L'Etat et le conseil régional de Bretagne, membres fondateurs du groupement d'intérêt public Bretagne environnement
http://www.bretagne-environnement.org/Patrimoine-naturel/La-flore
De la toundra en Bretagne ! Voilà ce que révèlent les analyses polliniques sur la végétation régionale, à la fin du dernier épisode glaciaire, il y a 12 000 ans. Et puis lors du dernier réchauffement climatique, la quasi-totalité des espèces de l'époque a disparu ou a migré vers des contrées plus froides. La flore bretonne d'aujourd'hui est donc le résultat de migrations plus ou moins récentes, au gré des moyens de dissémination des plantes et de leurs exigences écologiques.
Dans chaque milieu naturel, il existe une association caractéristique de plantes indicatrices. La diversité des milieux en Bretagne explique sa richesse floristique. Les zones humides, les milieux littoraux et les formations herbeuses sont de loin les plus riches en espèces végétales. Pourtant avec 12 % seulement du territoire régional, la forêt reste tout de même une source de biodiversité non négligeable puisqu'elle abrite 20 % de la flore dans la région. Et même si certains milieux, comme dans les landes non littorales, possèdent une flore moins diversifiée, on peut y trouver des espèces très peu communes, par exemple, les hyménophylles (fougères) sur certains affleurements rocheux.
La répartition dans la région des espèces de la flore reflète deux grandes caractéristiques géographiques : d'une part l'influence de l'océan atlantique, d'autre part celle du sous-sol fait de roches siliceuses (granites, schistes, etc.). En effet, à l'ouest les communautés végétales apprécient l'humidité, tandis que la zone de Haute-Bretagne/Bas-Maine présente une flore atlantique moins marquée et plus banale au profit d'espèces de la flore médio-européenne, eurosibérienne et eurasiatique. La frontière entre ces deux zones est délimitée par la présence ou l'absence de l'ajonc de Le Gall, espèce caractéristique des landes atlantiques occidentales, remplacé plus à l'est, par l'ajonc nain.
La rareté des sols calcaires est un autre caractère très important typiquement breton. Hormis quelques petits bassins des environs de Rennes et de minuscules lentilles isolées, les sols sont généralement constitués à partir de roches siliceuses donc acides. Ils entravent l'expansion des plantes qui poussent bien en sol calcaire, d'origines continentale ou méditerranéenne. Elles se réfugient parfois dans l'étroite bordure de dunes et de marais littoraux, rendus propices à leur développement par l'apport des sédiments coquilliers.