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http://www.bretagne-environnement.org/Patrimoine-naturel/La-faune/Les-oiseaux/Les-oiseaux-marins/Les-goelands
Dernière modification le 07 mars 2005
Un omnivore opportuniste
Les goélands argentés, bruns et marins partagent de nombreux points communs. Et si le goéland marin est facilement reconnaissable, il n'est pas si facile de distinguer le goéland brun de l'argenté.
Le goéland argenté, Larus argentatus, est largement présent en Europe de l'ouest, la France constituant la limite méridionale de son aire de reproduction ; on le trouve également en Amérique du nord. La population européenne est de l'ordre de 750 000 couples à la fin des années 1990 et, avec 78 530 couples, la France occupe le troisième rang au niveau européen, après la Norvège et le Royaume-Uni. Un net déclin général de l'espèce a été enregistré en Europe à la fin du XXe siècle.
Le goéland argenté a le dos et le dessus des ailes gris clair et les pattes rose chair. L'envergure est de 1,40 mètres environ. Il fréquente typiquement les îles, îlots et côtes rocheuses, mais il a progressivement occupé d'autres types de milieux, comme les dunes ou les carrières dans certaines régions, ou les toits des immeubles en ville. Autrefois confinés au littoral, les goélands argentés se reproduisent désormais à l'intérieur des terres, les plus éloignés du littoral étant installés en Île-de-France, à 130 km de la mer. En Bretagne, la colonie la plus continentale est celle de la ville de Rennes où l'espèce se reproduit sur les toits depuis 1987.
La période de ponte s'étale principalement de la mi-avril à début juin. La majorité des pontes compte 3 œufs, et l'incubation dure quatre semaines. Les jeunes s'envolent à l'âge de six à sept semaines. Les goélands argentés des populations européennes les plus méridionales (dont ceux de Bretagne) sont plutôt sédentaires, les oiseaux plus nordiques tendant, eux, à se disperser vers le sud-ouest en mer Baltique et mer du Nord notamment.
Omnivore et opportuniste, l'espèce se nourrit aussi bien sur le littoral (coquillages, crabes, étoiles de mer, déchets de poissons ou autres) que plus à l'intérieur des terres (vers de terre sur les labours ou déchets divers sur les décharges, et même des fraises à Plougastel !). Le goéland argenté est également un prédateur, s'attaquant aux œufs et poussins de ses congénères et d'autres espèces (mouette tridactyle, sternes, limicoles, etc.), et plus rarement aux adultes (océanite tempête).
D'une taille similaire à celle du goéland argenté, le goéland brun, Larus fuscus s'en distingue par le dos et le dessus des ailes gris-noir et les pattes jaunes. Les jeunes oiseaux, au plumage gris-brunâtre, sont par contre plus difficilement discernables.
L’espèce se reproduit uniquement dans le nord et l'ouest de l'Europe, du littoral de la mer Blanche vers l'est à la Norvège et l'Islande, et atteignant au sud l'Espagne et le Portugal. La population européenne est de l'ordre de 300 000 couples, dont 117 000 en Grande-Bretagne et en Irlande, la France occupant la cinquième place en terme d'effectifs parmi les pays d'Europe.
Le goéland brun affectionne tout particulièrement les îlots bas, recouverts d'une végétation assez haute. Il en occupe généralement les zones centrales, laissant la périphérie au goéland argenté. Il s'installe plus occasionnellement en falaise ou sur des îlots strictement rocheux. Enfin, d'importantes colonies se sont implantées sur des pelouses et des landes littorales à Belle-Île-en-Mer (Morbihan).
La période de ponte, plus tardive que celles des goélands marin et argenté, s'étale principalement de la fin avril à début juin. La majorité des pontes compte 3 œufs, et l'incubation dure 4 semaines. Les jeunes s'envolent à l'âge de 5 à 6 semaines. L'impossibilité de distinguer les nids et œufs des goélands bruns et argentés complique les recensements ; dans les colonies mixtes, il faut estimer au mieux la proportion respective des deux espèces.
Contrairement aux goélands argenté et marin, le goéland brun est un grand migrateur. Les oiseaux des populations occidentales se dispersent principalement sur le littoral de la Manche, du golfe de Gascogne, atteignant les côtes du nord-ouest de l'Afrique. Ce sont plusieurs milliers d'individus qui transitent et stationnent plus ou moins longtemps sur le littoral de la baie d'Audierne (Finistère sud) lors de la migration post-nuptiale.
Son régime alimentaire se rapproche de celui du goéland argenté, mais il s'éloigne souvent un peu plus loin que lui en mer pour se nourrir et fréquente moins les décharges. Les rejets de pêche constituent une part importante de son alimentation.
Le goéland brun est protégé par la réglementation française depuis 1962. A ce titre, « sont interdits en tout temps la destruction ou l'enlèvement des œufs et des nids, la destruction, la mutilation, la capture ou l'enlèvement, la naturalisation des oiseaux ou, qu'ils soient vivants ou morts, leur transport, leur colportage, leur utilisation, leur mise en vente, leur vente ou leur achat ». L'espèce est inscrite en annexe II de la directive Oiseaux en tant qu'espèce menacée de la Communauté européenne.
Plus grand et d'allure plus massive que les autres goélands (1,60 mètres d'envergure), le goéland marin, Larus marinus, a le dos et le dessus des ailes noir uniforme et des pattes rose chair comme celles du goéland argenté.
Il se reproduit sur les rives orientales et occidentales de l'Atlantique nord, de la France à la Russie, en passant par l'Islande, ainsi qu'aux États-Unis, au Canada et au Groenland. La population mondiale est de l'ordre de 175 000 couples, dont 105 000 en Europe. La Norvège concentre environ un tiers des effectifs européens, la France occupant le cinquième rang.
Le goéland marin préfère généralement les points dominants pour construire son nid, sommets des îles et îlots, pitons rocheux sur la côte, etc. Autrefois plutôt solitaire en période de reproduction, il forme aujourd'hui d'imposantes colonies de plusieurs dizaines ou centaines de couples. La période de ponte, plus précoce que celle des deux précédentes espèces, s'étale principalement de la mi-avril à la fin mai. La majorité des pontes compte 3 œufs, et l'incubation dure 4 semaines. Les jeunes s'envolent à l'âge de 7 à 8 semaines. Le recensement des goélands marins ne pose guère problème, les nids, œufs et poussins étant facilement distinguables de ceux des goélands bruns et argentés.
Les adultes peuvent être considérés comme sédentaires, ne s'éloignant guère de leur colonie en période internuptiale. Ils commencent à se cantonner sur les sites de reproduction dès décembre-janvier. Les plus jeunes individus tendent par contre à se disperser vers le sud. C'est le plus « marin »des goélands de nos côtes, et il peut aller s'alimenter à plusieurs dizaines de kilomètres des terres. Il se nourrit également des rejets des bateaux de pêche. C'est enfin un redoutable prédateur, prélevant œufs, poussins et jeunes d'autres espèces, allant même parfois jusqu'à s'attaquer à des cormorans huppés, et capturant chaque année plusieurs centaines d'océanites tempête lors de leur venue nocturne à terre sur les colonies de l'archipel de Molène (Finistère). Les plus gros oiseaux (jeunes cormorans, goélands bruns ou argentés) sont capturés sur l'eau par les goélands marins puis noyés, avant d'être partiellement consommés.
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