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Dernière modification le 11 janvier 2005


fiche nature

Le fulmar boréal

Rédigé par :

Bernard Cadiou Bretagne vivante (SEPNB)




Fulmar boréal Fulmar boréal

Un oiseau marin aux allures d'albatros miniature qui s'alimente en haute-mer et qui s'est installé pour se reproduire aux Sept-Îles et à Ouessant.


Le fulmar boréal, Fulmarus glacialis, se distingue facilement des goélands par le dessus gris de ses ailes et de son dos, ainsi que par son vol plané, ailes rigides. Avec une envergure de 1,10 m, il est plus petit que les goélands argentés dont l'envergure atteint en moyenne 1,40 m. Son bec est très caractéristique, avec deux narines tubulaires proéminentes sur la mandibule supérieure, signe particulier que le fulmar partage avec d'autres espèces appartenant à la même famille d'oiseaux (puffins, océanites ou encore albatros).

Le fulmar s'alimente en haute mer, principalement en bordure du plateau continental, sur des fonds de 200 à 1 000 mètres. Son régime alimentaire est surtout constitué de zooplancton et de céphalopodes, mais l'espèce à des mœurs nécrophages et exploite également les rejets de pêche derrière les chalutiers (espèces non commercialisables, viscères et débris divers).

Les plus jeunes individus passent les premières années de leur existence en haute mer, se dispersant sur tout l'Atlantique nord avant de revenir progressivement à proximité des colonies.

Il compte parmi les oiseaux de mer les plus abondants de l'hémisphère nord, avec 5 à 7 millions de couples, dont moins de 4 millions en Europe.

Première reproduction aux Sept-Îles en 1960

Répartition du Fulmar boréal en Bretagne
Répartition du Fulmar boréal en Bretagne

Le fulmar boréal se reproduit dans des falaises maritimes, de hauteur très variable le long des deux côtés de l'Atlantique nord, sur les îles de l'océan Arctique et dans le Pacifique nord. Dès le mois de décembre, les oiseaux commencent à occuper les sites. Il faut attendre fin avril-début mai pour que l'effectif soit maximal ; toutes les catégories d'individus sont alors présentes, qu'il s'agisse des futurs reproducteurs ou des non-reproducteurs à la recherche d'un site.

Comme chez d'autres espèces de la même famille (puffin et océanite), l'assiduité diminue ensuite jusqu'aux premières pontes : c'est ce que l'on appelle l'exode préposital (ou « lune de miel »). Ce sont les femelles qui s'absentent le plus longtemps, ce qui leur permet d'accumuler les réserves énergétiques nécessaires à la reproduction.

L'œuf unique est généralement pondu dans la deuxième quinzaine de mai, à même le sol sur des corniches herbeuses, terreuses ou rocheuses. L'incubation dure 50 jours environ, et le jeune s'envole à l'âge de 6 à 8 semaines (fin août-début septembre).

En France, la reproduction du fulmar a été signalée pour la première fois en 1960 aux Sept-Îles (Côtes d'Armor). Les effectifs bretons sont d'environ 335 couples à la fin des années 1990. Les deux plus importantes colonies sont celles des Sept-Îles et d'Ouessant (Finistère), approchant chacune la centaine de couples. Un second groupe compte de 10 à 30 couples par colonie (en Côtes d'Armor au cap Fréhel, à Plouha, et dans le Finistère à Camaret et Goulien).

Le fulmar boréal ne rencontre ni ne pose aucun problème particulier, et ne nécessite donc pas de mesure de protection spécifique. Les captures accidentelles liées aux activités de pêche, notamment par les palangriers pélagiques, constituent cependant une menace potentielle dans le nord-est de l'Atlantique.

L'espèce est protégée par la réglementation française depuis 1979. Cela signifie que « sont interdits en tout temps la destruction ou l'enlèvement des œufs et des nids, la destruction, la mutilation, la capture ou l'enlèvement, la naturalisation des oiseaux ou, qu'ils soient vivants ou morts, leur transport, leur colportage, leur utilisation, leur mise en vente, leur vente ou leur achat ». Le fulmar est également inscrit en annexe II de la convention de Berne en tant qu'espèce de la faune strictement protégée.