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http://www.bretagne-environnement.org/Patrimoine-naturel/La-flore/Les-arbres/La-Bretagne-une-terre-d-asile-pour-les-arbres

 

Dernière modification le 08 septembre 2005


La Bretagne, une terre d'asile pour les arbres

Rédigé par :

Emmanuèle Savelli (GIPBE)

En collaboration avec :

Gilles Pichard Centre régional de la propriété forestière de Bretagne (CRPF)




Chênes, hêtres, châtaigniers... les feuillus composent l'essentiel de la forêt bretonne. La région est pourtant aussi une véritable terre d'asile pour de nouvelles essences forestières qui viennent régulièrement enrichir sa collection végétale.


Dans les bois et les forêts de Bretagne, on dénombre plus de 70 arbres feuillus et résineux. Parmi ces essences forestières, 42 % sont indigènes, 37 % sont exotiques, 12 % sont acclimatées et 9 % marginales.

Couvrant de plus en plus de surface forestière, les feuillus sont les plus nombreux puisqu'ils constituent 61,5 % de la forêt actuelle. C'est le cas, par exemple, des chênes pédonculé et rouvre, du châtaignier, du saule et du hêtre.

Certains de ces arbres se sont installés en Bretagne il y a fort longtemps. Le tilleul à petites feuilles a survécu à la dernière période glaciaire, et des analyses de pollens, réalisées lors de fouilles sur des sites préhistoriques bretons, ont révélé qu'il était bien plus répandu à cette époque qu'actuellement.
De même, les Celtes de la région étaient déjà coutumiers des genévriers. Aujourd'hui plutôt méridionaux, ils ne subsistent que dans de rares endroits bien exposés et sur des affleurements rocheux.

D'autres essences, comme le chêne rouge d'Amérique, le douglas ou le cyprès de Lawson, n'ont été introduites qu'au XIXe  siècle dans les parcs ornementaux de la région et se sont bien acclimatés depuis.

L'arbre est au centre de l'écosystème forestier

Les arbres colonisent quasiment tous les milieux (hormis les landes littorales et les tourbières). Mais pour croître, ils ont des exigences précises. Les uns préfèrent les sols riches ; ainsi, il n'y a quasiment que que dans le sud-est de l'Ille-et-Vilaine que le cormier satisfait ses besoins vis-à-vis du sol et du climat.
D'autres espèces se contentent de sols acides et plutôt sablonneux. Le robinier faux acacia est souvent utilisé pour végétaliser les remblais et les bords de voirie car des terrains pauvres en éléments minéraux lui suffisent. D'autres essences encore, comme le pin de Monterey qui résiste aux embruns s'accommodent des contraintes de la façade littorale.

Les forêts bretonnes abritent des arbres d'âges et de tailles variés. Les plus « jeunes » ont 50-60 ans (en général des peupliers) ou un siècle. Les plus vieux sont des ifs de plus de mille ans, exceptionnels également pour leur taille puisque leur diamètre frôle les 4 m !

Quant au record de hauteur des arbres bretons, il a été détenu par un douglas situé dans un peuplement forestier de Languidic (Morbihan) et mesuré en 1984 : vieux de 92 ans, il atteignait 53,50 mètres. Tous les arbres ne sont pas des géants. L'alisier torminal ou l'if dépassent rarement les 15-17 mètres, là ou d'autres atteignent couramment  mètres.

La forêt est un écosystème peuplé d'une faune et d'une flore spécifiques. L'arbre y joue un rôle important, tant qu'il est vivant, mais aussi après sa mort. Il abrite et nourrit de nombreux oiseaux, mammifères, invertébrés mais aussi des champignons qui colonisent les souches et les troncs ou encore qui se fixent sur les racines pour vivre en symbiose. Les associations les plus connues sont les couples bolet/chêne, lactaire/pin et amanite tue-mouches/bouleau.
Comme dans tout écosystème les arbres sont soumis à des agressions naturelles. La sécheresse de 1976 et la tempête de 1987 ont longtemps laissé de grandes quantités de bois cassés ou couchés, ce qui a favorisé les attaques par des pathogènes opportunistes comme des scolytes (sténographe) et des champignons (armillaire), respectivement responsables du creusement de galeries ou de la pourriture du bois. Ces attaques souvent spectaculaires se régulent naturellement et aujourd'hui, la situation phytosanitaire des arbres bretons est stable.