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Dernière modification le 13 juin 2006


fiche nature

La perdrix grise

Rédigé par :

Olivier Santoni Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS)




Perdrix grise et ses poussins Perdrix grise et ses poussins

A l'aise dans les milieux agricoles

Même si ce n'est pas son habitat de prédilection, la perdrix grise apprécie les paysages agricoles traditionnels de la Bretagne.


Les perdrix grises (Perdix perdix) se rencontrent surtout dans les plaines céréalières ouvertes de la moitié nord de la France, en particulier celles où se pratique la culture de céréales à paille (le blé par exemple). L'habitat le plus favorable à l'espèce est une mosaïque de cultures diversifiées avec des zones de refuge : buissons, haies, boqueteaux. Les perdrix grises n'aiment pas les milieux trop boisés, trop humides ou très herbagers.

Les couples de perdrix grises se forment au cœur de l'hiver, et les femelles commencent à pondre début mai. Quittant le nid quelques heures après l'éclosion courant juin, les jeunes forment, avec leurs parents, des petits groupes appelés compagnies. Les oiseaux adultes qui ne se sont pas reproduits forment des compagnies séparées des groupes familiaux. Ces compagnies se maintiennent jusqu'à l'hiver puis les oiseaux se dispersent pour reformer de nouveaux couples.

Jusqu'au milieu du XXe siècle, la Bretagne hébergeait la perdrix grise en bon nombre. En effet, la grande diversité des milieux naturels bretons, constitués de landes, de cultures (blé noir notamment) et de prairies imbriquées, entrecoupées de talus et de haies, lui était très favorable. Une sous-espèce nommée armoricana, plus teintée de brun-rouge, a même été décrite pour qualifier les oiseaux de Bretagne et, plus largement, de l'ouest de la France.

Fréquentant surtout les milieux agricoles, la perdrix grise est touchée de plein fouet par leur mutation et la mise en œuvre de certaines techniques culturales qui lui sont défavorables. Ainsi, les landes et la pratique de la polyculture régressent, tandis que les haies, talus et fossés tendent à disparaître. L'uniformisation des paysages agricoles prive de plus en plus d'espèces, dont la perdrix grise, du gîte et du couvert. Cette espèce est sensible à l'irrigation, au broyage des jachères et des bordures de chemins, aux moissons, aux labours précoces et à la fauche des fourrages en mai-juin, qui sont susceptibles de détruire les pontes et les poules couveuses. L'emploi des pesticides lui est également préjudiciable, en réduisant la disponibilité en insectes pour l'alimentation des jeunes.

Les perdrix grises rencontrées dans la nature en Bretagne peuvent avoir deux origines différentes. Certaines sont peut-être les descendantes des populations qui se rencontraient naturellement, parfois en bonne densité, à travers la région jusqu'au milieu du XXe siècle. Mais la plupart des perdrix grises proviennent d'élevages et ont été lâchées pour être chassées.

Zones refuges et lâchers de repeuplement

Depuis les années 1960 et suite à la modernisation de l'agriculture qui a entraîné de profondes modifications des habitats de l'espèce, les effectifs de perdrix ont chuté. A l'exception des plaines céréalières du bassin parisien, cette chute est générale en France. Les chasseurs ont alors lâché des oiseaux d'élevage, issus de diverses régions, pour tenter de remplacer les oiseaux disparus, mais sans grand effet ; ces lâchers semblent avoir entraîné la disparition de la sous-espèce armoricana, par mélange avec les oiseaux lâchés issus d'autres régions. Cette pratique peut entraîner une augmentation de la pression de chasse, qui s'exerce indistinctement sur les oiseaux lâchés et sur les populations naturelles déjà affaiblies, ce qui compromet la pérennité de ces dernières.

Il reste cependant quelques petites populations considérées comme naturelles dans le Finistère, le Morbihan et les Côtes-d'Armor. Pour le reste, de nombreux lâchers sont réalisés chaque année par les associations de chasse, plus pour le tir que pour le repeuplement, permettant que la perdrix grise soit présente et chassée un peu partout en Bretagne. Les prélèvements réalisés par les chasseurs en Bretagne ont atteints 107 000 individus pour la saison 1998-1999, ce qui représente une augmentation de 35 % par rapport à la saison 1983-1984.

Depuis 1992, les fédérations départementales des chasseurs bretons financent l'implantation de jachères dites « environnement faune sauvage ». Ce sont des zones d'alimentation (y sont semés des mélanges soit de ray-grass, trèfle et fétuque, soit de maïs, sorgho, avoine ou blé) et de refuge pour la faune qui fréquente les milieux agricoles. Bien qu'en augmentation, les surfaces concernées restent faibles, avec environ 614 hectares en 2003 pour toute la Bretagne.

Parallèlement, les fédérations soutiennent des programmes de lâchers de repeuplement réalisés au printemps et destinés à recréer des populations naturelles de Perdrix grise. L'objectif de ces programmes est de supplanter les lâchers de tir encore majoritaires. En complément, les chasseurs mènent une politique de limitation des prélèvements, puisque, dans la très grande majorité des communes, la chasse de la perdrix grise est ouverte moins de 10 jours par saison.