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http://www.bretagne-environnement.org/Patrimoine-naturel/La-faune/Les-oiseaux/Les-oiseaux-marins/Le-cormoran-huppe
Dernière modification le 24 octobre 2005
Une huppe uniquement nuptiale
Présent sur tout le littoral breton, le cormoran huppé est victime des captures accidentelles et de la prédation par les visons d'Amérique.
Nettement plus petit que le grand cormoran avec un mètre d'envergure, le cormoran huppé (Phalacrocorax aristotelis) arbore en début de période de reproduction une huppe caractéristique qui disparaît rapidement. Le plumage est noir uniforme, avec des reflets vert métallique. Comme chez le grand cormoran, les jeunes individus montrent des parties inférieures plus claires et un plumage plus brun que les adultes.
Le cormoran huppé se reproduit exclusivement sur les côtes du nord-est de l'Atlantique (du Maroc à la Russie, en passant par l'Islande) et sur celles de la Méditerranée et de la mer Noire, dans les zones rocheuses du littoral (îlots, falaises ou grottes). Il se cantonne dans ces zones dès le mois de décembre, parfois début novembre. Les nids sont construits en février - mars.
La saison de reproduction de l'espèce est très étalée : près de onze mois entre le cantonnement des couples les plus précoces et l'émancipation des derniers jeunes. Les premiers œufs sont pondus dès février, les derniers vers la mi-juin, exceptionnellement en juillet. La majorité des pontes a lieu entre la fin mars et la mi-avril (1 à 6 œufs, le plus souvent 2 ou 3). Après un mois d'incubation, et huit semaines d'élevage, les jeunes quittent le nid mais sont encore nourris par leurs parents à proximité des colonies pendant presque un mois avant leur émancipation définitive. Les colonies sont complètement désertées en août.
Relativement sédentaires dans la partie méridionale de leur aire de répartition, les cormorans huppés ne s'éloignent guère à plus de quelques dizaines de kilomètres de leurs colonies. Les oiseaux originaires du nord de l'Europe montrent par contre une tendance plus marquée à se disperser. Les plus jeunes individus se déplacent sur de plus grandes distances, comme l'attestent les reprises d'oiseaux originaires des colonies irlandaises et britanniques de la mer Celtique sur les côtes bretonnes. En outre, selon le secteur géographique d'origine, la direction de dispersion des oiseaux bretons est principalement orientée vers le nord ou vers le sud.
Le cormoran huppé s'alimente en eaux plus profondes que le grand cormoran, pouvant plonger à plus de 40 mètres. En Bretagne, les vieilles et les tacauds constituent l'essentiel de son régime alimentaire.
La population mondiale de cormoran huppé serait de l'ordre de 78 000 couples, dont la quasi-totalité concentrée en Europe.
En Bretagne, l'espèce est présente sur l'ensemble du littoral et les effectifs sont d'environ 5 000 couples. Si les colonies comptant plus d'une centaine de couples restent rares sur nos côtes (seulement Sept-Îles ou îlots avec 100 à 200 couples), l'île des Landes (Ille-et-Vilaine) constitue une remarquable exception avec 673 couples dénombrés en 1997, soit 13 % de l'effectif régional.
La principale cause de mortalité artificielle du cormoran huppé est la capture accidentelle dans des engins de pêche (trémails notamment, mais aussi palangres ou casiers), constatée à des degrés divers sur l'ensemble de son aire de répartition européenne. La démographie de l'espèce ne semble cependant pas, dans l'état actuel des choses, en être particulièrement affectée.
La prédation exercée par les visons d'Amérique et les dérangements occasionnés par leur présence engendrent un impact prononcé sur les cormorans huppés dans le Finistère, en baie de Morlaix et au cap Sizun, avec à la fois une mortalité directe et des déplacements de reproducteurs entre différents îlots ou secteurs de falaises. Depuis la fin des années 1990 des opérations de piégeages sont menées par l'association Bretagne Vivante dans les réserves ornithologiques de la baie de Morlaix et du Cap Sizun. Elles ont permis le maintien des colonies de plusieurs espèces d'oiseaux de mer, dont les cormorans huppés.
Localement, les cormorans huppés constituent un facteur limitant pour l' océanite tempête. En effet, les nids des cormorans peuvent obstruer les sites auparavant utilisés par les océanites. C'est le cas notamment dans l'archipel d'Houat (Morbihan), et à un niveau moindre dans quelques autres colonies bretonnes d'océanite tempête.
Enfin, les données sur le régime alimentaire du cormoran huppé montrent que l'impact de ses prélèvements sur les poissons à valeur commerciale est négligeable.
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