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http://www.bretagne-environnement.org/Patrimoine-naturel/La-faune/Les-oiseaux/Les-oiseaux-marins/La-mouette-tridactyle
Dernière modification le 24 octobre 2005
Une habitante des falaises escarpées
La mouette tridactyle est un des oiseaux marins les mieux étudiés de France. Malheureusement la forte prédation des corneilles, grands corbeaux, etc. ont eu raison de quatre colonies bretonnes.
Contrairement aux goélands, dont elle se distingue également par la taille inférieure (1 mètre d'envergure environ), la mouette tridactyle, Rissa tridactyla, a l'extrémité des ailes quasiment noir et uniforme (sans tâche blanche nette). Le dos est gris, les parties inférieures blanches, les pattes généralement noires, et le bec jaunâtre.
L'espèce s'installe dans des falaises escarpées du littoral breton. Elle construit son nid, amoncellement parfois volumineux de fragments végétaux et de terre cimenté par les fientes, sur d'étroites corniches. Elle y côtoie souvent le cormoran huppé et localement le goéland argenté, le fulmar boréal ou le guillemot de Troïl.
En Bretagne, l'espèce n'a pas colonisé de structure artificielle (phare, jetée ou bâtiment), comme c'est le cas dans d'autres régions de France ou dans d'autres pays.
La mouette tridactyle se reproduit dans l'hémisphère nord, et les colonies du Portugal et d'Espagne constituent la limite méridionale de l'aire européenne.
Les oiseaux les plus âgés reviennent aux colonies entre décembre et mars. Les premières pontes (1 à 3 œufs) sont initiées entre fin avril et début juin selon les années et les colonies. L'incubation dure quatre semaines environ. Les jeunes s'envolent vers six semaines, puis reviennent encore au nid se faire nourrir par leurs parents pendant une douzaine de jours. Après l'élevage des jeunes, les colonies sont désertées dans la deuxième quinzaine d'août.
La mouette tridactyle est principalement piscivore et s'alimente dans un rayon de quelques kilomètres à quelques dizaines de kilomètres autour des colonies.
L'espèce est pélagique et, en période internuptiale, la majorité des oiseaux se dispersent sur l'Atlantique nord, d'autres hivernant également en Méditerranée occidentale. Certains individus, les plus jeunes notamment, peuvent atteindre les côtes occidentales du Groenland ; c'est le cas de quelques oiseaux originaires du cap Sizun (Finistère).
La population mondiale de mouette tridactyle est estimée à 4-5 millions de couples. À la fin des années 1950, la population bretonne est de l'ordre de 355 couples. Les effectifs enregistrent ensuite une croissance rapide, avec 795 couples en 1970, pour culminer à plus de 2 000 couples au début des années 1980. Depuis lors, une lente érosion des effectifs est enregistrée (environ 1 200 couples en 1999-2000). Cette évolution contraste avec celle des autres colonies françaises, qui enregistrent une croissance quasi-continue. Au milieu des années 1970, l'espèce s'étend pour la première fois hors de Bretagne, et plusieurs nouvelles colonies apparaissent, d'abord en Normandie et en Vendée pour la France, et plus au sud au Portugal et en Espagne. Actuellement, l'espèce se reproduit en France du Pas-de-Calais à la Charente-Maritime, avec plus de 5 000 couples.
La mouette tridactyle est certainement l'un des oiseaux marins les mieux étudiés en France, et fait l'objet d'un programme de baguage depuis 1979 au cap Sizun (Finistère). Les études menées par les chercheurs portent sur différents aspects de sa biologie (comportements, démographie, fonctionnement des colonies, parasitisme, etc.) et divers éléments de biologie des populations acquis dans ce cadre sont certainement transposables à d'autres espèces, d'oiseaux marins entre autres.
L'évolution numérique des colonies bretonnes de mouette tridactyle au cours des dernières décennies est directement imputable à la prédation. Les colonies bretonnes de mouette tridactyle subissent une forte prédation exercée par les grands corbeaux, corneilles noires et goélands argentés sur les œufs ou les poussins. Ces cas de prédation massive entraînent une réduction de la production en jeunes et une déstabilisation des adultes qui émigrent vers d'autres colonies, parfois très éloignées de leurs colonies d'origine. Quatre colonies ont disparu depuis 1998 (aux Sept-Îles, à Ouessant, à Goulien et à Camaret, Finistère).
Si, pour limiter la prédation par les corneilles noires, des opérations de tir peuvent être effectuées dans le cadre d'arrêtés préfectoraux (c'est le cas au cap Fréhel, Côtes-d'Armor), le cas du grand Corbeau est bien plus complexe. Il s'agit en effet d'une espèce protégée qui, en outre, a enregistré un net déclin au cours des dernières décennies (probablement pour partie lié à l'aménagement des sentiers côtiers), et il n'en reste plus qu'une trentaine de couples en Bretagne.
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