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http://www.bretagne-environnement.org/Patrimoine-naturel/La-faune/Les-oiseaux/Le-pigeon-ramier
Dernière modification le 13 juin 2006
Un oiseau opportuniste
Le pigeon ramier sait s'adapter à la diversité des paysages bretons et aux ressources alimentaires disponibles.
Espèce à l'origine uniquement forestière, le pigeon ramier (Columba palumbus) s'est adapté aux milieux agricoles plus ouverts ; c'est dans le bocage que l'on rencontre les densités les plus élevées. Par ailleurs, la tranquillité qu'il trouve dans les parcs et jardins urbains l'a amené à s'y installer. Il ne faut cependant pas le confondre avec le pigeon biset (Columba livia), plus petit et plus commun.
La plupart des pigeons nichant en Bretagne semblent sédentaires. Ils sont rejoints en fin d'automne et au cours de l'hiver par des pigeons ramiers migrateurs provenant du nord-est de l'Europe.
Le pigeon ramier se caractérise par son éclectisme alimentaire qui l'amène à consommer une grande variété de végétaux verts, de graines et de baies. Il a parfois tendance à consommer des jeunes pousses de choux et de colza, ce qui a conduit à le classer en espèce nuisible dans le département du Finistère. Il peut ainsi être tiré hors période de chasse, mais uniquement sur les cultures légumières, oléagineuses et protéagineuses. Dans la pratique, c'est principalement le nord du département qui est concerné par cette mesure.
Le pigeon ramier est abondant et connaît une nette augmentation de ses effectifs en Bretagne, de l'ordre 50 % entre 2000 et 2004, situation assez semblable à celle rencontrée sur le reste du territoire national. C'est en Ille-et-Vilaine et dans les Côtes-d'Armor que ces pigeons sont les plus nombreux. Leur densité baisse légèrement en allant vers l'ouest. Cette espèce semble bénéficier du développement de la culture du colza et surtout de celle du maïs dont les grains, laissés au sol après récolte, lui fournissent une importante ressource alimentaire pendant l'hiver.
Le pigeon ramier se porte bien en Bretagne, où sa présence et son abondance ne devraient pas être remises en cause dans un avenir proche. Tout ne va cependant pas toujours au mieux pour l'espèce. Ainsi, la raréfaction du petit gibier sédentaire ( lapin, lièvre, perdrix) fait que la pression de chasse s'est en partie reportée sur le pigeon ramier. Les prélèvements réalisés par les chasseurs en Bretagne ont ainsi augmenté de 20 % entre 1984 et 1998, pour atteindre 520 000 individus prélevés en une saison de chasse dans la région (soit 10 % du tableau de chasse national de l'espèce).
Il convient de s'interroger sur l'impact de la chasse lors de l'ouverture en septembre, car la reproduction de l'espèce n'est pas encore terminée à cette date.
Certaines pratiques agricoles ont, à l'échelle locale, des impacts négatifs sur les populations de cet oiseau. Ainsi, la destruction des haies ou certains modes d'entretien (retrait des lianes et du lierre) font disparaître des sites de nidification et une importante ressource alimentaire pour les ramiers. De plus, l'utilisation de produits chimiques pour protéger les semences entraîne parfois l'empoisonnement des oiseaux : ceci peut être évité en respectant les règles d'utilisation de telles semences.
Le suivi scientifique mené par l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), depuis les années 1980, contribue à une meilleure connaissance du fonctionnement des populations. Il s'appuie notamment sur un important programme de baguage qui a pour but de mieux connaître la survie et la dispersion des jeunes pigeons ainsi que le succès reproducteur.
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