X Faire un lien vers cette page :
CTRL + C pour copier
http://www.bretagne-environnement.org/Patrimoine-naturel/La-faune/Les-poissons/Raies-et-requins/Raies-et-requins-plus-menaces-que-menacants
Dernière modification le 03 novembre 2009
Une cinquantaine d’espèces de requins et presque autant d’espèces de raies ont été signalées dans les eaux françaises. Certaines sont rares, voire exceptionnelles. D’autres sont communes et font même parfois l’objet d’une exploitation commerciale plus ou moins importante.
Si on ne s’étonne pas de consommer de la raie en Bretagne, peu d’entre nous savent qu’elle est pêchée dans les eaux régionales. Car les raies sont méconnues. Tout comme les requins d’ailleurs qui appartiennent eux aussi aux élasmobranches. Et ceci malgré la présence récurrente dans les eaux bretonnes du requin pèlerin, pourtant le plus grand poisson de l’Atlantique Nord.
Raies et requins ont plusieurs spécificités. Ces espèces n’ont pas d’écailles comme les autres poissons mais des millions de denticules cutanés, véritables dents miniatures ! Leur squelette est cartilagineux – fait qu’elles partagent avec les chimères. Leurs fentes branchiales sont ouvertes directement vers l’extérieur (absence d’opercule osseux). Elles n’ont pas non plus de vessie natatoire mais leur flottabilité est assurée par l’huile de leur foie.
Ces espèces ont des organes sensoriels uniques, les ampoules de Lorenzini, qui leur permettent de détecter les faibles champs électriques émis par les organismes vivants. Ils disposent de plusieurs rangées de dents qui ne sont pas implantées dans des alvéoles des mâchoires mais incluses dans les gencives. Les dents tombent et sont remplacées par celles des rangées postérieures et ce jusqu’à la fin de la vie de l’animal. Enfin, la fécondation chez ces animaux est interne (les mâles disposent d’une paire d’organes copulateurs appelés ptérygopodes).
Les élasmobranches ne donnent naissance qu’à un petit nombre de jeunes. Ils ne parient pas sur la quantité mais sur une protection efficace des embryons pour renouveler leur population. Ces derniers se développent soit dans le ventre de leur mère, soit dans des œufs protégés par une capsule.
Avec plus de 400 espèces de requins et 500 de raies connues dans le monde, les élasmobranches ne représentent qu’une petite fraction des poissons. Mais il existe chez ces espèces une grande variété de forme, de couleur, de taille ou encore de mode de vie.
Malgré cette diversité, l’image que l’on se fait des requins et des raies est encore trop souvent éloignée de la réalité. On les associe le plus souvent aux eaux chaudes alors qu’ils nagent dans tous les océans du globe, des eaux tropicales et tempérées jusqu’aux eaux polaires. Et ils se rencontrent depuis la côte jusqu’aux profondeurs abyssales. Ces poissons fréquentent donc aussi les eaux bretonnes.
S’il est relativement facile de lister et de décrire la plupart des espèces de requins et de raies considérées comme « régionales », il est beaucoup plus difficile voire impossible d’estimer leur abondance et d’évaluer les aires de répartition de chaque espèce.
Elles sont exploitées notamment en Bretagne mais sans grande valeur commerciale. Il y a bien eu une pêche au requin pèlerin dans le Finistère Sud pendant la deuxième moitié du XXe siècle. Mais ces pêches ciblées restent marginales.
Les requins et les raies sont généralement des prises accessoires, pêchées parmi d’autres espèces de poissons. Ces poissons sont souvent enregistrés dans une catégorie « divers requins » ou « divers raies » sans être réellement identifiés. Quelques espèces sont bien enregistrées dans une catégorie spécifique. Mais des problèmes d’identification des poissons se posent sous les criées conduisant à des erreurs régulières de tri. Les statistiques de pêche sont donc peu fiables.
En théorie, les campagnes de pêche scientifique devraient fournir des données sur les abondances relatives de ces espèces. Mais cela demande des moyens logistiques, humains et financiers conséquents ; ces campagnes étudient principalement les espèces à haute valeur commerciale. Les données sur les élasmobranches collectées de cette manière sont donc très limitées.
Il est pourtant crucial de mieux les connaître. Aujourd’hui, parmi les espèces des eaux européennes, une sur trois est considérée comme menacée selon les critères de la liste rouge de l’Union mondiale pour la nature. Avec une croissance très lente, une maturité sexuelle tardive, une fécondité faible et des durées de gestation longues, les requins et les raies supportent mal la pêche intensive et les stocks n’ont pas le temps de se renouveler. A cela s’ajoute la dégradation de la qualité des eaux, localement par les pollutions ou plus globalement en raison des changements climatiques, qui touche directement ou indirectement via la chaîne alimentaire les requins et les raies. Ces espèces sont en fait bien plus menacées que menaçantes…
X Partager sur les réseaux sociaux :