-été précédent, en particulier en cas de productivité faible. Le nombre de bécasses observées lors des sorties de baguage permet de déterminer un indice nocturne d'abondance à partir duquel est effectué le suivi inter-annuel des effectifs migrateurs et hivernants.

Parallèlement au baguage, chaque automne-hiver, des relevés de sorties de chasse et des ailes de bécasses (qui permettent de séparer les jeunes des adultes) sont récoltés auprès de plusieurs centaines de chasseurs. Après 20 années d'analyses réalisées par l'ONCFS, c'est le Club national des bécassiers qui, depuis 1995, prend en charge ces travaux. L'étude des relevés journaliers de sorties de chasse fournit un indice cynégétique d'abondance qui complète celui obtenu par le baguage. Des évaluations régulières en décembre, janvier et février sont réalisées afin d'estimer le niveau des effectifs pour la saison en cours, tant au niveau régional que national. Ce suivi en temps réel permet d'alerter les autorités administratives en cas de déficit important une saison donnée.

Enfin, en mai et juin, des recensements de mâles chanteurs sont organisés pendant la croule - vol crépusculaire en période de reproduction - sur environ 1 000 points d'écoute en France. Les données récoltées permettent de suivre l'évolution démographique des effectifs reproducteurs en France. Ce recensement ne s'effectue que tous les 5 ans en Bretagne, dans la mesure où elle ne fait pas partie de l'aire principale de reproduction de la bécasse des bois en France.

Qu'a apporté le réseau Bécasse ?

Les reprises de bagues ont permis d'isoler deux flux migratoires en Europe : un flux issu de Finlande et de Scandinavie et un flux oriental, de part et d'autre de la mer Baltique. La Bretagne accueille des bécasses des bois issues de ces deux flux.

Les indices d'abondance des effectifs migrateurs et hivernants fournis par le réseau Bécasse ne suggèrent aucune tendance particulière depuis le milieu des années 1990. Les effectifs varient fortement d'un hiver à l'autre mais semblent stables sur le long terme.

A ce suivi régulier, l' Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) ajoute un protocole vague de froid spécifique, mis en œuvre lorsque les conditions climatiques deviennent difficiles pour les oiseaux. Les observateurs du réseau Bécasse surveillent alors les effectifs et le comportement de l'espèce afin de renseigner les autorités administratives départementales ou régionales, qui peuvent être amenées à suspendre la chasse, de l'état des populations.

Grâce à la volonté des chasseurs (fédérations de chasseurs et associations de chasse spécialisées) et à l'appui de l'ONCFS, la Bretagne a été la première région française à mettre en place pour la saison 2005-2006, par arrêté ministériel, un prélèvement maximum autorisé pour la bécasse, avec carnet de prélèvements et système de marquage. Ainsi, il n'est pas permis de prélever plus de 3 bécasses des bois par jour, ni plus de 30 par saison. Si cette limitation n'est pas restrictive, elle permet d'éviter les excès et contribue à la sensibilisation des chasseurs. Le dossier technique accompagnant cette mise en place reposait pour une grande part sur les résultats récoltés par le réseau Bécasse en Bretagne.

Contact pour en savoir plus

Jean-Christophe Brun, ONCFS délégation régionale Bretagne - Pays-de-la-Loire : Tel. 02 51 25 03 92 - courriel 


Propos recueillis par Emmanuèle Savelli (GIP Bretagne environnement)